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Rivoli Finance : " En France, nous voulons nous développer dans la banque privée"

Newsmanagers10/02/2012 à 13:45
(NEWSManagers.com) - Entretien avec Vincent Gleyze, directeur général et associé de Rivoli Finance
Spécialiste de la gestion quantitative, Vincent Gleyze à la tête de Rivoli Finance revient sur le comportement de cette gestion en 2011 et sur le développement de sa maison cette année. Les objectifs sont ambitieux : via différents canaux, il est question de renforcer la présence de la société de gestion en France et en Europe auprès des épargnants, et de séduire également les investisseurs institutionnels... Newsmanagers : Comment s'est comportée la gestion quantitative en 2011 ? Vincent Gleyze : Les résultats de la gestion quantitative sont très hétérogènes contrairement aux autres années, et ce en raison de styles de gestion différents. Selon que l'on a été purement systématique ou discrétionnaire, trend followers ou contrarian, avec une gestion de court ou long terme, les résultats divergent. Et encore ne tient-on pas compte ici de l'effet taille de la société de gestion. Plus celle-ci voit ses actifs progresser, plus les styles tendent à se " figer" : c'est-à-dire " trend followers, long only et discrétionnaire" pour les plus importants. A ce titre, les " gros" s'en sont plutôt bien sortis cette année. Et les stratégies long/short ont bien fonctionné car nous avons vu des mouvements assez francs. NM : Soyons plus précis, sachant qu'il y a presque autant de gestions quantitatives que de sociétés de gestion adeptes de ce mode de gestion, comment s'est passée l'année chez Rivoli Finance ? V.G. : Notre fonds Rivoli Equity a connu un début d'année 2011 difficile. Ce fonds long/short market neutral obéit à quatre stratégies dont deux sont de type systématiques (price driven notamment) auxquelles s'ajoutent deux stratégies fondamentales (utilisant des ratios de différentes natures). C'est un fonds d'arbitrage entre titres, secteurs, qui se signale par une volatilité faible (6 %). Un produit " tout terrain" , à la recherche d'opportunités. L'an dernier, il a souffert au cours des premiers mois du fait des valeurs bancaires. Puis cet été en raison de débouclements (sorties) au sein des secteurs. De très grands établissements ont assez massivement clôturé leurs positions déclenchant des stop loss via nos modèles statistiques. Cela dit, depuis trois mois, nous retrouvons des opportunités sur ce fonds. Et pour éviter des corrélations entre stratégies, nous réfléchissons à l'ajout de nouvelles stratégies à plus long terme. NM : Comment ont réagi les investisseurs ?
V.G. : Les comportements ont été différents selon la nature des investisseurs. Dans le détail, ce sont les professionnels au sens large du terme (fonds de fonds, banque...) qui sont sortis. Pas les particuliers et peu les institutionnels. Résultat, sur ce type de clientèle, nous avons collecté tandis que sur les professionnels nous avons décollecté. La décollecte des professionnels a surtout concerné Rivoli Equity qui a affiché un gain de 8.8 % en 2008, 8.1 % en 2009, et 17.5 % en 2010. Résultat, en 2011, les investisseurs ont acheté trois ans de performance. Mais avec les pertes du début de l'année, de l'ordre de 10 % sur le premier semestre, ils sont sortis au cours de l'été ! Les particuliers ont fait preuve de plus de sang-froid en somme et, surtout, ont une bonne appréhension du fonds. Pour preuve, Rivoli Equity se reprend et démontre que le risque est géré et les " max draw down" tenus. NM : Et votre fonds obligataire ? V.G. : Rivoli L/S Bond Fund est composé d'obligations internationales, américaines, européennes et quelques titres japonais. A court terme, nous avons une approche à la fois directionnelle et non directionnelle. A moyen terme (plusieurs mois), nous procédons à des arbitrages sur la courbe de taux (50 % du budget de risque) et sur le long terme (2-3 ans) nous sommes directionnels. La faiblesse de ce fonds est de ne pouvoir capter des mouvements très brutaux. Quoi qu'il en soit, il a enregistré un gain de 2,2 % en 2011.
Quant au fonds le plus récent de notre gamme, Rivoli Capital, il se singularise par sa faible volatilité et son pilotage systématique en fonction du risque. C'est un fonds très diversifié, investissant sur des actions, des obligations et des devises. La poche " trend followers" moyen/long terme a été satisfaisante. Le fonds a enregistré en 2011 un gain de 3.1% satisfaisant. NM : Dans votre gamme, quel est le fonds porte-drapeau ? V.G. : Là encore, il faut distinguer selon qu'il s'agit de la clientèle française ou européenne. En France, Rivoli Long / Short Bond se présente comme notre fonds " flagship" et s'adresse à la fois aux particuliers et aux investisseurs professionnels. A l'international, c'est notre FCIMT Rivoli International Fund qui joue le rôle de porte-drapeau. Mais celui-là ne s'adresse pas aux particuliers. NM : Quelle stratégie commerciale comptez-vous mener pour 2012 ? V.G. : Nous avons lancé Rivoli Capital il y a trois ans, un fonds qui convient bien à une clientèle de professionnels et de particuliers. Jusqu'ici, nous ne l'avons pas poussé en avant. Mais avec un excellent ratio de Sharpe, proche de 1, c'est probablement le meilleur fonds de notre gamme actuellement. Nous allons donc le mettre plus en vue... NM : Et en matière de clientèle ? V.G. : Cette année, nous allons poursuivre notre effort du côté des conseillers en gestion de patrimoine indépendants. Nous sommes d'ores et déjà référencés sur toutes les plateformes ,ce qui constitue pour nous un vecteur de distribution très important. Nous comptons travailler avec elles pour déclencher des actes de vente via la promotion de nos fonds. Ce sont les partenariats actifs qui nous permettent de démontrer notre valeur ajoutée. A charge pour nous d'avoir un véritable suivi de nos clients.
D'une façon générale, si nous avons des relations avec les CGPI et institutionnels en France, nous couvrons principalement des professionnels en Europe. Notre ambition est de nous porter vers les IFA britanniques, les " Makler" allemands et bien sûr les banques privées et des family offices. En France, nous voulons surtout nous développer dans la banque privée. NM : Rien du côté des institutionnels ? V.G. : Nous notons que les investisseurs institutionnels sont très soucieux des contraintes liées à l'application du cadre réglementaire de Solvency II. A cela s'ajoute un besoin de transparence. Nous attendons les résultats du SCR (Solvency Capital Requirement) exigé pour notre fonds Rivoli L/S Bond. Mais il y a beaucoup de sens à avoir un produit quantitatif de type obligataire. Plus qu'une couverture en cas de forte baisse des marchés obligataires, le fonds L/S quantitatif obligataire permet clairement de générer de l'alpha. Quant à Rivoli Long/Short Market Neutral, son SCR est de l'ordre de 20 %, ce qui est excellent. NM : Comment êtes-vous organisé ? V.G. : Nos disposons de 500 millions d'encours sous gestion avec une clientèle internationale pour 55 % de l'ensemble et une clientèle française pour le reste. Deux commerciaux s'occupent de la France qu'il s'agisse des conseillers en gestion de patrimoine et des institutionnels et deux autres s'occupent de l'international, à commencer par l'Europe dont l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, l'Espagne mais également le marché américain, et un peu l'Asie. Nous poussons actuellement les feux au Royaume-Uni. Mais, finalement, il existe des spécificités par clientèles plus que par pays, même si il y a des différences bien évidemment en termes d'épargne entre des clients allemands et espagnols...


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