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Pas de signes d'une accélération de la croissance mondiale

Reuters23/07/2015 à 17:21

SEULE LA RÉSERVE FÉDÉRALE AMÉRICAINE SERAIT PRÊTE À RELÈVER SES TAUX DIRECTEURS

par Rahul Karunakar et Ross Finley

(Reuters) - En l'absence de signes d'une accélération de la croissance et de l'inflation à l'échelle mondiale, la plupart des banques centrales continuent de maintenir une politique monétaire accommodante voire de l'assouplir, contrastant avec la Réserve fédérale américaine qui s'apprête à décider d'un relèvement de ses taux directeurs pour la première fois en près d'une décennie.

Le biais reste accommodant de la Chine au Canada dans un contexte de faiblesse de l'économie mondiale à quelques exceptions près comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne malgré des prix du pétrole et des taux d'intérêt à long terme historiquement bas, des marché boursiers et des prix de l'immobilier dans l'ensemble à la hausse.

Des enquêtes conduites par Reuters auprès d'environ 500 économistes à travers le monde montrent une stabilité voire de légères révisions en baisse de leurs prévisions de croissance et des anticipations d'inflation un peu plus faibles dans la plupart des pays.

A l'exception des premiers signes d'inflation salariale aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, où les taux de chômage sont proches de leur niveau au pic du cycle économique, les seules manifestations d'inflation restent circonscrites à quelques pays particuliers sans risque de contagion.

"Dans l'ensemble, il y a peu de signes que l'économie mondiale est prête pour un décollage : les progrès réalisés dans une zone sont compensés par un recul ailleurs, une conséquence probable de la guerre des changes", a relevé Stephen King, économiste en chef chez HSBC.

"En tant que telle, l'économie mondiale demeure dans une situation fragile, mal préparée à faire face à de futurs chocs négatifs."

Les banques centrales ont spectaculairement modifié la tonalité de leur discours au cours de l'année écoulée, des pays scandinaves, à la zone euro en passant par la Chine et même les Etats-Unis, faisant désormais référence explicitement ou non à l'optimisation du taux de change dans la conduite de la politique monétaire.

COURSE A L'ASSOUPLISSEMENT MONETAIRE

Cela a poussé la quasi-totalité des pays à privilégier l'affaiblissement de leur monnaie pour tenter de soutenir leur croissance par les exportations au risque de se neutraliser.

Alors que les taux d'intérêt sont proches voire inférieurs à zéro dans la plupart des économies développées, il est anticipé que les banques centrales des grandes économies émergentes comme la Chine ou l'Inde poursuivent un mouvement d'assouplissement monétaire déjà bien entamé cette année.

La Banque du Canada a surpris les marchés la semaine dernière en abaissant son taux directeur de 50 points de base et la banque centrale néo-zélandaise a réduit le sien jeudi accentuant la pression sur son homologue australienne pour qu'elle fasse de même.

La course à l'assouplissement monétaire que se font cette année près de 40 banques centrales à travers le monde a largement contribué à alimenter la hausse du dollar.

L'économie américaine a dans l'ensemble résisté à l'appréciation de sa devise dont la vigueur a toutefois pénalisé les profits des entreprises et ralenti la remontée de l'inflation en déprimant les prix à l'importation.

Cela n'a pour l'instant pas remis en cause la volonté affichée par la Fed de relever ses taux directeurs.

L'appréciation du dollar a toutefois contribué au passage à vide de l'économie américaine au premier trimestre et le calendrier de la première hausse des taux a déjà été décalé de juin à septembre, un nouveau report de l'échéance n'étant pas exclu par un plus grand nombre d'économistes qu'il y a un mois.

Les inquiétudes sur une rechute de l'économie américaine demeurent réelles et un nombre significatif des quelques 200 économistes interrogés qui ont répondu à une question spécifique sur ce sujet, le considère comme le risque principal des prochains mois.

La majorité d'entre eux estime toutefois que le ralentissement de l'économie chinoise est leur sujet de préoccupation principal.

Même en Grande-Bretagne où une hausse des taux de la Banque d'Angleterre est évoquée depuis pratiquement un an tout en étant sans cesse repoussée, les perspectives restent incertaines.

Le recul inattendu des ventes au détail britanniques au mois de mai est venu rappeler que l'économie britannique, la plus dynamique des grandes économies européennes, n'est peut être pas dans une si bonne forme.

En Amérique latine, les perspectives sont plus claires à défaut d'être meilleures. A de rares exceptions près comme le Mexique, elles sont en effet mauvaises et pires qu'il y a quelques mois.

Toutefois, si la Chine parvient à surmonter le krach boursier qu'elle vient de subir et à orchestrer une reprise de son marché immobilier, une amélioration des perspectives de l'économie mondiale n'est pas exclue.

(avec Bureaux Reuters, Marc Joanny pour le service français, édité par Benoît van Overstraeten)

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