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RPT-Auto-Comment un logiciel gonfle les prix des pièces de rechange
Reuters04/06/2018 à 06:00

 (Répétition sans changement de la dépêche transmise dans la
nuit)
    par Tom Bergin et Laurence Frost
    LONDRES/PARIS, 4 juin (Reuters) - Plusieurs constructeurs
automobiles, parmi lesquels Renault  RENA.PA , PSA  PEUP.PA  et
Jaguar Land Rover  TAMO.NS , ont gonflé de plus d'un milliard de
dollars (850 millions d'euros environ) en dix ans le chiffre
d'affaires qu'ils réalisent sur les pièces de rechange grâce à
un logiciel, selon des documents de justice.
    Ce logiciel, commercialisé par Accenture  ACN.N , identifie
les pièces dont les consommateurs pensent qu'elles sont plus
chères qu'en réalité. Dans une présentation à ses clients, la
société de conseil a revendiqué un potentiel de hausse des prix
de certaines pièces pouvant aller jusqu'à 500% sans s'aliéner
les acheteurs.
    Ces détails figurent dans une plainte déposée contre
Accenture par l'informaticien qui a créé le logiciel. On y
découvre que les constructeurs automobiles utilisent des
technologies sophistiquées pour profiter de l'ignorance des
consommateurs.
    Pour certains experts, l'affaire souligne à quel point les
logiciels de "pricing" peuvent exposer au risque de pratiques
anti-concurrentielles.
    Le logiciel, dénommé Partneo, se base sur ce qu'Accenture
qualifie dans ses présentations de "méthodologie de la valeur
perçue en matière de prix". Celle-ci permet aux constructeurs
d'identifier les pièces qui, en raison de leur apparence, ont
plus de valeur aux yeux des consommateurs que leur coût réel.
    Les groupes peuvent ainsi "augmenter les prix de vente qui
sont inférieurs aux plafonds psychologiquement acceptables",
explique Laurent Boutboul, le créateur du logiciel, dans le
texte de la plainte.
    Celui-ci accuse Accenture de ne pas lui avoir payé le
montant convenu pour le rachat de sa société en 2010, et de
porter atteinte à sa réputation en commercialisant et en
configurant Partneo d'une manière non conforme aux règles de
l'antitrust.
    Les documents judiciaires et les présentations ont été
obtenues par le site français d'information Mediapart et
partagés avec Reuters et le réseau européen d'organes de presse
d'investigation EIC.
    Accenture a démenti que son logiciel contrevienne aux règles
de la concurrence ou qu'il induise en erreur les consommateurs.
    "Les solutions de ce type, qui permettent aux entreprises
d'évaluer et de piloter leurs produits, sont très répandues dans
toutes les industries. Elles aident les sociétés à analyser la
visibilité et la disponibilité des pièces de rechange", a dit le
groupe dans un communiqué.
    Renault et PSA ont répondu de leur côté que leurs politiques
tarifaires étaient justes.
    "La stratégie d'après-vente du groupe consiste à offrir des
gammes de pièces de rechange répondant aux besoins de tous les
consommateurs, quel que soit leur budget, avec le plus haut
niveau de fiabilité et de sécurité", a dit PSA dans un
communiqué.
    Renault, pour sa part, a indiqué "s'efforcer de fournir à
ses clients une grande variété de pièces de rechange de qualité,
dont le prix est calculé sur des paramètres que Renault
considère justes et équitables."
    Jaguar Land Rover a refusé de commenter ces informations.
    L'avocat de Laurent Boutboul a indiqué de son côté ne
pouvoir commenter "des chiffres confidentiels provenant d'un
processus judiciaire en cours" ou "l'aspect éthique" du
logiciel.
    
