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POINT HEBDO-Les risques politique et commercial préparent les marchés à un été incertain
Reuters04/06/2018 à 07:00

 (Répétition sans changement d'une dépêche diffusée vendredi)
    * Semaine volatile avec les développements politiques en
Italie
    * Des incertitudes demeurent après l'accord de gouvernement
à Rome
    * Le Stoxx et le CAC 40 ont terminé le mois de mai dans le
rouge
    * Les tensions commerciales restent fortes
    * Les doutes sur la croissance aussi

    par Blandine Henault
    PARIS, 4 juin (Reuters) - Les turbulences politiques
italiennes et les nouvelles tensions sur le commerce
international ont mis à mal le rally printanier des actions
européennes au moment même où les interrogations vont
croissantes sur le cycle économique. 
    L'approfondissement de la crise en Italie avec l'échec de la
première tentative de gouvernement de coalition entre le
populiste Mouvement Cinq Etoiles (M5S) et la Ligue d'extrême
droite, a provoqué un brutal regain d'aversion au risque sur les
marchés, qui avaient fait montre jusque là d'une relative
complaisance face au risque politique dans la péninsule.
    Le dénouement inattendu qui a suivi, le M5S et la Ligue
étant finalement parvenus à former un gouvernement, éloigne
certes la perspective de nouvelles élections législatives
redoutée par les investisseurs mais ne lève pas toutes les
incertitudes.
    "Restent deux questions majeures pour les marchés: dans
quelle mesure les propos de campagnes se traduiront dans les
décisions ? Pour les marchés on pense surtout aux décisions en
termes de trajectoire budgétaire. (...) Combien de temps peut
durer un tel gouvernement ?", relève Stéphane Déo, stratège chez
LBPAM. 
    Les rendements de la dette italienne se sont littéralement
envolés avant que l'annonce de la formation d'un gouvernement ne
provoque un soulagement perceptible. 
    Celui des emprunts d'Etat italiens à dix ans est
pratiquement revenu vendredi à ces niveaux du début de la
semaine, autour de 2,6%, après une poussée à 3,388%, un plus
haut de cinq ans.
  
    

    UN MOIS DE MAI DANS LE ROUGE
    Sur les Bourses, le risque politique italien est allé
jusqu'à faire trembler Wall Street, dont les banques ont connu
une journée noire mardi sur fond de baisse des rendements
obligataires américains.
    En Europe, le Stoxx 600 a clos le mois de mai, entamé en
fanfare, sur un repli de 0,59%. Le CAC 40 a pour sa part reculé
de 2,21% le mois dernier, un scénario improbable encore début
mai, lorsque l'indice avait touché un plus haut depuis décembre
2007.
    
    
    Malgré l'accalmie observée en fin de semaine sur le front
italien, les marchés ont par ailleurs été rattrapés par le
dossier persistant des tensions commerciales, avec le
durcissement de ton de Washington.
    Les Etats-Unis ont décidé d'instaurer dès le 1er juin des
droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium
importés aux Etats-Unis par l'Union européenne, le Canada et le
Mexique. 
    Les trois partenaires, qui avaient jusque là profité
d'exemptions, ont tour à tour annoncé des mesures de
représailles, alimentant les craintes de guerre commerciale.
 
    "On peut évidemment se rassurer en disant que tout ceci a
déjà été pris en compte (...). Il n'empêche qu'on ne peut pas à
la fois faire preuve de vigilance face à des indicateurs
conjoncturels décevants et s'interroger sur le moment de la fin
de la phase haussière du cycle et ne pas être alors préoccupé
par les développements à même de renforcer ces interrogations",
pointe Hervé Goulletquer, chez LBPAM. 
    Car si les risques politique et commercial ont dominé ces
derniers jours, les interrogations des investisseurs sur le
ralentissement perceptible de l'économie n'ont pas cessé pour
autant. 
    
