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Polémique aux USA avant la libération anticipée du "taliban américain"
Reuters23/05/2019 à 13:27

    WASHINGTON, 23 mai (Reuters) - John Walker Lindh, un
Américain capturé en 2001 alors qu'il combattait au côté des
taliban en Afghanistan, devrait bénéficier jeudi d'une
libération anticipée, une décision judiciaire qui suscite la
controverse aux Etats-Unis.
    Aujourd'hui âgé de 38 ans, le "taliban américain", qui avait
été condamné à vingt ans de prison, a purgé 17 années de sa
peine. Il doit quitter dans la journée la prison fédérale de
Terre Haute, dans l'Indiana, en régime de liberté
conditionnelle.
    A Washington, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo s'est ému de
cette décision "inexplicable" et "inconsciente".
    Lindh, a-t-il poursuivi sur l'antenne de Fox News, "est
toujours une menace contre les Etats-Unis d'Amérique". "Il y a
là quelque chose de profondément choquant et d'inadmissible."
    Né dans une famille catholique, converti à l'islam durant
son adolescence, Lindh a expliqué lors de son procès qu'il
s'était rendu au Yémen pour y apprendre l'arabe puis au Pakistan
pour y étudier l'islam.
    C'est là qu'il s'est enrôlé dans les rangs des taliban pour
aider, dit-il, ses coreligionnaires dans leur "djihad". Il a
affirmé n'avoir jamais eu l'intention de "combattre l'Amérique"
et a condamné le "terrorisme à tous ses niveaux".
    Mais un rapport du Centre national de l'antiterrorisme, une
agence fédérale, datant de janvier 2017, publié par la revue 
Foreign Policy, le décrit comme continuant, en mai 2016, "à
militer pour le djihad mondial et à écrire et traduire des
textes extrémistes violents".
    NBC évoque par ailleurs une lettre envoyée par Lindh en 2015
à une station de radio de Los Angeles dans laquelle il apporte
son soutien au groupe Etat islamique, estimant qu'il répond à
"une obligation religieuse d'établir un califat par le biais
d'une lutte armée".
    Dans un courrier adressé à l'administration pénitentiaire
fédérale, les sénateurs Richard Shelby et Margaret Hassan
demandent quelle entité est chargée de faire en sorte que "les
criminels terroristes/extrémistes seront réintégrés avec succès
dans la société".

 (Doina Chiacu avec Andrew Hay à Taos, Nouveau-Mexique
Henri-Pierre André pour le service français)
 

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