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Sept prétendants pour Alitalia, dont Lufthansa et easyJet
Reuters17/10/2017 à 08:45

    par Victoria Bryan et Agnieszka Flak  
    MILAN/BERLIN, 17 octobre (Reuters) - Lufthansa  LHAG.DE  et 
easyJet  EZJ.L  figurent parmi les sept compagnies aériennes 
ayant présenté des offres pour Alitalia lundi, mais le sauvetage 
du transporteur italien en difficulté est susceptible de se 
prolonger jusqu'à la fin de l'an prochain.  
    Alitalia, qui n'a pas souvent dégagé de profit pendant ses 
70 ans d'existence, a été placée sous tutelle cette année après 
le rejet par ses salariés d'un plan de réduction ses effectifs. 
    Sept enveloppes ont été envoyées avant la date-butoir fixée 
à lundi pour soumettre des offres fermes pour tout ou partie de 
la compagnie italienne, a annoncé Alitalia dans un communiqué, 
sans apporter de précisions sur ces offres. 
    Il n'a pas été possible de savoir si une proposition de 
reprise de la totalité du groupe figurait parmi ces offres.  
    Lufthansa et easyJet ont indiqué qu'elles n'étaient 
intéressées que par une partie des actifs, ce qui ne devrait pas 
être bien accueilli par Rome qui souhaite céder Alitalia d'un 
seul bloc afin d'éviter un éclatement de ses activités. 
    Le gouvernement a écarté l'hypothèse d'une renationalisation 
du groupe. 
    Lufthansa n'a pas non plus détaillé son offre, mais a 
affirmé que l'offre incluait le concept d'une Alitalia 
nouvellement structurée, avec un modèle économique recentré, qui 
pourrait ouvrir des perspectives à long terme.   
    Le Corriere della Sera a rapporté lundi que Lufthansa avait 
proposé 500 millions d'euros pour reprendre des avions et des 
créneaux d'Alitalia, ainsi que le personnel navigant.  
    Citant trois sources anonymes, le quotidien italien a 
précisé que le groupe allemand voulait également réduire de 
moitié les effectifs d'Alitalia, qui compte 12.000 salariés, et 
alléger le réseau des vols court et moyen-courriers. 
    EasyJet s'est déclaré intéressé par "certains actifs d'une 
Alitalia restructurée", sans fournir de détails.   
    Ryanair  RYA.I  avait également manifesté un intérêt pour 
Alitalia à condition qu'elle soit profondément restructurée mais 
la compagnie irlandaise y a rapidement renoncé.   
     
    POUVOIR DE NÉGOCIATION 
    Les candidats ont jusqu'au 30 avril pour améliorer leurs 
offres, après quoi la meilleure d'entre elles sera soumise aux 
autorités.  
    Le processus devait être bouclé en novembre mais il a été 
prolongé la semaine dernière, ce qui éveille des doutes sur la 
probabilité qu'un accord puisse être signé rapidement, d'autant 
que l'Italie se prépare à des élections législatives en 2018. 
    Rome a également accordé une rallonge de 300 millions 
d'euros au prêt de 600 millions octroyé à Alitalia en mai. 
    "Ces reports et nouveaux prêts du gouvernement montrent 
qu'Alitalia continue à brûler sa trésorerie et ne peut pas être 
facilement restructurée, et son pouvoir de négociation ne fait 
que s'amenuiser avec le temps", commente Andrea Giuricin, expert 
du secteur à l'université de Bicocca à Milan et auteur d'un 
ouvrage intitulé "La privatisation sans fin d'Alitalia".  
    "L'an prochain, Alitalia va devenir un enjeu dans la 
campagne électorale", ajoute-t-il. 
    Alitalia reste une "patate chaude" pour Rome et toute 
restructuration radicale du transporteur en vue de satisfaire un 
investisseur étranger aurait du mal à passer. Reste à voir 
également la détermination des candidats au rachat. 
    Lufthansa s'intéresse à Alitalia quelques jours seulement 
après le rachat d'une grande partie des actifs d'Air Berlin 
 AB1.DE , également sous tutelle de l'Etat.   
    Cela pose la question de savoir s'il "ne s'agirait pas de 
l'offre de trop en termes de capacité de gestion et de besoins 
en capitaux", écrivent les analystes de Goodbody dans une note. 
 
 (Avec Valentina Za à Milan, Alistair Smout à Londres et Foo Yun 
Chee à Bruxelles, Juliette Rouillon pour le service français, 
édité par Véronique Tison) 
 

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