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POINT HEBDO-Quand l'optimisme de la Fed surprend les marchés
information fournie par Reuters08/10/2018 à 07:00

 (Répétition sans changement d'une dépêche diffusée vendredi)
    * L'optimisme de la Fed fait bondir les rendements
obligataires
    * Un handicap de plus pour les marchés émergents
    * Commerce, budget italien et Brexit, trois dossiers en
suspens
    * Le début de la saison des résultats à surveiller

    par Marc Angrand
    PARIS, 8 octobre (Reuters) - L'euphorie n'est généralement
pas le trait de caractère dominant d'un banquier central. Raison
de plus pour que l'optimisme exprimé ces derniers jours par
Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine
(Fed) ait suscité sur les marchés une réaction spectaculaire. 
    En saluant mardi les perspectives "remarquablement
positives" de l'économie américaine et en évoquant le lendemain
la possibilité d'un relèvement des taux au-delà de leur niveau
neutre, Jerome Powell a précipité l'emballement des rendements
des Treasuries. 
    Le rendement des bons du Trésor à dix ans  US10YT=RR 
affichait vendredi un bond de près de 15 points de base sur la
semaine, au plus haut depuis la mi-2011. Une hausse qui a dopé
le dollar et s'est propagée à l'Asie et à l'Europe, favorisant
les valeurs financières.
    Au-delà de l'optimisme affiché par Jerome Powell et
plusieurs de ses collègues de la Fed, la remontée des rendements
s'appuie sur les indicateurs américains solides, qu'il s'agisse
du plus haut de plus de 20 ans de l'indice ISM d'activité dans
les services ou du plus bas de 49 ans du taux de chômage, tombé
en septembre à 3,7% en dépit d'un ralentissement des créations
de postes.   Avec à la clé une révision des
anticipations de marché en matière de taux d'intérêt. 
    "Ce qui a pris les marchés par surprise, ce n'est pas tant
la vigueur du marché de l'emploi ou de l'économie dans son
ensemble mais la vitesse à laquelle celle-ci évolue", note Fiona
Cincotta, analyste de CityIndex.
    "La spéculation va commencer sur la possibilité que la Fed
accélère ses hausses de taux cette année et l'an prochain, ce
qui donnerait aux marchés obligataires du carburant
supplémentaire pour faire flamber les rendements."  
    
    
    
    LA GUERRE COMMERCIALE N'EST PAS FINIE
    Sans surprise, cette flambée fait souffrir les marchés
émergents: leur indice MSCI de référence  .MSCIEF  a perdu plus
de 4% sur la semaine, sa plus mauvaise performance hebdomadaire
en sept mois, et accuse désormais une chute de plus de 13%
depuis le début de l'année. 
    Le risque de voir les capitaux se détourner de cette classe
d'actifs au profit des marchés américains est évidemment la
première explication de ce mouvement, avec celui de difficultés
supplémentaires pour les entreprises et les Etats émergents
endettés en dollar.
    La situation devrait être au menu des débats des assemblées
générales du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque
mondiale en fin de semaine à Bali, en Indonésie.
    En prélude, le FMI aura publié mardi ses nouvelles
prévisions économiques, qui devraient notamment intégrer 
l'envolée récente des cours du pétrole et bien sûr
l'intensification des tensions commerciales.
    Car si, fête nationale chinoise oblige, l'actualité des
derniers jours a échappé à de nouveaux soubresauts dans les
tensions commerciales sino-américaines, rien n'est réglé et le
sujet devrait dominer la visite prévue lundi à Pékin du chef de
la diplomatie américaine, Mike Pompeo. 
    Le sujet est d'autant plus sensible pour les autorités
chinoises qu'elles doivent faire face à des signes récurrents de
ralentissement de la croissance économique. 
    En attendant les chiffres du produit intérieur brut (PIB)
chinois du troisième trimestre (le 19 octobre), on surveillera
vendredi ceux de la balance commerciale chinoise de septembre,
et notamment ceux des importations. 
    Sans attendre, JPMorgan a abaissé jeudi sa recommandation
sur les actions chinoises à "neutre" pour intégrer la
dégradation des perspectives de croissance.  
    Autre grand pays émergent sous le feu des projecteurs: le
Brésil, avec le premier tour dimanche de l'élection
présidentielle, dont les résultats devraient animer les marchés
locaux.  
    
