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SYNTHESE-Israël frappe des bases iraniennes en Syrie après des tirs sur le Golan
Reuters10/05/2018 à 20:50

 (Actualisé avec Netanyahu)
    * Israël accuse la force iranienne Al Qods 
    * L'Iran a franchi une "ligne rouge", dit Netanyahu
    * Tsahal dit avoir visé les bases iraniennes en Syrie
    * Les missiles israéliens ont fait au moins trois morts
    * L'OSDH parle de 23 militaires tués

    par Dan Williams et Angus McDowall 
    JERUSALEM/BEYROUTH, 10 mai (Reuters) - L'armée israélienne a
annoncé avoir frappé dans la nuit de mercredi à jeudi presque
toutes les infrastructures militaires de l'Iran en Syrie à la
suite de tirs de roquettes sur le plateau du Golan, territoire
syrien annexé en 1981 par l'Etat hébreu.
    Tsahal accuse des membres de la force Al Qods, corps d'élite
des Gardiens de la révolution, présents en Syrie d'avoir tiré
une vingtaine de roquettes sur le plateau du Golan, où elles
n'ont pas fait de victimes. 
    La riposte israélienne était d'une ampleur sans précédent
depuis le début, il y a sept ans, de la guerre en Syrie, où des
militaires iraniens et russes, ainsi que des miliciens chiites
du Hezbollah libanais appuient les forces fidèles au président
Bachar al Assad.  
    Selon l'armée syrienne, les frappes israéliennes ont fait
trois morts et deux blessés  . L'Observatoire syrien
des droits de l'homme (OSDH) fait pour sa part état de 23
militaires tués dans les rangs syriens et étrangers.
    Pour le Premier ministre israélien, l'Iran a franchi "une
ligne rouge" et Tsahal a riposté de façon "appropriée" en menant
"une très vaste attaque des positions iraniennes en Syrie".
    "Nous sommes au milieu d'une longue bataille et notre
politique est claire: nous ne permettrons pas à l'Iran de
s'implanter militairement en Syrie", ajoute Benjamin Netanyahu
dans un enregistrement vidéo diffusé jeudi soir.
    Son gouvernement avait annoncé ces derniers jours que les
forces iraniennes en Syrie préparaient une opération contre
Israël.  
    Juste après l'annonce du retrait américain de l'accord de
2015 sur le nucléaire iranien, mardi, l'armée israélienne avait
déjà frappé une base militaire iranienne au sud de Damas,
faisant 15 morts dont huit Iraniens, selon l'OSDH.  
    
    "NOUVELLE PHASE D'AGRESSION"
    Jeudi matin, 20 roquettes Grad et Fajr ont été interceptées
par le système de défense aérienne "Dôme de fer" ou ont manqué
leurs cibles sur le Golan, selon l'armée israélienne.
    "J'espère que nous avons bouclé ce chapitre et que tout le
monde a compris le message", a déclaré Avigdor Lieberman,
ministre israélien de la Défense, assurant que son pays ne
recherchait pas l'escalade. 
    La presse syrienne rapporte que des dizaines de missiles
israéliens ont été tirés en Syrie, notamment sur une station
radar, un dépôt de munitions et des positions de la défense
anti-aérienne.
    Le ministère syrien des Affaires étrangères considère que
ces frappes massives marquent "le début d'une nouvelle phase
d'agression" israélienne contre Damas, qui assure avoir
intercepté plus de la moitié des missiles tirés par les
Israéliens.  
    L'Iran n'a fait aucun commentaire.
    Les Etats-Unis ont condamné "les attaques provocatrices à la
roquette" menées par les forces iraniennes présentes en Syrie
contre Israël, dont ils défendent le "droit à l'autodéfense".
 
    
    APPELS À LA RETENUE
    Les frappes israéliennes de la nuit ont eu lieu peu après le
retour de Netanyahu de Moscou, où il s'est entretenu avec le
président russe Vladimir Poutine. L'armée israélienne a assuré
que Moscou avait été informé à l'avance de ces frappes.
    Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a
appelé l'Iran et Israël à s'abstenir d'actes susceptibles de
déboucher sur une "spirale de conflit".  
    Le président français Emmanuel Macron et la chancelière
allemande Angela Merkel ont également exprimé leur préoccupation
et appelé à la désescalade.  
    Berlin et Londres ont souligné le droit d'Israël à se
défendre.    
    Le ministère français des Affaires étrangères a rappelé
l'"attachement indéfectible" de la France "à la sécurité
d'Israël" et a condamné" "toute tentative d'y porter atteinte".
    Le Quai d'Orsay "souligne la nécessité que toutes les
parties fassent preuve de retenue afin d'éviter une escalade
dangereuse des tensions au Moyen-Orient".  
    "C'est la raison pour laquelle (...) elle souhaite notamment
que s'ouvre une négociation avec l'Iran dans un cadre plus large
incluant ses activités nucléaires et son programme balistique
ainsi que la solution des crises dans la région", ajoute-t-il.
    Paris "demande à l'Iran de s'abstenir de toute provocation
militaire et le met en garde contre toute tentation d'hégémonie
régionale".
    

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
LE POINT sur le retrait US de l'accord sur le nucléaire iranien 
   
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Avec Jeffrey Heller, Dahlia Nehme, Tom Perry; Simon Carraud,
Guy Kerivel et Jean-Philippe Lefief pour le service français)
 

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