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POINT HEBDO-Entre records et risques, le drôle de cocktail de l'été
Reuters24/08/2018 à 16:44

Pas d'eurphorie sur les marchés européens à l'issue du discours du président de la Fed. Le CAC40 cloture vendredi soir en légère hausse de 0,24% à 5432 pts.

  * Le S&P 500 au plus haut, 3.455e jour sans krach à Wall
Street
    * L'été marqué par la divergence USA-Europe et la crise
turque
    * Commerce, Chine et Italie, principaux risques des mois à
venir

    par Marc Angrand
    PARIS, 24 août (Reuters) - Ni meurtrier ni en pente douce,
l'été 2018, sur les marchés, a été marqué à la fois par les
records inscrits à Wall Street et par de multiples foyers de
tensions, de la montée des barrières douanières aux finances
publiques italiennes en passant par la chute de la livre turque.
Autant de dossiers chauds pour la rentrée des investisseurs. 
    L'indice Standard & Poor's 500  .SPX  a inscrit un nouveau
record mardi à 2.873,23 points, dépassant enfin son pic de fin
janvier. Le lendemain, la Bourse de New York enregistrait son
3.453e jour de "bull market" (marché haussier, défini comme une
phase sans chute de 20% par rapport au pic) une durée sans
précédent.
    La santé éclatante de Wall Street doit évidemment beaucoup à
la vigueur de la croissance économique aux Etats-Unis (4,1% en
rythme annualisé au deuxième trimestre) et à l'envolée des
résultats des sociétés cotées (+24,7% sur un an pour les
bénéfices au dernier pointage, +9,4% pour les chiffres
d'affaires). 
    Plus étonnant, elle ne semble pas affectée par la guerre
commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine, ni par
les inquiétudes pour la solidité de la présidence Trump,
nourries ces derniers jours par les déboires judiciaires de deux
ex-proches du milliardaire.  
    Les marchés américains ont ainsi profité de la période
juillet-août pour creuser l'écart avec l'Europe: le S&P affiche
aujourd'hui une hausse de près de 7% depuis le début de l'année
alors que le Stoxx 600  .STOXX  européen cède 1,5%.
    Wall Street reste donc la destination favorite de nombreux
investisseurs. Mais l'Europe n'est pas pour autant délaissée,
comme le souligne Barclays dans une note récente en mettant en
avant "la stabilisation de la croissance, la résilience des
bénéfices, l'amélioration des éléments techniques des marchés et
des changes favorables".
    Aux Etats-Unis, les marchés surveilleront dans les prochains
jours la deuxième estimation du produit intérieur brut (PIB)
américain, mercredi, les statistiques mensuelles des revenus et
dépenses des ménages, le lendemain, et les indices d'activité de
Chicago et du Michigan vendredi. 
    En Europe, la semaine sera marquée par l'indice Ifo d'août
(lundi) et par les premiers chiffres de l'inflation en Allemagne
(jeudi) et dans l'ensemble de la zone euro (vendredi).
    
    DOUTES SUR LE COMMERCE ET LA CROISSANCE CHINOISE
    Point positif pour les investisseurs: l'horizon de court
terme en matière de politique monétaire semble dégagé.
    Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a
déclaré vendredi lors du symposium de Jackson Hole que la hausse
continue des taux d'intérêt était le meilleur moyen de préserver
la dynamique de l'économie américaine, confortant ainsi le
scénario de deux relèvements supplémentaires d'ici à fin
décembre.  
    Du côté de la zone euro, le compte rendu de la dernière
réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne
ne remet pas en cause le scénario de sortie très progressive de
sa politique ultra-accommodante, même s'il souligne les risques
liées à la montée des barrières douanières, 
    Pour la Chine, la donne s'annonce plus délicate, à cause des
tensions commerciales et de la baisse du yuan. L'absence
d'avancées dans les négociations entre Pékin et Washington
laisse planer la menace d'une extension des droits de douane
américains à 200 milliards de dollars de produits chinois
importés aux Etats-Unis, avec une probable riposte chinoise de
grande ampleur. 
    Et ces tensions tombent mal pour la deuxième économie
mondiale, engagée dans une phase de rééquilibrage de sa
croissance et de réduction des niveaux d'endettement. 
    "La question de savoir si les pressions sur la Chine se
répercuteront ou non sur les marchés mondiaux, comme ce fut le
cas en 2015-2016, constituera l'un des problèmes les plus
critiques pour les investisseurs mondiaux au cours des prochains
mois", prévient Mark Haefele, directeur des investissement d'UBS
Global Wealth Management. 
    
    LES NOTES SOUVERAINES ITALIENNES MENACÉES
    Le risque turc est lui aussi appelé à persister: si les
célébrations de l'Aïd el Kébir ont assuré ces derniers jours un
répit bienvenu aux marchés locaux, aucun des problèmes
structurels à l'origine de la chute de la livre (-24% depuis le
début du mois face au dollar  TRYTOM=D3 ) n'est réglé.
    Consolation pour les investisseurs: même si d'autres
monnaies de pays émergents accusant d'importants déficits
courants ont souffert, comme le rouble russe ou la roupie
indienne, le risque de contagion à grande échelle de la crise
turque est jugé limité.
    "Le cas de la Turquie n'est pas systémique, le poids de
l'économie du pays n'est que de 1% dans le monde", résume Jean
-Marie Mercadal, directeur général délégué en charge des
gestions chez OFI Asset Management. 
    L'indice MSCI des marchés émergents  .MSCIEF  a limité son
repli à 3,7% depuis le début du mois mais au plus bas, sa baisse
depuis le pic de janvier a dépassé 20%, ce qui représente quand
même une perte de capitalisation de près de 1.000 milliards de
dollars.
    
    
    
    Du côté des marchés développés, le risque le plus clairement
identifié se trouve en Italie, soulignent plusieurs économistes
et stratèges, qui voient dans les incertitudes liées à la
politique du gouvernement Conte l'un des principaux facteurs
potentiels d'instabilité financière à court terme. 
    Rome devra en effet présenter d'ici un mois ses nouvelles
prévisions macroéconomiques, sur lesquelles il rédigera un
projet de budget 2019. Et l'un des membres du gouvernement a
déjà évoqué la possibilité que le déficit public dépasse 3% du
PIB l'an prochain  , ce qui augure mal des
discussions avec la Commission européenne.
    Fitch Ratings doit rendre sa décision sur la note souveraine
italienne vendredi prochain, tandis que Moody's a choisi de
reporter la sienne au mois d'octobre. 
    Or, rappelle Société générale, "Moody's est l'agence de
notation la plus négative sur les obligations d'Etat de la zone
euro dans leur ensemble".
    "Il est très probable qu'elle dégrade l'Italie en octobre;
reste à savoir de combien et avec quelle perspective." Une
interrogation qui risque d'entretenir la fébrilité sur le marché
obligataire et les valeurs bancaires de la péninsule. 
    Reflet de cette inquiétude, le rendement à dix ans italien
 IT10YT=RR , qui était retombé sous 2,5% mi-juillet après un pic
à près de 3,4% en mai, a repassé le seuil de 3% ces derniers
jours. Parallèlement, l'indice boursier des banques italiennes
 .FTIT8300  est revenu à son niveau de mars 2017. 
        

    
 (Edité par Patrick Vignal)
 

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Index Ex -0.15%
DJ STOXX +0.12%

Cette analyse a été élaborée par Reuters et diffusée par BOURSORAMA le 24/08/2018 à 16:44:07.

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