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PSA vise 5 millions de ventes avec Opel d'ici 2022-Sources
Reuters22/02/2017 à 21:52

    * 5 mlns de ventes en 2020-2022 contre 4,3 mlns en 
2016-Sources 
    * PSA vise E1,5-2 mds de synergies grâce à un rachat 
d'Opel-Sces 
    * Veut migrer sur ses plateformes tous les nouveaux modèles 
Opel 
    * Tavares a parlé au téléphone à Theresa May 
    * Pour Michel Sapin, l'emploi condition de la réussite du 
projet 
 
 (Actualisé avec communiqué de Bercy) 
    par Gilles Guillaume, Pamela Barbaglia et Edward Taylor 
    PARIS/LONDRES/FRANCFORT, 22 février (Reuters) - PSA 
 PEUP.PA  prévoit d'atteindre cinq millions de ventes combinées 
d'ici 2022 grâce à son projet d'acquisition d'Opel/Vauxhall 
qu'il compte finaliser dès le début mars, ont déclaré mercredi à 
Reuters plusieurs sources proches du dossier. 
    En additionnant les ventes 2016 de véhicules des deux 
groupes, le total atteint actuellement 4,3 millions d'unités 
environ. 
    PSA a annoncé la semaine dernière étudier une acquisition de 
la filiale européenne de l'américain General Motors  GM.N  afin 
d'accélérer sa croissance. Ce projet a soulevé dans un premier 
temps une vague d'inquiétudes sur l'emploi et l'avenir des sites 
en Allemagne et en Grande-Bretagne, les deux grands marchés 
d'Opel et Vauxhall. 
    Pour déminer le terrain, le président du directoire Carlos 
Tavares multiplie depuis plusieurs jours les entrevues avec les 
responsables politiques et syndicaux. Il a présenté son projet à 
la chancelière allemande Angela Merkel, avec qui il s'est 
entretenu au téléphone, et a fait de même mercredi avec la 
Première ministre britannique Theresa May. Il doit voir le 
syndicat britannique Unite jeudi, après l'IG Metall allemand 
lundi dernier. 
    Cet agenda chargé a fait penser un temps que l'annonce d'un 
rachat pourrait s'en trouver retardée. Plusieurs sources ont 
souligné que, au contraire, PSA comptait réunir un conseil de 
surveillance sur le sujet début mars, et annoncer la conclusion 
de l'opération dans la foulée. 
     
    RENCONTRE SAPIN-TAVARES 
    Le rapprochement entre PSA et Opel doit également permettre 
d'économiser jusqu'à deux milliards d'euros par an grâce à des 
achats communs et à la convergence des plateformes de véhicules 
des deux groupes, ont indiqué les sources. 
    Deux d'entre elles ont dit que PSA voulait faire migrer tous 
les nouveaux véhicules d'Opel sur ses propres plateformes dès 
que les cycles produits le permettront. 
    Ce travail commun, actuellement limité à trois programmes de 
véhicules - un futur SUV compact Opel fabriqué en France chez 
PSA, le successeur du Citroën C3 Picasso assemblé en Espagne 
chez Opel et une prochaine fourgonnette produite pour les deux 
groupes chez PSA en Espagne - devrait se poursuivre avec la 
prochaine petite Corsa, un best-seller d'Opel. 
    Selon une des sources, il reste à ce stade difficile de dire 
au bout de combien d'années le montant de 1,5 milliard à deux 
milliards d'euros de synergies serait atteint, car les deux 
groupes devront faire coïncider progressivement le cycle de vie 
de leurs produits - sept ans en moyenne dans l'automobile. 
    PSA a refusé de commenter ces informations. 
    Pour Dominic O'Brien, analyste chez BNP Paribas, le 
rapprochement pourrait même produire des économies de deux 
milliards d'euros avec 1,2 milliard venant des achats, 0,4 
milliard de la R&D et 0,4 milliard via une réduction d'effectifs 
qu'il chiffre à 6.000 emplois. 
    Opel emploie 38.000 personnes, dont une moitié en Allemagne 
et 4.500 au Royaume-Uni. 
    Carlos Tavares a promis aux syndicats allemands d'honorer 
tous les accords syndicaux d'Opel, qui courent jusqu'aux années 
2019-2020 selon les organisations syndicales. En France, où le 
groupe a redressé sa situation financière notamment en fermant 
une usine - Aulnay-sous-Bois - et en optimisant la taille de ses 
autres sites, la direction est désormais liée par un nouvel 
accord de compétitivité qui couvre 2017-2019. 
    "C'est une opération qui peut apporter un bénéfice aux uns 
et aux autres mais à certaines conditions, la condition 
principale, c'est celle de l'emploi", a souligné mercredi le 
ministre des Finances Michel Sapin, après avoir rencontré son 
homologue allemand Wolfgang Schäuble et avant de s'entretenir  
avec Carlos Tavares. 
    Dans un communiqué diffusée dans la soirée, Michel Sapin et 
Christophe Sirugue, secrétaire  d'État  chargé  de  l'Industrie, 
ont confirmé leur soutien à cette opération. 
    "Le rachat envisagé et la dynamisation des activités 
européennes du groupe GM feraient du nouvel ensemble un leader 
européen reposant sur cinq marques emblématiques et 
complémentaires", soulignent-ils. 
    L'Etat est l'un des trois actionnaires de référence de PSA, 
avec le chinois Dongfeng  0489.HK  et la famille fondatrice 
Peugeot, qui détiennent chacun une participation de 13,7%. Trois 
sources proches du dossier ont souligné que l'actionnaire 
chinois s'était déclaré à son tour favorable au projet mercredi. 
    Les sources ont souligné que deux sujets faisaient encore 
l'objet de discussions, le déficit des retraites d'Opel, chiffré 
autour de 7 milliards d'euros, et l'avenir de l'activité 
bancaire de la filiale européenne de GM. 
    Si les discussions aboutissent, le nouveau groupe issu de la 
fusion aurait un chiffre d'affaires cumulé de 75 milliards 
d'euros et une part de marché de 16% en Europe. Les chiffres de 
janvier ont montré qu'une combinaison permettrait à PSA de 
redevenir deuxième constructeur européen, toujours derrière 
Volkswagen  VOWG_p.DE  mais devant le groupe Renault  RENA.PA . 
 
 (Avec Laurence Frost à Paris et Arno Schuetze à Francfort, 
édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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