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POINT HEBDO-Les marchés rejouent le scénario à suspense d'une correction
information fournie par Reuters12/10/2018 à 12:40

    * Les Bourses mondiales ont chuté et s'approchent d'une
correction
    * La hausse des taux longs explique ce mouvement, comme en
février
    * D'autres risques pèsent aussi : commerce, émergents,
Italie
    * Le PIB chinois du T3 attendu vendredi, craintes sur
l'économie
    * Les résultats des entreprises seront-ils un soutien ?

    par Blandine Henault
    PARIS, 12 octobre (Reuters) - Les investisseurs doivent-ils
se préparer à un "remake" du scénario de début d'année sur les
marchés ? De la même façon que début février, la soudaine
remontée des taux longs américains a provoqué un vif mouvement
d'aversion au risque et les Bourses mondiales ne sont plus très
loin d'une correction. 
    Mais contrairement aux turbulences accusées en début
d'année, les facteurs de risque sont aujourd'hui multiples, à
commencer par les tensions commerciales qui mettent notamment
sous pression une économie chinoise déjà en phase de
ralentissement. 
    Si, au printemps, les Bourses avaient pu repartir de
l'avant, le scénario pourrait différer cette fois-ci.
    En dépit d'un léger répit vendredi, l'indice MCSI ACWI (All
Country World Index)  .MIWD00000PUS , qui regroupe 47 marchés
développés et émergents, s'achemine vers un repli hebdomadaire
de l'ordre de 4,5%, le plus important depuis début février. 
    Le mouvement d'aversion au risque n'a épargné aucune région:
sur la semaine, l'indice large américain S&P 500  .SPX  tend
vers un recul de l'ordre de 4% à 5%, l'indice paneuropéen Stoxx
600  .STOXX  abandonne près de 4% et le CSI 300  .CSI  des
grandes capitalisations de Chine continentale a cédé 7,8%. 
    Au plus fort de la baisse, le S&P 500 accusait un repli de
7,5% par rapport à son pic historique en clôture du 20
septembre, non loin du seuil de 10% de baisse qui caractérise
généralement une correction sur les marchés. 
    Les secteurs les mieux valorisés, que ce soit la technologie
aux Etats-Unis ou le luxe en Europe, ont été les premiers à
souffrir. 
    Le mouvement de vente sur les actions, qui a débuté début
octobre pour s'accélérer cette semaine, est lié à la soudaine et
vive remontée des rendements des emprunts d'Etat américains
alimentée par de solides indicateurs conjoncturels aux
Etats-Unis et l'optimisme affiché par la Réserve fédérale sur
l'économie américaine.
    Le taux américain à dix ans est passé de 2,8% fin août à un
pic de 3,261% mercredi, un plus haut depuis mai 2011. 
    La baisse des Bourses rappelle ainsi ce qui s'est passé fin
janvier et début février, lorsque les indices actions avaient
chuté de leur plus hauts en réaction à la remontée des taux
longs.
    "Pour mémoire, le taux du 10 ans avait également pris 40
points de base en janvier, un élément déclencheur de la
correction observée en février sur les marchés, avant de se
stabiliser pour six mois", observe Mark Haefele, directeur des
investissements d'UBS Wealth Management.
     
    
    A l'époque, le S&P 500 avait perdu jusqu'à 11,8% en dix
séances... pour mieux repartir de l'avant ensuite et toucher fin
septembre un nouveau plus haut historique, 2% au-dessus du
record atteint fin janvier.
    L'indice américain aura-t-il la même capacité à rebondir ?
"A chaque fois que l'on se rapproche d'une correction, le marché
rebondit. Ce qui est différent aujourd'hui, c'est que le
rendement des Treasuries à dix ans est beaucoup plus haut",
pointe Trip Miller, chez Gullane Capital Partners.
    Les investisseurs redoutent que cette hausse des taux longs
ne vienne saper l'économie réelle par le biais d'une hausse des
coûts d'emprunts qui freinerait la consommation, principal
moteur de la croissance américaine.
    Autre différence avec le début d'année, les facteurs de
risque sur les marchés se sont multipliés avec les difficultés
de certains pays émergents, les turbulences politiques en Europe
autour de l'Italie et du Brexit et surtout les tensions
commerciales et leur éventuel impact sur la croissance mondiale,
mis en exergue cette semaine par le Fonds monétaire
international (FMI).
    
