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Oxfam a renvoyé 22 employés pour agression sexuelle

Reuters31/10/2017 à 16:15
    LONDRES, 31 octobre (Fondation Thomson Reuters) - Vingt-deux 
membres du personnel de l'organisation caritative Oxfam 
soupçonnés de harcèlement sexuel ont été renvoyés au cours de 
l'année écoulée, a annoncé mardi l'ONG, après la publication de 
témoignages dans la presse.  
    Ces révélations surviennent alors que les accusations 
d'agression sexuelle visant le producteur de cinéma américain 
Harvey Weinstein ont incité de nombreuses victimes à témoigner 
via des initiatives telles que #Balancetonporc ou #MeToo. 
  
    Oxfam, qui emploie 5.000 personnes à travers le monde, dit 
avoir traité 87 plaintes pour exploitation ou agression 
sexuelles à l'encontre de ses employés entre avril 2016 et avril 
2017, soit une hausse de 36% par rapport à l'an dernier.  
    "Oxfam traite toutes les affaires d'agression ou 
d'exploitation sexuelle très au sérieux", assure l'ONG dans un 
communiqué, expliquant cette hausse par une amélioration des 
procédures de plainte et de signalement.  
    La fondatrice de la campagne "Report the Abuse", qui lutte 
contre les agressions sexuelles dans les zones humanitaires, 
appelle les donateurs à réfléchir à deux fois avant de financer 
une ONG.  
    "Les donateurs et les services publics doivent se poser plus 
de questions sur les personnes à qui ils donnent des fonds", a 
dit à la Fondation Thomson Reuters Megan Nobert, qui a été 
violée par un de ses collègues alors qu'elle travaillait dans 
une base de la mission de maintien de la paix de l'Onu au Soudan 
du Sud.  
    Les comportements inappropriés sont répandus dans la 
communauté humanitaire, où le sexisme est très présent et les 
hommes se comportement comme des "cowboys", souligne la 
travailleuse humanitaire.  
    La promiscuité dans les zones à risque "crée des situations 
où les lignes sont franchies", ajoute-t-elle.  
    Près d'une travailleuse humanitaire sur deux a déjà subi des 
avances sexuelles ou des attouchements non consentis au moins 
une fois au cours de sa carrière, selon une étude de 2016 
réalisée auprès de 1.000 femmes employées dans 70 ONG.  
    Moins d'un tiers d'entre elles signalent ces incidents à 
leur hiérarchie, généralement de peur que cela n'affecte leur 
carrière. Les autres citent la peur de ne pas être crue, la 
honte ou l'absence de dispositif comme argument.      
 
 (Umberto Bacchi, Arthur Connan pour le service français, édité 
par Jean-Philippe Lefief; Thomson Reuters Foundation est la 
fondation caritative de Thomson Reuters dédiée à la couverture 
des sujets humanitaires et liés aux droits des femmes, à la 
lutte contre la corruption et au changement climatique. http://www.trust.org) 
 

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