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Pas d'embellie en vue dans le climat des affaires

Reuters22/05/2014 à 14:29

LE CLIMAT DES AFFAIRES

PARIS (Reuters) - Le deuxième trimestre s'annonce encore difficile pour l'économie française après sa stagnation des trois premiers mois de 2014, les entreprises interrogées par l'Insee comme par Markit en mai n'entrevoyant aucune amélioration de la conjoncture.

L'Insee fait état ainsi jeudi d'un climat des affaires globalement stable ce mois-ci en France, toujours en net retrait par rapport à sa moyenne de longue période, avec en outre une légère dégradation dans l'industrie comme dans les services.

Markit fait le même constat avec des indicateurs pour mai qui signalent dans leur version préliminaire une petite contraction de l'activité dans ces deux secteurs après deux mois de croissance.

La médiocrité des chiffres français contraste avec la solidité de ceux de l'Allemagne et de l'ensemble de la zone euro qui, selon Markit, connaît une de ses plus fortes poussées de croissance depuis trois ans.

"Ces indicateurs ne sont pas bons. Il faudra attendre les chiffres de la consommation des ménages et de la production industrielle mais ils n'augurent pas d'une accélération de la croissance au deuxième trimestre", déclare Fabrice Montagne, économiste de la banque Barclays.

L'indicateur global est ressorti à 94, inchangé par rapport à avril, et stagne dans la 94-95 pour le neuvième mois consécutif alors que sa moyenne de long terme se situe à 100. Par secteurs, celui de l'industrie manufacturière a perdu un point à 99. Celui des services, plus dégradé, a reculé de même d'un point à 90.

Dans l'industrie, l'opinion des chefs d'entreprises interrogés par l'Insee est en nette hausse (+8 points) sur leur activité passée, ce qui devrait se traduire par de bons chiffres de production pour avril et mai, souligne Fabrice Montagne.

RECUL DES CARNETS DE COMMANDES

Mais le recul tout aussi net (-7 points) de leurs perspectives personnelles de production est un mauvais signe pour la fin du deuxième trimestre.

L'Insee fait état d'un recul des carnets de commandes globaux, notamment de la demande étrangère, dont les niveaux sont considérés par une majorité d'industriels comme "inférieurs à la normale".

L'ensemble des indicateurs pour les services publiés par l'Insee - activité passée, future, demande attendue, effectifs - sont pour leur part à leur plus bas niveau depuis l'été 2013.

La baisse des carnets de commandes et de la demande étrangère en mai est également constatée par Markit, dont les deux indices d'activité, de l'industrie manufacturière et des services, sont retombés sous la barre des 50 séparant croissance et contraction de l'activité. Selon Jack Kennedy, économiste de Markit, même si le taux de contraction est marginal, les premiers chiffres de mai montrent que la reprise économique française "reste poussive" et qu'elle devrait continuer de décevoir au deuxième trimestre. "L'accélération de la baisse des nouvelles affaires et du recul de l'emploi au cours du mois illustre la persistance du malaise économique, celui-ci rendant fort peu probable l'installation d'une reprise véritable au cours des prochains mois", a-t-il ajouté.

La stagnation du PIB de la France au premier trimestre était due dans une large mesure à des phénomènes temporaires comme la douceur des températures de l'hiver et les achats d'anticipation de fin 2013 motivés par la hausse de la TVA et le durcissement du bonus-malus automobile du 1er janvier.

Un deuxième trimestre médiocre mettrait à mal la prévision d'une croissance de 1% attendue cette année par le gouvernement. "Arriver autour de 1% en 2013 nécessite un net changement de régime pour la croissance" dont les indicateurs publiés jeudi ne sont pas annonciateurs, dit Fabrice Montagne.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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