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Pas d'avancée à Washington pour sortir du "shutdown"
Reuters21/01/2018 à 20:05

    par Susan Cornwell et Howard Schneider 
    WASHINGTON, 21 janvier (Reuters) - Les discussions ont 
repris dimanche à Washington où le chef de file de la majorité 
républicaine du Sénat, Mitch McConnell, entend travailler "aussi 
longtemps qu'il le faudra" pour sortir de l'impasse du 
"shutdown" dans lequel se trouve le gouvernement fédéral depuis 
vendredi minuit. 
    Un an jour pour jour après l'investiture de Donald Trump à 
la Maison blanche, et pour la première fois depuis octobre 2013, 
le gouvernement fédéral américain est officiellement à court 
d'argent, faute d'accord entre républicains et démocrates sur 
une prolongation des financements. 
    Plusieurs centaines de milliers d'agents fédéraux ont été de 
fait mis en congé d'office sans salaire, et des agences et 
institutions fédérales, dont l'emblématique statue de la Liberté 
à New York, ont été fermées. 
    Alors que la Chambre des représentants avait adopté jeudi 
une proposition de loi visant à prolonger le financement du 
gouvernement fédéral jusqu'au 16 février, et éviter ainsi cette 
fermeture partielle, il a manqué dix voix au Sénat pour que le 
texte passe vendredi.   
    Un nouveau vote sur une prolongation réduite des 
financements fédéraux, jusqu'au 8 février seulement, pourrait 
intervenir au Sénat dans la nuit de dimanche à lundi, à 01h00 
(lundi 06h00 GMT), voire plus tôt si les démocrates l'acceptent, 
a dit Mitch McConnell. 
    Si cette proposition passe au Sénat, Paul Ryan, le président 
républicain de la Chambre des représentants, a déclaré dimanche 
que la chambre basse du Congrès serait prête à l'entériner. 
    "Nous nous sommes mis d'accord pour accepter cela à la 
Chambre", a-t-il dit sur CBS. "Nous verrons donc aujourd'hui 
(dimanche) s'ils ont ou non les voix nécessaires au Sénat." 
    Mitch McConnell et Chuck Schumer, président du groupe 
démocrate au Sénat, ont fait savoir qu'ils devraient 
s'entretenir de la crise dans la journée. 
    A ce stade cependant, un déblocage semble improbable: les 
règles en vigueur prévoient une "super majorité" de 60 voix pour 
que le Sénat, où siègent 100 élus, passe outre les possibles 
blocages et adopte un texte lié aux questions budgétaires.     
Le Parti républicain ne dispose que de 51 élus au Sénat. 
    Dimanche sur Twitter, Donald Trump, fragilisé par ce revers, 
a suggéré en cas de poursuite du blocage de supprimer cette 
règle et de passer à la majorité simple. Mais cette "option 
nucléaire" a été presque aussitôt rejetée par Mitch McConnell et 
les républicains.  
     
    ACCUSATIONS CROISÉES 
    Les démocrates insistent pour que tout texte prolongeant le 
financement des dépenses à court terme de l'administration 
fédérale inclue une protection pour les jeunes migrants 
clandestins qui bénéficient pour quelques semaines encore d'un 
programme mis en place par Barack Obama. 
    En vertu de ce programme Daca (Deferred Action for Childhood 
Arrivals), instauré en 2012, près de 700.000 jeunes gens, connus 
sous le nom de "Dreamers", entrés illégalement sur le territoire 
américain avec leurs parents, sont protégés de toute expulsion 
des Etats-Unis et autorisés à travailler légalement. 
    Mais, en septembre dernier, Donald Trump a annoncé la 
suppression du Daca à compter du mois de mars. 
    Cette année étant une année électorale, avec renouvellement 
de la totalité des sièges de la Chambre des représentants et 
d'un tiers des sénateurs en novembre prochain, démocrates et 
républicains s'appliquent à tenter de convaincre l'opinion que 
la responsabilité de ce "shutdown" incombe au camp adversaire. 
    "J'espère que cela ne sera qu'une question d'heures ou de 
jours. Mais il nous faut une réponse substantielle, et la seule 
personne qui puisse nous mener à cela, c'est le président Trump. 
C'est son shutdown", a affirmé Dick Durbin, le numéro 2 du 
groupe démocrate au Sénat, sur CBS. 
    Côté républicain, on pointe un "chantage" exercé par les 
démocrates sur la question des "Dreamers". 
    "Nous ne rouvrirons pas de négociations sur l'immigration 
clandestine tant qu'ils ne rouvriront pas le gouvernement et 
qu'ils ne vous donneront pas à vous, nos soldats, et à vos 
familles, les prestations et les salaires que vous avez gagnés", 
a dit le vice-président, Mike Pence, en tournée au 
Proche-Orient. 
 
    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 
ENCADRE Les effets du "shutdown"      
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^> 
 (avec Ginger Gibson; Benoît Van Overstraeten et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 

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