   UN PUISSANT MOTEUR DE REVENU
   Les logiciels de gestion tarifaire sont de plus en plus
utilisés depuis deux décennies.
    Emilio Calvano, professeur assistant à l'Université de
Bologne, qui étudie les algorithmes de prix, explique que
certains supermarchés baissent les prix des légumes si la météo
annonce des températures élevées, car les denrées périssables
risquent de se dégrader plus rapidement.
    D'autres logiciels aident les entreprises à proposer des
remises ciblées aux clients les plus sensibles au facteur prix,
ou à augmenter les tarifs pour ceux qui le sont moins.
    Les constructeurs automobiles sont pointés du doigt depuis
longtemps pour les marges importantes réalisées sur les pièces
de rechange. Si, avec de la chance, un constructeur peut dégager
une marge opérationnelle d'un peu plus de 10% sur la vente d'un
véhicule, "la marge brute sur les pièces détachées peut grimper
jusqu'à 90%", a indiqué Accenture dans une présentation de 2013
destinée à la branche sud-africaine de BMW  BMWG.DE .
   Car si le marché des véhicules neufs est transparent et
compétitif, celui des pièces de rechange est moins liquide et
plus opaque, en partie parce que certaines pièces sont protégées
par des brevets.
    Aux Etats-Unis, les assureurs exhortent le Congrès à
restreindre, au nom de la concurrence, ces clauses d'exclusivité
qui permettent aux constructeurs de gonfler la facture,
acquittée en partie au final par les assurances. En France, le
monopole des constructeurs sur les pièces de carrosserie
visibles a été dénoncé en 2012 par l'Autorité de la Concurrence,
puis a fait l'objet d'un vif débat en 2014 à l'Assemblée
nationale.
    Accenture, au contraire, a expliqué aux constructeurs qu'il
pouvait les aider à gagner encore davantage sur les pièces.
    Dans des présentations adressées à au moins six groupes
automobiles, il leur recommande de doubler les prix sur de
nombreuses références. Dans une présentation au japonais 
Mitsubishi  7211.T , il suggère de porter le prix d'un badge de
marque argenté de 14,42 euros à 87,49 euros, soit un bond de 
507%.
    Selon les documents destinés à plusieurs clients potentiels,
Partneo aide ses utilisateurs à gonfler en moyenne de 10% à 20%
le prix de leurs gammes de pièces de rechange.
    Il n'existe pas de preuve que Mitsubishi  7211.T  a utilisé
le logiciel pour augmenter ses prix, et le groupe japonais a
refusé de faire un commentaire. BMW, de son côté, dit avoir
décidé de ne pas utiliser Partneo.
    Selon une présentation d'octobre 2013 à Volvo  0175.HK , le
logiciel a permis à sept constructeurs "de réussir un gain
annuel" de 415 millions de dollars cumulés (350 millions d'euros
environ).
    
    QUELLE SUPERVISION POUR QUELS PRIX
    Partneo tient compte aussi de la réaction potentielle des
assureurs. Le logiciel range dans des catégories distinctes les
pièces "avec ou sans supervision tarifaire d'une tierce partie",
selon trois présentations vues par Reuters.
    Cette distinction permet au logiciel de prévoir des hausses
de prix plus mesurées, voire des réductions, sur les références
les plus fréquemment surveillées par les compagnies d'assurance
ou les publications spécialisées.
    Selon la plainte de Laurent Boutboul, le logiciel utilise
une stratégie visant à contourner le panier de pièces de
rechange utilisé en France par SRA (Sécurité et réparation
automobiles), organisme professionnel créé en 1977 auquel
adhèrent toutes les entreprises d'assurance automobiles, pour
mesurer l'inflation des pièces détachées.
    Prié de dire si le logiciel fonctionnait toujours selon ce
principe, Accenture a refusé de faire un commentaire.
    Les logiciels de pricing sont aujourd'hui dans le
collimateur des régulateurs européens, ceux-ci craignant qu'ils
puissent créer dans les faits des situations de cartels, même si
l'entente n'obéit pas à la définition traditionnelle de l'accord
verbal sur des prix entre deux humains.
    Conscient de ces risques, Accenture a produit un "protocole"
sur la manière de commercialiser et de configurer le système
pour chaque client afin de respecter les règles de la
concurrence, selon les documents de justice.
    D'après un ancien consultant qui a témoigné au nom de
Laurent Boutboul, des informations confidentielles ont été
partagées entre des clients d'une manière contraire, selon
l'informaticien créateur du logiciel, aux règles antitrust.
    Accenture a déclaré que Partneo ne partageait pas
d'informations entre ses clients et que l'autorité française de
la concurrence avait indiqué, après avoir examiné le logiciel,
ne pas voir de raison d'ouvrir une enquête.

 (Avec Gilles Guillaume pour le service français, édité par
Jean-Michel Bélot)
 

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1 commentaire

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  • M3977476
    04 juin08:14

    Pourquoi s'offusquer? c'est ce que font en toute immoralité mais en toute légalité les compagnies aériennes et la SNCF, en appelant pompeusement cette arnaque "yeld management"!!!Pourquoi faudrait-il en priver les constructeurs automobiles?C'est ce qu'on fait pendant des années les fabricants de fixations de ski "parce que c'est une pièce de sécurité, et la sécurité doit couter cher pour être efficace...Etc.... Et j'en passe plein!!!

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