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Syrie: Un tribunal spécifique pour les djihadistes étrangers à l'étude - Le Drian
Reuters12/05/2019 à 19:40

    PARIS, 12 mai (Reuters) - La mise en place d'une juridiction
spécifique destinée à juger les djihadistes étrangers détenus en
Syrie est à l'étude, déclare le ministre français des Affaires
étrangères Jean-Yves Le Drian dans une interview publiée
dimanche par Le Parisien. 
    Pour les autorités françaises, les djihadistes français
ayant combattu dans les rangs de l'Etat islamique et ayant été
capturés en Irak ou en Syrie doivent être jugés sur place.
    "Pour l'Irak, il y a une justice irakienne, en Syrie c'est
particulier parce que c'est un pays toujours en guerre. Nous
examinons la possibilité de créer un mécanisme juridictionnel
spécifique", dit Jean-Yves Le Drian dans cet entretien. 
    S'il ne donne pas plus de précisions sur ce projet, le
ministre explique que ce mécanisme pourrait s'inspirer "d'autres
exemples de dispositif judiciaire à dimension internationale, du
type de ce qui a été fait pour le Kosovo, ou sur le continent
africain. On l'étudie".
    Au-delà de ces exemples de juridictions placées sous l'égide
de l'Onu, Jean-Yves Le Drian écarte toute comparaison avec les
procès de Nuremberg, où furent jugé les principaux dignitaires
nazis accusés de crimes de guerre après la Seconde Guerre
mondiale. 
    Alors que le président des Républicains (LR), Laurent
Wauquiez, a proposé fin mars un "Nuremberg des djihadistes", le
chef de la diplomatie française estime qu'il s'agit d'"une
référence trop lourde historiquement". 
    Aucun détail supplémentaire n'a pu être obtenu auprès du
Quai d'Orsay dans l'immédiat.
    Les Forces démocratiques syriennes (FDS) souhaitent
également la mise en place d'une juridiction pénale
internationale dédiée dans la région. 
    Cette coalition de combattants arabo-kurdes soutenue par les
Occidentaux a fait tomber fin mars le dernier bastion syrien de
l'Etat islamique et détient nombre de ces djihadistes étrangers.
    Des divergences subsistent entre les pays du G7 sur ce
point: l'Allemagne, comme la France, estime que les djihadistes
étrangers ont vocation à être jugés sur place, tandis que les
Etats-Unis sont favorables au rapatriement et au jugement de ces
 djihadistes étrangers dans leur pays d'origine.  
    En ce qui concerne les enfants de djihadistes français,
Jean-Yves Le Drian réaffirme la doctrine française d'un
rapatriement des "enfants en bas âge au cas par cas, en relation
avec la Croix-Rouge".    
    Après le rapatriement mi-mars de cinq mineurs orphelins et
isolés, âgés de cinq ans et moins  , il explique que
les autorités françaises sont "disposé(e)s à en faire d'autres",
en précisant que les enfants concernés "seront remis à la
justice pour enfants en France".  
    Selon des sources françaises, les FDS retiendraient quelque
150 ressortissants français, dont une majorité d'enfants, dans
le nord-est de la Syrie et les appels se multiplient depuis
quelques mois pour le rapatriement de ces mineurs. 

 (Myriam Rivet, édité par Henri-Pierre André)
 

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