    NUAGES SUR LA NOTE SOUVERAINE ITALIENNE
    En Europe, les investisseurs continueront de surveiller les
déclarations sur le Brexit d'une part, sur le budget italien
d'autre part. 
    S'il a fait une première concession en revoyant à la baisse
ses objectifs de déficit pour 2019 et 2020, le gouvernement de
Giuseppe Conte est loin d'avoir apaisé toutes les inquiétudes et
la communication à la Commission européenne du projet de budget
détaillé, au plus tard le 15 octobre, pourrait réserver des
surprises. 
    La procédure budgétaire s'étalera sur plusieurs mois mais à
très court terme, le risque porte sur les notes souveraines
italiennes, puisque S&P et Moody's doivent rendre leur décision
à ce sujet avant la fin du mois. 
    "Les risques de dégradation (d'un échelon, notamment par
Moody's) ont nettement augmenté après la publication des
objectifs de déficit révisés", estime Fabio Fois, économiste de
Barclays, pour qui "la qualité et la crédibilité des futurs
objectifs de déficit primaire" seront des éléments déterminants
des décisions des agences de notation. 
    Reflet des doutes du marché, l'écart de rendements (spread)
entre les titres à dix ans italiens et allemands a atteint son
plus haut niveau depuis cinq ans.
    
    
    L'horizon semble pour l'instant plus dégagé concernant le
Brexit, les déclarations, à Londres comme à Bruxelles, semblant
nettement plus optimistes ces derniers jours sur la possibilité
d'un compromis dans les prochaines semaines. 
    La livre sterling a apprécié, reprenant près de 1% face au
dollar et à l'euro sur les dernières séances.  GBP=   EURGBP= 
    
    QUEL HORIZON ÉCONOMIQUE ET FINANCIER POUR 2019 ?
    La semaine à venir marquera aussi le début des publications
de résultats des grands groupes cotés pour le trimestre
juillet-septembre.  
    Le cru du troisième trimestre devrait confirmer le dynamisme
des profits, avec une croissance attendue à 21,6% sur un an pour
les sociétés composant le Standard & Poor's 500  .SPX  et à
13,9% pour celles du Stoxx 600  .STOXX  européen selon les
dernières données Refinitiv, tirée avant tout par le secteur
pétrolier. 
    Mais surtout, les présentations de trimestriels seront pour
beaucoup d'entreprises l'occasion de présenter pour la première
fois des prévisions chiffrées pour l'année prochaine. 
    Côté américain, le marché décortiquera vendredi les comptes
de trois des principales banques des Etats-Unis, Citigroup
 C.N , JPMorgan Chase  JPM.N  et Wells Fargo  WFC.N . 
    En Europe, c'est LVMH  LVMH.PA , le numéro un mondial du
luxe, qui ouvrira le bal en publiant son chiffre d'affaires
trimestriel mardi soir. Il sera attendu notamment sur
l'évolution des ventes en Chine, un marché clé pour le secteur,
qui suscite régulièrement des inquiétudes.  
    Au-delà, note Gilles Guibout, responsable des actions
européennes chez AXA IM, "sur le plan économique, les
investisseurs vont commencer à se projeter sur 2019, tant sur
les évolutions d'inflation compte tenu d'un marché du travail
tendu aux Etats-Unis, que sur la vigueur de la croissance et de
la politique monétaire".  
    "Aussi, même si la baisse récente des marchés a permis de
retrouver des niveaux de valorisations plus acceptables, il est
difficile d'imaginer un rebond significatif à ce stade",
ajoute-t-il.
    
    Voir aussi: 
    *GRAPHES-La croissance US s'emballe, l'inversion de la
courbe oubliée  
    * GESTION-Flux-Les actions européennes toujours boudées,
l'Italie pèse-BAML  
    

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
Semaine record pour les rendements obligataires    https://reut.rs/2OFE0M4
L'écart de rendement entre les emprunts italiens et allemand au
plus haut depuis cinq ans    https://reut.rs/2P0x61a
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Edité par Blandine Hénault)
 

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