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RPT-POINT HEBDO-Correction passagère ou inversion de tendance, le marché s'interroge
Reuters13/11/2017 à 07:00

 (Répétition sans changement d'une dépêche diffusée vendredi) 
    * Coup de semonce sur les marchés actions 
    * Doutes sur la réforme fiscale US et les politiques 
monétaires 
    * La saison des résultats globalement satisfaisante 
    * Les actions européennes restent privilégiées 
 
    par Marc Angrand 
    PARIS, 13 novembre (Reuters) - Pas assez pour s'affoler mais 
suffisamment pour s'interroger. La baisse subie ces derniers 
jours par les principaux marchés boursiers mondiaux ne ressemble 
pas encore à une inversion durable de la tendance de fond mais 
elle illustre bien les doutes qui commencent à saisir une partie 
des investisseurs. 
    L'indice MSCI mondial  .MIWD00000PUS  évoluait dans le rouge 
vendredi après une série de dix séances consécutives de hausse. 
A Wall Street, le Standard & Poor's 500  .SPX  a cédé 0,5% 
depuis son record de mercredi et en Europe, le Stoxx 600 
européen  .STOXX  a abandonné 2,2% depuis son pic du 1er 
novembre, qui marquait un plus haut de plus de deux ans. 
    Le repli est donc limité et il est loin de remettre en cause 
la qualité globale du cru 2017 pour les actions. Mais il oblige 
les observateurs à réévaluer le risque d'une correction marquée 
et durable.  
    "Plus la partie dure longtemps, plus le choc risque d'être 
violent quand le processus de normalisation des politiques 
monétaires commencera à se faire sentir", prévient ainsi Lukas 
Daalder, directeur de l'investissement de Robeco Investment 
Solutions.  
    Un début d'avertissement qui résume bien le dilemme actuel: 
si les fondamentaux restent très favorables, les valorisations 
ont atteint des niveaux qui pourraient devenir problématiques en 
cas de mauvaise surprise.  
    Déjà, les statistiques sur les flux de capitaux vers les 
fonds d'investissement montrent un tassement de l'intérêt pour 
les actions, avec même des sorties sur les américaines. 
  
    Et les risques liés aux politiques monétaires et fiscales, 
aux Etats-Unis comme en zone euro, sont peu à peu réévalués à la 
hausse.  
     
    DES MARCHÉS NAÏFS FACE À LA RÉFORME FISCALE ? 
    A Wall Street, c'est le projet de réforme fiscale élaboré 
par la Maison blanche et le Parti républicain qui pose problème: 
le Sénat et la Chambre des représentants ont modifié chacun de 
leur côté le texte initial et si la Chambre doit voter cette 
semaine sur sa version, on est loin d'un compromis.  
    "Les marchés semblent faire preuve d'une certaine naïveté 
quant aux avancées susceptibles d'être réalisées au plan fiscal" 
juge David Lafferty, responsable de la stratégie de marché de 
Natixis Asset Management.   
    Ironiquement, Wall Street risque de donner raison a 
posteriori au secrétaire au Trésor de Donald Trump, Steven 
Mnuchin, qui avait déclaré il y a trois semaines à Politico que 
l'adoption du projet ferait monter le marché actions mais que 
"si on n'y arrive pas, on assistera à un retournement 
significatif".  
    Mesure emblématique du projet de réforme fiscale, la 
réduction annoncée, de 35% à 20%, du taux de l'impôt sur les 
sociétés, pourrait notamment être repoussée à 2019 en l'absence 
de majorité.  
    "Le chemin vers la réforme fiscale reste jonché de nids de 
poule", souligne Scotia Bank en rappelant que l'échéance du 
plafond de la dette américaine, le 8 décembre, se rapproche.  
    "Cela rendra peut-être la réunion du FOMC du 13 décembre un 
peu plus intéressante que ne le laisse paraître la 
quasi-certitude d'une hausse de taux avec une probabilité de 
plus de 90% selon les futures sur les 'fed funds'." 
      
    LE DÉBAT REPREND À LA BCE 
    Pour la Banque centrale européenne (BCE) aussi, la situation 
se révèle un peu moins simple que ne le laissaient paraître les 
conclusions de la réunion du 26 octobre.  
    Alors que Mario Draghi semblait avoir dégagé l'horizon en 
annonçant une prolongation de neuf mois des achats d'actifs avec 
un montant réduit de moitié, à 30 milliards d'euros, à partir de 
janvier, deux autres hauts responsables de l'institution, Benoît 
Coeuré et Ewald Nowotny, ont fait entendre leur différence ces 
derniers jours, exprimant une certaine impatience d'en finir 
avec l'assouplissement quantitatif (QE).   
  
    Et la réaction des marchés n'a pas tardé: les rendements des 
emprunts d'Etat sont repartis à la hausse, celui du Bund 
allemand à 10 ans  DE10YT=RR  revenant vers le seuil de 0,4%, 
après être tombé mercredi à un plus bas de deux mois. 
    Cette correction du marché obligataire est encore encouragée 
par la remontée des anticipations d'inflation à moyen terme 
 EUIL5YF5Y=R  qui ont atteint leur plus haut niveau depuis le 
mois de mars.  
    De quoi alimenter le débat qu'organise mardi la BCE sur les 
"défis et opportunités de la communication des banques 
centrales", avec une affiche rare puisqu'elle réunit les quatre 
principaux banquiers centraux de la planète, Janet Yellen (Fed), 
Mario Draghi (BCE), Mark Carney (BoE) et Haruhiko Kuroda (BoJ). 
     
    LES ACTIONS CONSERVENT DES ATOUTS 
    Les investisseurs étudieront aussi les chiffres définitifs 
des prix à la consommation en octobre en Allemagne mardi, en 
France mercredi et pour l'ensemble de la zone euro jeudi mais 
aussi aux Etats-Unis, mercredi.  
    A l'agenda économique figurent en outre le PIB allemand du 
troisième trimestre (mardi) et celui de la zone euro (mercredi), 
ainsi que les ventes au détail aux Etats-Unis (mercredi). 
    De quoi vérifier si le baromètre macroéconomique mondial est 
toujours au beau fixe, alors qu'aux Etats-Unis, le choc des 
ouragans semble déjà digéré, qu'en Chine, aucun signe de 
ralentissement mal maîtrisé n'est perceptible et qu'en zone 
euro, la Commission européenne a relevé jeudi ses prévisions de 
croissance.   
    Les préoccupations politiques et monétaires sont aussi 
venues perturber ces derniers jours la fin d'une saison de 
publications de résultats globalement satisfaisante, avec une 
croissance près de 10% sur un an des bénéfices en Europe comme 
aux Etats-Unis. 
    Sur 407 sociétés du S&P 500, 72,2% ont dépassé les attentes 
en matière de bénéfices, un pourcentage nettement supérieur à la 
moyenne historique (64%), selon les données Thomson Reuters. 
    Même si ces chiffres traduisent un ralentissement de la 
croissance des profits (elle avait atteint 26% en Europe au 
premier trimestre, rappelle Deutsche Bank), ils continuent de 
justifier une position acheteuse sur les actions européennes 
pour de nombreux investisseurs.  
    "Les bonnes nouvelles économiques, les dividendes qui 
montent, les taux bas: on reste dans une sorte de 'carry trade' 
au profit des actions, qui nous protège un peu contre la chute 
des marchés", explique ainsi Frédéric Rollin, conseiller en 
investissement chez Pictet.  
     
 
 (Edité par Blandine Hénault) 
 

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