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SYNTHESE-G7-L'Iran, source de désaccords et de surprises à Biarritz
Reuters25/08/2019 à 18:12

    * Deuxième jour du sommet du G7 à Biarritz
    * Coup de théâtre : le chef de la diplomatie iranienne
présent
    * Des désaccords persistants sur le dossier iranien
    * Vers un mécanisme international pour l'Amazonie

 (Actualisé avec éléments supplémentaires)
    par Simon Carraud et Marine Pennetier
    BIARRITZ, 25 août (Reuters) - Le ministre iranien des
Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a fait dimanche une
apparition surprise à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), au
deuxième jour d'un sommet du G7 en partie consacré aux tensions
au Moyen-Orient, un sujet de dissension persistante entre
Américains et Européens.
    Véritable coup de théâtre dans un sommet qui suivait jusqu'à
présent son cours normal, la venue du chef de la diplomatie
iranienne s'est décidée après le premier dîner entre dirigeants
du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France,
Italie, Canada), samedi soir, selon l'Elysée.
    Les exécutifs iranien et français ont attendu l'atterrissage
de l'Airbus A321 de la République islamique pour confirmer la
visite de Mohammad Javad Zarif, qui avait fait les jours
précédents un tour des capitales européennes. 
    "Javad Zarif était à Paris vendredi pour apporter des
propositions iraniennes qu'il faut évidemment affiner",
explique-t-on à l'Elysée. "Il est important de faire le point
avec lui pour continuer de converger, opérationnaliser les
conditions auxquelles nous pouvons avoir une désescalade des
tensions et une pause qui permet de négocier utilement". 
    A son arrivée, le chef de la diplomatie de la République
islamique a rencontré son homologue français, Jean-Yves Le
Drian. En revanche, aucune rencontre n'était prévue avec Donald
Trump, ni aucun autre membre de la délégation américaine, selon
l'Elysée, qui a précisé agir sur ses "propres bases" mais aussi
"en toute transparence" avec Washington et ses partenaires
européennes  L5N25L0JW .
    Interrogé sur la présence de Javad Zarif à Biarritz, le
président américain s'est contenté d'un "no comment", un
responsable de la Maison Blanche qualifiant ensuite cette
rencontre de "surprise" pour le président américain.   
    Cette situation est symptomatique des approches différentes
de part et d'autre de l'Atlantique : sous Donald Trump, les
Etats-Unis ont durci leur politique vis-à-vis de Téhéran et se
sont retirés de l'accord sur le nucléaire conclu en 2015 au
terme d'âpres et longues négociations, tandis que les Français,
Britanniques et Allemands cherchent à maintenir le contact avec
le régime.
    Le compromis de Vienne, signé il y a quatre ans, était censé
permettre à l'Iran de normaliser ses relations avec les pays
occidentaux, avec les bénéfices économiques que devaient en
découler, en échange de garanties sur son programme nucléaire.
    
    "L'HOMME DE LA SITUATION"
    Selon le président français, les dirigeants du G7 se sont
mis d'accord sur "deux lignes de force commune", à savoir le
double objectif d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme
nucléaire et d'éviter une nouvelle dégradation de la situation
au Moyen-Orient, singulièrement dans le détroit d'Ormuz. 
    Au-delà de ces deux plus petits dénominateurs communs, les
premiers échanges n'ont semble-t-il pas permis de surmonter
toutes les contradictions.
    L'Elysée a fait savoir que le chef de l'Etat français avait
"obtenu" de ses alter ego "de pouvoir discuter et adresser un
message aux autorités iraniennes" mais Donald Trump a laissé
comprendre dans la foulée qu'il ne se sentait pas lié par cette
démarche, les Etats-Unis n'ayant aucune intention de renoncer à
leurs propres initiatives.
    Ce dossier n'est qu'un exemple des désaccords nombreux entre
grands dirigeants de la planète, qui peinent à trouver des
consensus sur les relations commerciales, le Brexit, le climat
ou même l'Amazonie - même si chacun s'accorde sur la nécessité
de combattre les feux en cours.   
    Pour autant, les chefs de file du club des démocraties
libérales "s'entendent très bien", a assuré le président
américain sur Twitter, contrairement à ce que pourraient selon
lui laisser penser les "répugnantes fake news".
    Donald Trump a tout particulièrement vanté les mérites de
Boris Johnson, "l'homme de la situation", qu'il a rencontré pour
la première fois depuis que ce dernier a revêtu ses habits de
Premier ministre britannique, le 24 juillet.
        
    "VERY BIG TRADE DEAL"
    Au cours de leur entretien, les deux hommes ont discuté d'un
possible accord commercial américano-britannique, que Donald
Trump présente comme une opportunité idéale pour le Royaume-Uni
de s'affranchir de l'Union européenne une fois que le Brexit
sera devenu réalité, théoriquement le 31 octobre.
    Ce "very big trade deal" ("énorme accord commercial") verra
le jour "assez vite", a-t-il promis.
    Le chef d'Etat américain et le Premier ministre japonais,
Shinzo Abe, sont parvenus à un accord de principe du même genre,
qui pourrait être signé le mois prochain à New York.
    Cet accord ouvrirait les deux marchés à des biens agricoles,
industriels et numérique d'une valeur de plus de 7 milliards de
dollars (6,2 milliards d'euros), a précisé le représentant au
commerce du président américain, Robert Lighthizer.
    Autre sujet abordé à Biarritz : la Russie, qui a donné lieu
samedi à une "vive discussion", selon Donald Trump, précisant ne
pas savoir à l'issue de ces échanges si la Russie, exclue en
2014 du G7 (alors G8), allait réintégrer le club en 2020 comme
lui-même le souhaite.  
    Tenus à l'écart du centre-ville ultra sécurisé de Biarritz,
les opposants au G7, écologistes et altermondialistes
poursuivent leurs manifestations et autres actions symboliques. 
    A Bayonne, plusieurs centaines de personnes ont participé
dimanche à une "marche des portraits", certaines d'entre elles
brandissant - à l'envers - des photographies officielles du
président français décrochées dans des mairies.

 (Edité par Jean-Michel Bélot)
 

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