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RPT-SYNTHÈSE-Pour la Fed, le chemin vers la baisse des taux se complique
Reuters08/07/2019 à 07:00

 (Répétition sans changement d'une dépêche diffusée vendredi)
    par Trevor Hunnicutt
    WASHINGTON, 8 juillet (Reuters) - Aux Etats-Unis, le marché
du travail se porte bien... et le métier de banquier central
s'en trouve compliqué. 
    Selon les statistiques officielles publiées vendredi par le
département du Travail, l'économie américaine a créé en juin
224.000 emplois dans le secteur non-agricole. Un chiffre
supérieur aux attentes et le plus élevé depuis cinq mois. Et
surtout un chiffre qui, en temps normal, ne devrait pas conduire
la Réserve fédérale à baisser les taux d'intérêt. 
    La poursuite de la croissance de l'emploi rend donc plus
difficile le débat au sein de la Fed sur la nécessité d'apporter
un soutien supplémentaire à l'économie, ce qui risque de
déboucher sur des divergences entre les décisions que la banque
centrale prendra lors de sa réunion des 30 et 31 juillet et les
attentes des marchés financiers.
    "Ils sont un peu coincés", résume Karim Basta, chef
économique d'III Capital Management. "En apparence, les
chiffres, selon moi, ne plaident pas vraiment pour une baisse de
taux imminente, mais c'est pourtant ce qu'attendent les marchés,
et je crois qu'il y a un risque qu'ils soient déçus."
    La Fed a ouvert la voie à une baisse des taux le mois
dernier en évoquant des pressions inflationnistes faibles et des
perspectives économiques assombries par les tensions
commerciales internationales et la tendance au ralentissement de
l'économie mondiale.
    Dans son rapport semestriel au Congrès publié vendredi, la
banque centrale réaffirme son engagement à agir de façon
"appropriée" pour soutenir la croissance, ce qui pourrait passer
par des baisses de taux, mais elle évoque aussi l'amélioration
du marché du travail et explique le ralentissement récent de
l'inflation par des "influences passagères".  
    
    UNE BAISSE DE TAUX EN JUILLET RESTE PROBABLE
    Les marchés s'attendent pour l'instant à ce que la prochaine
initiative de politique monétaire que prendra la Fed soit sa
première baisse de taux depuis la crise financière, il y a plus
de dix ans. Une mesure qui plairait à coup sûr au président
Donald Trump, qui a encore appelé vendredi la banque centrale à
réduire le coût du crédit.  
    Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, qui sera
auditionné au Congrès mercredi et jeudi, a réaffirmé à plusieurs
reprises ces derniers mois que la Fed était indépendante des
marchés comme de la Maison blanche. Pour autant, si elle
renonçait à baisser les taux, elle prendrait le risque de
provoquer un choc sur les marchés et donc de pénaliser
l'économie.
    Les contrats à terme de taux d'intérêt ont cédé du terrain
après les chiffres de l'emploi mais ils montrent que les marchés
continuent d'anticiper une baisse de taux le 31 juillet avec une
probabilité de près de 100%, même s'ils croient un peu moins à
l'hypothèse d'une baisse allant jusqu'à 50 points de base.
    "Une baisse de taux en juillet reste pratiquement
inévitable", a estimé Luke Bartholomew, stratège d'Aberdeen
Standard Investments. "La croissance de l'emploi reste un point
positif dans le tableau général plutôt mitigé des indicateurs
américains et pourtant, les marchés en sont arrivés à attendre
une baisse dès maintenant donc ils tomberont de leur chaise si
elle n'a pas lieu."
    
    CHÔMAGE FAIBLE ET SALAIRES EN HAUSSE
    Les chiffres de l'emploi sont de fait loin de plaider pour
un assouplissement de la politique monétaire: les entreprises
recrutent dans de multiples secteurs, de l'hôtellerie à
l'électricité en passant par les soins aux personnes
dépendantes, et elles les paient mieux puisque le salaire
horaire moyen affiche une hausse de 3,1% sur un an. 
    Ces données sont donc loin de plaider pour une baisse de
taux, d'autant que le taux de chômage, à 3,7%, est proche de son
plus bas niveau depuis 1969 et qu'en théorie économique, la
conjonction d'un chômage faible et d'une hausse de l'emploi et
des salaires implique des risques inflationnistes.
    Mais les économistes sont moins confiants qu'auparavant dans
les modèles qui établissent une relation inversée entre le taux
de chômage et l'inflation. 
    Certains responsables de la Fed pensent qu'une baisse de
taux pourrait favoriser une remontée des anticipations
d'inflation et donc réduire le risque de rendre des baisses de
taux supplémentaires nécessaires à l'avenir. 
    Avec un objectif de taux des "fed funds" à 2,25%-2,50%, la
banque centrale dispose d'une marge de manoeuvre réduite pour
assouplir sa politique sans avoir à recourir à des mesures
non-conventionnelles. Une baisse de taux réduirait en outre
l'arsenal dont disposera la Fed lors de la prochaine crise
économique. 
    

 (Avec April Joyner à New York et Howard Schneider à Washington;
Marc Angrand pour le service français)
 

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