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RECIT-A Khartoum, une pluie de balles et des médecins démunis
Reuters05/06/2019 à 16:17

    par Michael Georgy
    KHARTOUM, 5 juin (Reuters) - Dans le chaos qui a suivi
l'assaut des forces de sécurité soudanaises contre le campement
des manifestants qui réclamaient davantage de démocratie à
Khartoum, un étudiant en médecine a vu un homme grimacer de
douleur pendant qu'un médecin lui recousait l'oreille sans
anesthésie.
    Le blessé essayait d'aider un autre homme qui se trouvait à
ses côtés, lui aussi victime de la répression brutale qui a fait
au moins 60 morts, selon une association de médecins proche des
manifestants.  
    "Il n'a pas bronché parce qu'il tenait la main de l'autre
blessé dont on extrayait une balle de la jambe, et qui souffrait
atrocement", a raconté l'étudiant en médecine à Reuters.
    "Il criait, hurlait, s'évanouissait. Tout le monde essayait
de le calmer donc cet homme lui tenait la main pour qu'il ne
bouge pas."
    L'étudiant a demandé à conserver l'anonymat par crainte de
représailles. Reuters n'a pas pu vérifier l'exactitude de son
témoignage.
    L'opération militaire lancée lundi contre le campement des
manifestants devant le ministère de la Défense a porté un coup
sévère aux espoirs d'une transition démocratique au Soudan après
l'éviction de l'ancien dictateur Omar el Béchir par l'armée le
11 avril.
    Les discussions entre l'opposition et le Conseil militaire
de transition (CMT) au pouvoir sont désormais rompues.
    Les opposants, qui ont appelé mardi à la désobéissance
civile, ont rejeté mercredi une offre de reprise du dialogue
"sans conditions" des militaires.  
    
    L'ASSAUT LANCÉ À L'AUBE
    L'étudiant en médecine et un autre étudiant qui participait
au sit-in ont indiqué que l'assaut avait été lancé à l'aube par
les forces de réaction rapide (RSF), une milice arabe connue
jusqu'à récemment sous le nom de Janjawid.
    Cette unité paramilitaire commandée par le général Mohamed
Hamdane Dagalo, dit Hemedti, a notamment été accusée par des
organisations de défense des droits de l'homme de tentative de
génocide pendant le conflit ethnique au Darfour en 2003.
    Elle a depuis combattu au Yémen au sein de la coalition
arabe sous commandement saoudien qui y affronte les Houthis.
Quelques heures après le coup d'Etat contre Omar el Béchir,
l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont promis des
milliards de dollars d'aide aux nouveaux dirigeants soudanais,
dont les RSF apparaissent comme le principal bras armé.
    Selon l'étudiant en médecine, les premiers coups de feu ont
éclaté vers 05h00 du matin et les blessés par balles ont
aussitôt afflué dans la clinique où il s'est précipité pour
proposer son aide.
    "Les gens crachaient du sang, s'étouffaient dans leur propre
sang, s'y noyaient en réalité", a-t-il raconté.
    Les médecins ont soigné à vif un homme dont le crâne avait
éclaté. "Il envoyait des coups dans tous les sens. Il a fallu
s'y mettre à cinq pour l'immobiliser pour refermer la blessure."
    Les assaillants lui ont semblé jeunes et peu disciplinés.
Ils ont notamment ouvert le feu à l'intérieur de la clinique
dans laquelle il se trouvait, a-t-il dit, avant qu'un médecin
n'arrive à les raisonner.
    L'autre étudiant auquel Reuters a parlé, qui a lui aussi
voulu rester anonyme, a raconté qu'une trentaine de miliciens
étaient d'abord arrivés sur le site du campement.
    Selon lui, ils ont rapidement été suivis par des centaines
d'autres qui frappaient à coups de matraques et de bâtons tous
ceux qui tentaient de s'échapper du sit-in, tandis que des
tireurs embusqués sur les toits des immeubles voisins ouvraient
le feu sur les fuyards.
    Les RSF n'ont pas répondu aux sollicitations de Reuters mais
leur chef, Hemedti, a déclaré via la télévision d'Etat qu'une
enquête "honnête et transparente" serait menée.
    "Notre mission la plus importante est de mettre fin à
l'insurrection et aux infiltrations", a-t-il ajouté.

 (Tangi Salaün pour le service français, édité par Henri-Pierre
André)
 

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