    CRAINTES SUR LA CROISSANCE CHINOISE
    Le FMI a ramené à 3,7% ses prévisions de croissance mondiale
pour 2018 et 2019, contre une progression de 3,9% attendue
encore en juillet.  
    Si la maturité du cycle économique américain pose question,
les craintes se concentrent surtout sur la Chine. 
    Pékin tente actuellement d'encadrer au mieux le
ralentissement de son activité économique, lié à un changement
structurel d'une économie centrée sur l'industrie à une activité
tournée vers les services, mais le différend commercial avec les
Etats-Unis fait craindre un atterrissage plus brutal que prévu.
    Les chiffres du produit intérieur brut (PIB) chinois,
attendus vendredi prochain, seront donc suivis avec une grande
attention. Les économistes interrogés par Reuters tablent sur
une croissance de 6,6% au troisième trimestre en rythme annuel,
après 6,7% au deuxième.
    Les tensions entre Pékin et Washington pourraient aussi
s'intensifier avec la parution, attendue lundi, du rapport du
Trésor américain sur les politiques macroéconomiques et de
changes des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis.
Elle pourrait fournir à l'administration Trump l'occasion de
dénoncer à nouveau une manipulation par la Chine de son taux de
change afin de contrer la récente hausse des droits de douane
américains.
    Aux Etats-Unis, les investisseurs prendront connaissance
mercredi du compte rendu de la dernière réunion de politique
monétaire de la Fed, qui devrait montrer une fois encore
l'optimisme des responsables de la banque centrale américaine
sur la croissance.
    Les indices d'activité "Empire State" (lundi) et "Philly
Fed" (jeudi) ainsi que les chiffres de la production
industrielle (mardi) sont aussi susceptibles de faire réagir le
marché obligataire américain, et a fortiori les actions.
    
    LES PERSPECTIVES DES SOCIÉTÉS SUIVIES DE PRÈS
    Face aux tensions actuelles, certains économistes tentent de
relativiser.
    A 3,2%, le taux américain à dix ans est toujours bien
en-dessous de la prévision du marché d'une croissance nominale
du PIB américain entre 4% et 5% en rythme annuel jusqu'à la fin
2020, indique Kallum Pickering, économiste chez Berenberg.
    "Sur une grande partie de 2018, les marchés se sont
concentrés sur les risques liés à l'aplatissement de la courbe
des taux", annonciatrice par le passé d'une récession
économique.
    "Maintenant que le taux à dix ans monte (...), les marchés
s'inquiètent de la possibilité que la hausse des taux ralentisse
la croissance. Les deux risques ne peuvent être vrais en même
temps", indique l'économiste.
    "Il est probable qu'aucun de ces risques ne se révèle
particulièrement pertinent", conclut-il.
    Les derniers chiffres d'inflation aux Etats-Unis, ressortis
légèrement inférieurs aux attentes, ne militent pas non plus en
faveur d'une poussée inflationniste qui obligerait la Fed à
accélérer son resserrement monétaire.
    "Ce qui n'a pas changé sur la semaine passée, c'est la
solidité des fondamentaux de l'économie américaine et des
bénéfices des entreprises", pointe également Mark Haefele, chez
UBS.
    La saison des publications de résultats du troisième
trimestre, qui débute ce vendredi avec les grandes banques
américaines, doit monter en puissance au cours des prochaines
semaines. Les annonces de Bank of America  BA.N , Goldman Sachs
 GS.N , Morgan Stanley  MS.N , Netflix  NFLX.O  ou encore IBM
 IBM.N  sont notamment attendues dans les prochains jours.
    Au global, les analystes attendent une hausse de 21,3% des
bénéfices par action des sociétés du S&P 500 au troisième
trimestre par rapport à la même période de l'an dernier, selon
le consensus établi par I/B/E/S Refinitiv.
    Mais les investisseurs devraient surtout être attentifs aux
perspectives et discours des dirigeants d'entreprises pour la
fin d'année et 2019. Un élément essentiel pour déterminer de
quel soutien les marchés d'actions pourront bénéficier dans les
semaines et les mois à venir.
    
    VOIR AUSSI:
    3 QUESTIONS À-Lombard Odier IM-Ni l'inflation, ni Trump ne
changent la donne pour la Fed  
    GRAPHES-USA-Les anticipations d'inflation ne valident pas la
hausse des taux  
    

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
Nouvelle séquence de tensions sur les taux et les actions    https://reut.rs/2Oit6N4
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Edité par Marc Angrand)
 

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