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SYNTHESE-France-Le gouvernement poursuit le déminage du terrain social

Reuters 31/05/2016 à 15:20
    * Intermittents, SNCF, enseignants : l'Etat à la manoeuvre 
    * La CGT ne réclame plus le retrait pur et simple du texte 
    * Valls arrondit les angles avec la CGT 
 
    PARIS, 31 mai (Reuters) - Le gouvernement a poursuivi mardi 
sa stratégie de déminage des conflits sociaux pour assécher la 
contestation contre la loi Travail, dont la CGT ne demande plus 
désormais le retrait pur et simple même si la mobilisation reste 
importante. 
    Le Premier ministre Manuel Valls a reconnu à sa sortie d'une 
réunion avec le groupe socialiste à l'Assemblée nationale que 
son gouvernement était à la manoeuvre sur une série de dossiers, 
tout en démentant que cela ait un lien avec la fronde syndicale 
contre la réforme du Code du Travail. 
    "Il y a beaucoup d'autres sujets qui avancent (...), mais il 
n'y a pas de lien entre tel ou tel débat", a-t-il déclaré. 
    Pour l'opposition, la stratégie est pourtant claire.  
    "Le père Noël est passé", a déclaré Philippe Vigier, 
président du groupe centriste UDI, lors d'un point de presse. 
"Ils essaient de calmer la fronde par tous les moyens." 
    Manuel Valls a ainsi promis lundi de mettre en oeuvre un 
accord conclu par les syndicats et employeurs des intermittents 
du spectacle sur leur régime d'assurance chômage, en dépit du 
refus des partenaires sociaux de le valider. 
    Cela pourrait coûter près de 100 à 150 millions d'euros en 
année pleine à l'Etat, selon les calculs de Reuters, prix à 
payer pour éviter que la CGT mette à exécution sa menace de 
grève lors des festivals culturels d'été.   
     
    TENSIONS AVEC LA DIRECTION DE LA SNCF 
    La même stratégie prévaut à la SNCF, où un appel à la grève 
reconductible déposé par trois syndicats (CGT, Sud Rail et Unsa) 
contre de nouvelles conditions de travail à partir de mardi soir 
devrait avoir un impact relativement réduit. 
    Satisfaite des avancées obtenues lors des négociations, la 
CFDT a levé lundi son préavis et la compagnie prévoit six TGV 
sur dix, quatre Transilien sur dix et un TER sur deux mercredi. 
    Mais les pressions exercées sur la direction de la SNCF pour 
qu'elle accepte des concessions dans les négociations ont créé 
de vives tensions entre son président, Guillaume Pepy, et le 
gouvernement.   
    En outre, la ministre de l'Education nationale, Najat 
Vallaud-Belkacem, a annoncé mardi un plan de revalorisation des 
enseignants, qui représentera au total un milliard d'euros, dont 
une moitié sera débloquée en 2017.   
    Sur le terrain, l'approvisionnement en carburants est en 
nette amélioration grâce à l'action des forces de l'ordre qui 
libèrent les accès aux dépôts mais 20% des stations-service 
connaissent des difficultés, a annoncé mardi le président de 
Union française des industries pétrolières (Ufip).  
    Quatre raffineries sont arrêtées, la production de deux 
autres est à débit réduit et deux autres fonctionnent 
normalement, précise l'organisation dans un communiqué.  
     
    LA CGT MODÈRE SA POSITION 
    Dans ce contexte, le gouvernement se montre confiant dans sa 
capacité à faire adopter sa réforme. 
    "Le dialogue n'a jamais été rompu et il faut continuer mais 
en même temps, le gouvernement, le Parlement, à un moment 
décident et mettent en œuvre une politique. C'est ça tout 
simplement la démocratie", a dit Manuel Valls. 
    "Le cœur de ce texte, c'est-à-dire les droits nouveaux pour 
les salariés, et bien sûr le dialogue social dans l'entreprise, 
l'article 2, ça doit être préservé", a-t-il ajouté, abondant 
dans le même sens que François Hollande dans une interview 
publiée mardi par Sud Ouest.   
    L'article 2 réécrit les dispositions du Code du travail 
relatives à la durée et l'organisation du travail et donne la 
primauté à la négociation d'entreprise pour adapter ces règles. 
    Un nouveau recours à l'article 49.3 de la Constitution qui 
permet l'adoption d'un texte sans vote à l'Assemblée nationale 
n'est pas exclu par l'exécutif s'il n'est pas préservé. 
    En outre, le secrétaire général de la CGT, Philippe 
Martinez, a pour la première fois lundi fait un pas vers le 
gouvernement en ne réclamant plus un retrait du texte, se disant 
ouvert à la discussion, notamment sur l'article 2. 
    Myriam El Khomri, qui défend le projet contesté de réforme 
du Code du travail, a dit mardi attendre des propositions de la 
CGT, tout en affirmant qu'il n'était pas question de "dénaturer" 
l'article 2.   
    Le changement de pied apparent de la CGT a incité Manuel 
Valls, qui avait eu des mots très durs envers la centrale 
syndicale, à se montrer plus amène mardi. 
    L'histoire de la CGT, a-t-il dit, "s'inscrit dans l'histoire 
de France au XXe siècle, dans les luttes sociales, dans celle de 
la résistance", avant de condamner les déclarations du président 
du Medef Pierre Gattaz, lequel a accusé les militants de la CGT 
de se comporter en "terroristes".   
    Des propos contre lesquels Philippe Martinez a annoncé une 
plainte en diffamation.     
 
 (Service France, édité par Yves Clarisse) 
 

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