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POINT HEBDO-Les résultats offrent un fragile soutien à des marchés nerveux
Reuters19/10/2018 à 13:16

    * Les marchés d'actions relèvent un peu la tête
    * Les comptes des entreprises plutôt bien accueillis
    * Le ton de la Fed se fait moins accommodant
    * La BCE pourrait évoquer ses réinvestissements
    * Le ralentissement de la croissance chinoise se confirme
    * La note souveraine de l'Italie menacée de dégradation

    par Patrick Vignal
    PARIS, 19 octobre (Reuters) - La saison des résultats
trimestriels qui bat son plein confirme la relative bonne santé
des entreprises et apporte un équilibre précaire à des marchés
inquiets face à la montée des risques politiques et aux effets
sur le crédit du resserrement monétaire des grandes banques
centrales.
    Des publications jugées satisfaisantes dans l'ensemble,
malgré quelques avertissements, ont permis aux Bourses de
relever timidement la tête ces derniers jours, en Europe comme
aux Etats-Unis, au sortir d'une semaine précédente marquée par
un net repli des actifs risqués.
    "Les bénéfices des entreprises sont résistants depuis le
début de l'année et les prévisions de résultats annuels
apparaissent plus solides que les années précédentes", écrit
dans une note Emmanuel Cau, analyste actions européennes chez
Barclays.
    "Cela contraste avec le fait que les actions européennes
sont en repli de 8% (depuis le début de l'année), leur plus
mauvaise performance depuis 2011, et avec le moral en berne des
investisseurs", ajoute-t-il.
    Pour les analystes de BNP Paribas, les replis récents des
marchés d'actions n'annoncent pas un retournement du marché et
la bonne santé de l'économie américaine devrait continuer de
soutenir les bénéfices des entreprises, ce qui ferait plus que
compenser la hausse du taux des Treasuries à 10 ans, au moins à
court terme.
    Les indices paraissent leur donner raison puisque le Stoxx
600 européen s'oriente vers une légère progression hebdomadaire
tandis que le S&P-500 de Wall Street devrait finir à peu près à
l'équilibre. Ces deux indices avaient perdu chacun plus de 4% la
semaine précédente, qui avait vu en outre le Nasdaq composite
 .IXIC  frôler la correction. 
    Les raisons à l'origine du repli observé lors de la deuxième
semaine d'octobre n'ont cependant pas disparu: les tensions
commerciales sont toujours là, les négociations sur le Brexit
continuent de patiner et l'Italie pourrait voir dans les jours
qui viennent sa note souveraine dégradée par deux agences de
notation.    
    Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a défendu
jeudi le "beau" budget 2019 préparé par son gouvernement,
balayant les critiques de Bruxelles, qui fait monter la pression
sur Rome pour obtenir la modification d'un projet qu'elle juge
non conforme aux règles européennes.  
    
    LA LIQUIDITÉ BAISSE
    Autre élément, et non des moindres, pesant sur les marchés,
la politique plus restrictive de la Réserve fédérale américaine,
dont les effets se font de plus en plus sentir. Les "minutes" de
la réunion monétaire de septembre, publiées mercredi, ont montré
que les responsables de la banque centrale américaine restaient
unis autour de la nécessité de continuer à augmenter le coût du
crédit, n'en déplaise à Donald Trump.  
    Il n'en fallait pas plus au rendement des emprunts d'Etat
américains à 10 ans  US10YT=RR , dont la tendance à accélérer
est l'une des plus vives sources d'inquiétudes actuellement sur
les marchés, pour repasser 3,2%.
    Même si les risques politiques restent bien présents, la
baisse de la liquidité résultant du resserrement monétaire est
la principale menace pour les marchés dans les prochains mois,
estime Christopher Dembik, responsable de l'analyse
macroéconomique chez Saxo Banque.
    Le reflux de la liquidité, notamment en dollars, est à
l'origine de la plupart des crises économiques et cette
liquidité chute de manière importante, voire inquiétante,
souligne-t-il.
    "C'est un signe a minima que le cycle de crédit se renverse,
avec des chocs de plus en plus réguliers sur les marchés et une
remontée de la volatilité", analyse-t-il.
    Dans ce contexte, la réunion monétaire de la Banque centrale
européenne (BCE), jeudi, sera très surveillée avec, peut-être,
des annonces sur le réinvestissement du produit des emprunts
arrivant à échéance, sujet extrêmement sensible pour le marché
obligataire au moment où l'institution de Francfort s'apprête à
arrêter ses rachats massifs de dette.
    Cette journée de jeudi sera par ailleurs l'une des plus
chargées de la semaine en matière de résultats avec notamment
ceux d'Alphabet  GOOGL.O , Amazon  AMZN.O  et Intel  INTC.O ,
trois fleurons de ces géants de la technologie dont les
valorisations stratosphériques ont de quoi faire peur.
    
    LA CHINE PRÊTE À ASSOUPLIR DAVANTAGE
    L'agenda des entreprises est lourd en Europe également avec
au menu les comptes de grandes banques comme UBS  UBSG.S ,
mardi, puis Deutsche Bank  DBKGn.DE  et Barclays  BARC.L , le
lendemain.
    Du côté de la macroéconomie, les investisseurs suivront,
mercredi, les résultats des dernières enquêtes auprès des
directeurs d'achat (PMI) sur l'activité du secteur privé dans
les économies de la zone euro, excellent baromètre de
l'évolution du produit intérieur brut (PIB).
    Outre-Atlantique, il faudra attendre vendredi pour prendre
connaissance de la première estimation du PIB des Etats-Unis
pour le troisième trimestre. Les économistes interrogés par
Reuters attendent une croissance de 3,3% en rythme annuel, après
+4,2% au deuxième trimestre. 
    De quoi, peut-être, nourrir la hausse de dollar et accentuer
la pression sur les pays émergents et leur devise. 
    Le rapport sur les politiques de change des partenaires
commerciaux des Etats-Unis, publié mercredi dernier par le
Trésor américain, s'abstient d'accuser formellement la Chine de
manipuler le yuan, une démarche logique pour une administration
qui privilégie l'arme des droits de douane pour tenter
d'influencer la politique commerciale de Pékin.  
    Avec le repli de sa devise, les frictions avec Washington,
le ralentissement de sa croissance qui se confirme et un lourd
endettement qu'elle tente de maîtriser, la Chine a bien des
soucis que les autorités parviennent tant bien que mal à
atténuer par des mesures de stimulation.  
    "Une relance chinoise se met en place mais elle n'est
toutefois pas suffisante pour effacer les effets de la
normalisation monétaire dans les pays développés", juge
Christopher Dembik (Saxo Banque).
    "Rien n'indique une récession dans les six prochains mois,
notamment grâce au relais chinois, mais il faut s'attendre à
davantage de volatilité, ce qui nécessite des ajustements de la
part des investisseurs et crée des remous sur les marchés",
ajoute-t-il.
    
    Voir aussi :
    ANALYSE-Dette-Gare au réveil en sursaut pour l'Italie
 
    ENTRETIEN MARCHÉS-L'Italie ne mérite pas une dette en
"junk"-Muzinich  
    

 (édité par Blandine Hénault)
 

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Cette analyse a été élaborée par Reuters et diffusée par BOURSORAMA le 19/10/2018 à 13:16:10.

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