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Retraites-La réforme en conseil des ministres, la contestation perdure
Reuters24/01/2020 à 11:39

    * Dernière ligne droite pour le texte avant le Parlement
    * Manifestation à Paris, nouvel appel pour le 29 janvier
    * Ouverture de la conférence sur le financement le 30
janvier

    par Marine Pennetier
    PARIS, 24 janvier (Reuters) - Plusieurs milliers de
personnes manifestaient vendredi en France contre le projet de
réforme du système des retraites au moment même où ce texte,
objet d'une contestation sociale sans précédent depuis près de
deux mois, était présenté en conseil des ministres, première
étape avant son examen par le Parlement. 
    Répondant à l'appel lancé par l'intersyndicale (CGT, FO,
CFE-CGC, Solidaires, FSU et organisations de jeunesse) mobilisée
depuis le 5 décembre, les opposants défilaient à Marseille,
Nantes, Nice, Le Havre, Lille, Bordeaux, Rennes, Grenoble,
tandis que les manifestants se rassemblaient place de la
République, à Paris, pour prendre la direction de la place de la
Concorde, non loin de l'Elysée et du ministère de l'Intérieur. 
    "Notre détermination est intacte", a déclaré en tête de
cortège Yves Veyrier, le numéro un de Force Ouvrière, qui
réclame comme l'intersyndicale le retrait pur et simple du
texte. "On a devant nous des semaines et des mois de
mobilisation". 
    Réfutant tout "baroud d'honneur", le secrétaire général de
la CGT Philippe Martinez a pour sa part estimé qu'il y avait
"toutes les raisons de se mobiliser" face à une réforme "qui est
injuste" et qui "va nous faire travailler plus longtemps". 
    Après un bref retour à la normale, le trafic à la SNCF et à
la RATP connaît de nouvelles perturbations avec seulement trois
lignes de métro fonctionnant normalement, un trafic quasi normal
sur les TGV et l'international, 70% des TER-Intercités et 60%
des Transiliens. 
    Dans l'Education nationale, où la réforme suscite
l'inquiétude des enseignants dont le montant de la retraite ne
sera plus calculé sur les six derniers mois comme c'est le cas
actuellement mais sur l'ensemble de la carrière, le taux de
grévistes était de 15,84% dans le primaire et de 10,3% dans le
secondaire, selon le ministère. Un chiffre en hausse par rapport
aux précédentes mobilisations du mois de janvier.
    
    "BON ESPOIR"
    Face à l'opposition à sa réforme, qui prévoit de fusionner
les 42 régimes de retraite existants en un seul régime à points,
l'exécutif a consenti ces dernières semaines des concessions à
plusieurs professions - cheminots, policiers, etc. - au risque
d'être accusé de recréer des "régimes spéciaux" qu'il entend
supprimer avec son projet de loi. 
    Pour tenter de sortir de l'impasse, le Premier ministre
Edouard Philippe a également tendu la main aux centrales
réformistes (CFDT, Unsa, CFTC) favorables au régime universel
par points mais opposés à toute réforme "paramétrique".
    Le chef du gouvernement a proposé de retirer temporairement
du projet de loi l'introduction d'un âge pivot fixé à 64 ans, à
charge pour les partenaires sociaux de trouver une alternative à
cette mesure qui doit permettre d'équilibrer le système des
retraites en 2027, dans le cadre d'une conférence sur le
financement qui débutera le 30 janvier pour s'achever fin avril.
    Dans un entretien à La Croix publié vendredi, Edouard
Philippe indique avoir "bon espoir" que cette conférence, à
laquelle FO et la CGT n'ont pas encore confirmé leur présence,
"permette de déboucher sur quelque chose d'intelligent et de
responsable".   
    Le calendrier est serré. Une fois présentés en conseil des
ministres ce vendredi, les deux projets de loi (organique et
ordinaire) seront examinés par une commission spéciale de
l'Assemblée nationale à partir du 3 février avant d'être
débattus en séance publique à partir du 17 février, pour une
adoption finale que l'exécutif espère avant l'été. 
    Engagée dans une course contre la montre, l'intersyndicale
n'entend pas faire baisser la tension. Après avoir multiplié les
actions "coup de poing" ces derniers jours, elle lance d'ores et
déjà un appel à une nouvelle journée de mobilisation le 29
janvier, à la veille de la conférence sur le financement.    
    Reçus à Matignon jeudi soir, les représentants des avocats,
qui défendent leur système de retraites largement excédentaire,
ont quant à eux déploré la confirmation par Edouard Philippe de
son projet de les maintenir dans le régime universel, précisant
qu'ils décideraient samedi de la suite à donner à leur
mouvement.    

 (Edité par Sophie Louet)
 

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