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Sept candidats pour la privatisation de l'aéroport de Toulouse

Reuters16/10/2014 à 14:49

An XL passenger plane takes off from the Toulouse-Blagnac airport, in south-western France April 19, 2010

par Johanna Decorse

TOULOUSE (Reuters) - Sept grands groupes français ou étrangers sont, selon des sources proches du dossier, candidats au rachat des parts de l'Etat dans l'aéroport Toulouse-Blagnac, un processus dont les conséquences pour Airbus inquiètent des élus locaux.

Annoncée le 11 juillet dernier par le gouvernement, la privatisation du sixième aéroport français, détenu à 60% par l'Etat, est sur le point d'aboutir. Dans le cadre de la procédure d'appel d'offres engagée par l'Agence des participations de l'Etat, les acquéreurs potentiels ont jusqu'au 31 octobre pour déposer leur offre ferme.

Le candidat retenu rachètera 49,99% du capital de l'aéroport, avec une option de vente pour les 10,01% des parts étatiques restantes. La Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse conservera 25 % des parts et les collectivités territoriales (Région Midi-Pyrénées, Département de Haute-Garonne, Communauté urbaine de Toulouse Métropole), 5 % chacune.

Aéroport de Paris, gestionnaire des plates-formes de Paris-Orly et de Paris-Charles de Gaulle s'est porté candidat avec l'assureur Predica, a confirmé un porte-parole d'ADP.

Vinci Airports, qui exploite 23 aéroports dans le monde, a, selon des sources proches du dossier, présenté une offre commune avec CDC Infrastructure (filiale à 100% de la Caisse des Dépôts) et EDF Invest.

"Nous nous faisons aucun commentaire. Nous n'officialisons jamais rien durant les phases d'appel d'offres", a précisé à Reuters un porte-parole de Vinci.

CINQ GROUPES ÉTRANGERS DANS LA COURSE

Le groupe canadien d'ingénierie et de construction SNC-Lavalin, qui gère déjà 16 aéroports en France dont celui de Toulouse-Francazal, a également officialisé sa candidature conjointe avec deux investisseurs chinois.

Candidats déclarés depuis le 29 septembre, la Banque Populaire Occitane et la Caisse d'Epargne Midi-Pyrénées, deux réseaux régionaux du groupe BPCE, se sont associés au sein du consortium Capitole Alliance avec deux partenaires : l'Allemand AviAlliance, concessionnaire des aéroports d'Hambourg, Athènes ou Budapest, et OFI InfraVia, société de gestion spécialisée dans le secteur des infrastructures.

L'aéroport en cours de privatisation susciterait aussi les convoitises de l'Australien Macquarie Airports et du groupe espagnol de BTP et de services Ferrovial, premier actionnaire de l'aéroport britannique Heathrow associé avec la société d'investissements française Ardian. Cette dernière, contactée par Reuters, n'a pas souhaité commenter l'information.

Selon une source proche du dossier, les propositions financières vont de 400 à 600 millions d'euros.

La plate-forme de Toulouse-Blagnac a enregistré plus de 7,5 millions de passagers en 2013 et un chiffre d'affaires de 117,4 millions d'euros pour 10,6 millions d'euros de résultat net.

Il abrite 29 compagnies aériennes régulières et propose 16 lignes nationales et 44 liaisons internationales.

Plusieurs élus locaux manifestent leur inquiétude concernant les terrains de la zone aéroportuaire qu'occupe notamment Airbus. Propriétaire de tout le foncier abritant ses usines et bâtiments, l'avionneur est en revanche locataire de plusieurs espaces non couverts qu'il utilise entre autres pour la circulation de ses avions. Il bénéficie pour ses terrains situés sur l'emprise de la plate-forme aéroportuaire d'autorisations d'occupations temporaires courant jusqu'en 2043.

"UN BAIL" POUR AIRBUS

Qualifiant l'appel d'offres de "marché de dupes", Jean-Louis Chauzy, président du Conseil économique, social et environnemental régional Midi-Pyrénées demande sa suspension.

"Le cahier des charges rédigé par l'Agence des participations de l'Etat ne prend pas en compte la situation des sociétés aéronautiques qui occupent 100 hectares sous la forme d'une autorisation d'occupation temporaire, réalisant 200 millions d'investissements, et bénéficiant de conventions particulières pour les vols d'essais", explique-t-il.

Il redoute que le foncier nécessaire au développement d'Airbus devienne "introuvable ou à des prix prohibitifs".

Pour Jean-Louis Chauzy, "il faut sortir de l'appel d'offre le foncier occupé par les industriels, déclasser les 100 hectares et octroyer à Airbus un bail emphytéotique de 99 ans".

De leur côté, Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées, Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole et Pierre Izard, président du Conseil général de Haute-Garonne, ont fait part de leurs "interrogations" dans une lettre adressée à Régis Turini, le commissaire aux participations de l'Etat.

Ils se disent en "attente d'éclaircissements sur les incertitudes qui demeurent autour de la cession des parts de l'Etat et de ses conséquences pour (le) tissu économique et industriel". Un rendez-vous avec le commissaire aux participations de l'Etat est prévu vendredi.

L'inquiétude semble aussi gagner le syndicat CGT d'Airbus.

"Nous craignons que la privatisation de l'aéroport diminue les capacités d'Airbus pour assurer et étendre son industrie. Pour les vols d'essais comme celui de l'A320neo qui a eu lieu dernièrement, Airbus utilise les pistes de l'aéroport. De même pour les livraisons d'avions. Si le futur acquéreur décidait de revoir les loyers d'Airbus à la hausse, il ne faudrait pas que l'augmentation de coûts soit supportée par les salariés", dit Xavier Petrachi, délégué syndical central CGT chez Airbus.

Airbus n'a pas souhaité faire de commentaires.

(Edité par Yves Clarisse)

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