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REMY COINTREAU : un trimestre exceptionnel déclenche des prises de bénéfices
information fournie par AOF20/07/2021 à 11:19

(AOF) - Rémy Cointreau cède 2,35% à 174,2 euros, accusant l'un des plus nets replis du SBF120. Le numéro deux français des vins et spiritueux est pénalisé par des prises de bénéfices après avoir dévoilé ce matin un chiffre d'affaires du premier trimestre largement au-delà des attentes grâce à la réouverture des bars et restaurants. Les investisseurs sont d'autant plus enclins à réduire leurs positions que le fabricant de cognac de luxe a atteint jeudi dernier un record à 183,3 euros. A cet égard, les analystes soulignent ce matin sa valorisation très élevée, justifiée par UBS, moins par Jefferies.

Enfin, le marché pourrait être un peu déçu par l'objectif de résultat opérationnel courant 2022 du groupe, dont la forte croissance sera modérée par d'importants efforts de marketing.

Rémy Cointreau a réalisé au premier trimestre 2021/22 (avril-juin) un chiffre d'affaires de 293,1 millions d'euros, en hausse de 105% en organique, portée par la poursuite d'une excellente dynamique aux Etats-Unis et en Grande Chine, ainsi qu'une nette amélioration de la zone EMEA grâce à la réouverture progressive du canal de distribution on-trade (bars et restaurants). Le consensus tablait sur +69,6%.

Plus significatif, les ventes en organique affichent une hausse de 36,5% par rapport au premier trimestre 2019/20 (pré-pandémie). Toutes les marques ont contribué à la très bonne performance du groupe.

Pour l'année 2021/22, Rémy Cointreau réitère sa confiance dans sa capacité à surperformer le secteur des spiritueux d'exception. Il anticipe notamment un excellent premier semestre soutenu par une base de comparaison très favorable, des effets de phasage de ses expéditions et de nouvelles tendances de consommation structurellement plus porteuses aux Etats-Unis.

Fort de son avance sur son plan stratégique 2030 et d'un environnement porteur, le groupe a décidé d'augmenter significativement ses investissements en communication. Ceci afin d'accompagner ses marques dans le rebond et d'accroître leur potentiel de croissance à moyen terme en développant leur notoriété et leur attractivité.

La bonne croissance anticipée du résultat opérationnel courant sera également modérée par des effets devises estimés entre -16 millions et -20 millions et un effet périmètre d'environ -2 millions.

Jefferies a confirmé son opinion Sous-performance et son objectif de cours de 145 euros sur Rémy Cointreau. "Le marché s'attendait à un premier trimestre robuste, mais celui-ci est ressorti encore plus solide que prévu, ce qui va probablement exercer une pression à la hausse sur les prévisions de ventes pour l'exercice, qui sont de l'ordre de +10% avec des marges stables (le consensus table sur une croissance de 18,8% de la marge opérationnelle courante)", commente le broker.

Ce dernier continue de penser que Rémy Cointreau est une histoire de croissance attrayante en raison de son exposition à 90% aux spiritueux bruns, ce qui est favorable du point de vue du rapport prix/mix produits ; cependant, les actions sont chères à 45,5 fois ses bénéfices pour 2022 contre 22 fois pour les produits de base.

UBS a confirmé, lui, son opinion Neutre et son objectif de cours de 173 euros sur le titre, saluant un chiffre d'affaires trimestriel très supérieur aux attentes. Le bureau d'études note que le titre se traite à 48 fois ses bénéfices attendus en 2022, soit avec un prime de 90% par rapport au secteur des produits de base.

Mais ajoute l'analyste, cette prime pourrait être justifiée par la position de "meilleur du secteur" en terme de croissance à moyen terme et par son position unique sur le marché des spiritueux haut de gamme aux Etats-Unis et en Chine.

AOF - EN SAVOIR PLUS

Points clés

- Groupe de spiritueux né en 1703, avec 12 marques mondiales -Remy Martin et Louis XIII pour les cognacs,, diversifié dans les liqueurs et spiritueux avec Cointreau et Metaxa pour les spiritueux, Mount Gay pour le rhum, The Botanis pour le gin et, pour le whiskys, Bruichladdich, Port Charlotte, Ocformore, Westlan et Hautes Glaces ;

- Ventes de 1 Md€ réparties entre 2 divisions –Rémy Martin pour 75,5 %, les liqueurs et spiritueux pour 26 % ;

- Positionnement international, les Etats-Unis, étant 1er marché du groupe (le 1/4 des ventes dans les Amériques), devant l’Asie-Pacifique (le 1/3) et le reste du monde ;

- Modèle d'affaires : devenir numéro 1 mondial des spiritueux d’exception et contrôler le circuit de distribution (85 % des ventes), afin de maîtriser les prix de vente des spiritueux d’exception, au prix unitaire supérieur à 50 $ ;

- Capital contrôlé par les familles fondatrices (près de 54 % des actions et 70 % des droits de vote), Eric Vallat étant directeur général et Marcel Hérard-Dubreuil président du conseil d’administration de 12 membres ;

- Bilan solide renforcé par le paiement du dividende en actions, avec une dette nette notée A et un effet de levier contenu à 2 à fin septembre.

Enjeux

- Ambition de porter à 65 % contre 54 % des ventes la part des spiritueux d’exception et d’en devenir le leader mondial avec, pour objectif 2030, une marge brute de 72 % et une marge opérationnelle de 33 % ;

- Stratégie environnementale « Exception durable 2025 » : achats 100 % responsables, agriculture raisonnée sur tous les terroirs partenaires et diminution de 25 % des émissions de CO2 ;

- Support à la baisse des titres par l’importance des stocks, dont la valeur est estimée à plus de 50 € par action ;

 - Après l’intégration de la maison de cognac J.R. Brillet, poursuite de la montée en gamme du portefeuille -achat du champagne J. de Talmont et cession des parts dans la société commune Pessoà ;

- Poursuite de la remontée des marges des liqueurs, très inférieures à celles du cognac.

Défis

- Forte saisonnalité des ventes, d’où un exercice décalé au 31 mars ;

- Impact négatif des changes, tant sur le chiffre d’affaires que le résultat ;

- Manque de taille critique par rapport aux concurrents et forte dépendance à la Maison Rémy Martin (93 % du bénéfice opérationnel) au cognac mieux margé que les liqueurs et spiritueux ;

 - Attente d’une levée de l’embargo sur la Russie, menaces de taxes à l’importation aux Etats-Unis et ventes encore moroses en Europe-Afrique-Moyen-Orient, hors Royaume-Uni ;

- Impact de la pandémie : recul de 4 % des ventes à fin décembre ;

-Anticipations  2020/21 : croissance du bénéfice courant.

Des difficultés pour les acteurs du secteur

Les  entreprises de l'agroalimentaire demandent des aides pour la valorisation des stocks des invendus à travers notamment un crédit d'impôt et un plan de relance spécifique.

Même un grand groupe comme Danone remet en question sa stratégie. Pour la première fois depuis 2011 il a mis en place un plan de restructuration consistant en la réalisation d’un milliard d'euros d'économies, une rationalisation du portefeuille de produits et la suppression de 2.000 postes. Son dirigeant estime, qu’au-delà du choc de la Covid, le groupe est resté trop longtemps tourné vers une stratégie globale et non locale.

En revanche Nestlé se porte mieux. Sur les neufs premiers mois, sa croissance organique a été de 3,5 %, portée par un fort dynamisme de l'activité au troisième trimestre (+5 %) et par ses activités de café et d'alimentation pour animaux domestiques.

Valeurs associées

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Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 20/07/2021 à 11:19:00.

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