    RALENTISSEMENT OU FIN DE CYCLE ?
    La croissance du produit intérieur brut des Etats-Unis a
ainsi été annoncée encore plus faible que prévu au premier
trimestre, à 2,2% en rythme annualisé, contre 2,3% en première
estimation.   
    Les chiffres révisés du PIB de zone euro sur la même période
ne seront connus que jeudi mais l'estimation initiale, à +0,4%
par rapport au trimestre précédent, fait déjà ressortir un
tassement de l'activité. 
    De son côté, l'OCDE a légèrement réduit sa prévision pour la
croissance de l'économie mondiale en 2018 en raison du
ralentissement intervenu en début d'année.  
    Il reste à savoir si ce ralentissement est temporaire, comme
le pense l'OCDE et comme le suggèrent les récents indicateurs
aux Etats-Unis, ou s'il s'agit des premiers signes d'un
retournement durable du cycle économique.  
    "La question majeure pour les six prochains mois sera la
macroéconomie", prévient ainsi Didier Saint-Georges, membre du
comité d'investissement de Carmignac.
    "Beaucoup d'indicateurs convergent vers l'idée que l'on est
en haut de cycle. Aux Etats-Unis, l'investissement n'accélère
pas et la consommation ralentit en dépit des mesures de
l'administration Trump. Les derniers PIB et PMI en Europe n'ont
pas été très bons et la Chine ralentit, de façon délibérée
certes, mais il s'agit d'un ralentissement tout de même". 
    
     POUSSÉE INFLATIONNISTE 
     "Le principal risque est que le marché soit déçu par la
croissance au second semestre", avertit Didier Saint-Georges.
    Un tel scénario dans le contexte des incertitudes entourant
la politique en Italie risque d'être dangereux, estime le
gérant. 
    "Si le ralentissement se confirme, les pays les plus
fragiles et les plus faibles sont ceux qui souffriront le plus
sur le marché de la dette. L'Italie, qui n'a toujours pas
retrouvé son niveau de PIB d'avant la crise, est fragile de ce
point de vue là, quel que soit le gouvernement". 
    D'autant que les banques centrales risquent de ne pas être
d'un grand secours en cas de ralentissement, car elles sont loin
d'avoir reconstitué leurs marges de manoeuvre. 
    La poussée inflationniste observée en mai, aussi bien en
zone euro qu'aux Etats-Unis, pourrait certes leur donner des
arguments pour accentuer leur resserrement monétaire.
    Outre-Atlantique, l'indice "core" PCE des prix à la
consommation - une des mesures d'inflation favorites de la
Réserve fédérale - a augmenté de 0,2% sur un mois, contre +0,1%
attendu.
    Et la publication du rapport mensuel sur l'emploi aux
Etats-Unis a montré une accélération plus forte que prévu de la
hausse du salaire horaire moyen, qui a atteint 0,3% en mai.
 
    En zone euro, l'inflation a augmenté nettement plus que
prévu le mois dernier, tirée notamment par la hausse des cours
du pétrole. Elle est ressortie à 1,9% en rythme annuel, contre
1,2% en avril.  
    "Il est possible que, d'ici l'été, il y ait des chiffres
d'inflation élevés un peu partout, ce qui ne donnera pas la
possibilité de se mettre sur l'obligataire. Il n'y aura donc pas
de solution toute simple alors qu'on aura difficilement un
consensus du marché sur la prochaine phase du cycle", relève
Didier Saint-Georges. 
    "Si on est vraiment sur un point d'inflexion du cycle, la
période estivale risque d'être inconfortable", avertit le
gérant.
    
    Voir aussi: 
    *ENQUÊTE-La part des actions dans les portefeuilles au plus
bas depuis 9 mois  
    *ENQUÊTE-Les actions européennes devraient clore 2018 juste
au-dessus du pic de janvier  
    *ENQUÊTE-Wall Street devrait repartir de l'avant, hausse
attendue en 2018  
        

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
Le rally printanier des Bourses européennes mis à mal    https://reut.rs/2Jjzwbz
Le spread Italie-Allemagne au plus haut depuis 2013    https://reut.rs/2L9wjbN
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Édité par Marc Angrand)
 

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