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Ossiam : la transition énergétique pousse-t-elle les shareholders à devenir des stakeholders ?
information fournie par AOF19/10/2021 à 16:25

(AOF) - Ossiam a organisé une table ronde consacrée au rôle de la gouvernance sur la mise en œuvre des critères ESG au sein des entreprises. Participaient à cette réunion Claire Waysand, directrice générale adjointe et secrétaire générale d'Engie, Alain Demarolle, président de Proxinvest et Patrick Artus, conseiller économique. En premier lieu, il ressort que l'Europe conserve sur les Etats-Unis une longueur d'avance sur l'E, et plus encore sur le S (droits sociaux plus développés, notamment en France) et le G (la France par exemple à la pointe dans le vote des rémunérations des dirigeants).

Au-delà des critères ESG affichés par les entreprises, les investisseurs exigent que tout soit mis en œuvre pour les atteindre, soulignent les experts.

Engie, dont l'ambition est d'arriver à la neutralité carbone en 2045, suit son empreinte carbone avec transparence en allouant un budget carbone à chaque ligne métier. L'énergéticien a par ailleurs instauré des incitations alignées avec certains de ses objectifs E et S.

" Les investisseurs sont particulièrement vigilants sur deux points précise Alain Demarolle: l'instauration de critères vérifiables de façon indépendante et la cohérence. Pour lui, la réflexion va dans le bon sens, comme le prouve notamment l'irruption des résolutions "say on climate"dans les assemblées générales et l'alignement des rémunérations ".

L'intérêt des actionnaires se confond-il toujours avec le respect de ces critères et de ces normes ESG ? Patrick Artus en doute.

Selon l'économiste, la transition énergétique aura deux effets majeurs. D'une part, imposer des investissements de rentabilité faible qui sont très en dessous des standards de rentabilité du secteur privé. D'autre part, tirer les prix de l'énergie vers le haut.

"Pour préserver le pouvoir d'achat des ménages, l'État n'aura pas d'autres choix que de leur transférer de l'argent, ce qui conduira à une remontée de la fiscalité du capital pendant une vingtaine d'années", prévient l'économiste.

Une analyse battue en brèche par Claire Waysand, qui rappelle la forte hétérogénéité des projets dans le renouvelable et le caractère durable, et donc rentable sur le long terme de l'investissement dans la transition énergétique.

Pour le président de Proxinvest, un meilleur engagement des actionnaires aux assemblées générales mais aussi une meilleure représentation de ces derniers au sein du conseil d'administration iront dans le sens de la bonne gouvernance. Ainsi, l'actionnaire "shareholder" doit devenir partie prenante "stakeholder".

Patrick Artus adopte un point de vue plus contrasté, rappelant que les travaux académiques vont plutôt dans l'autre direction, c'est-à-dire que les "stakeholders" ne soient justement seulement des actionnaires, mais des clients ou des organisations non gouvernementales par exemple, même s'il montre une grande réserve sur cette dernière proposition.

"À la fin du jour, ceux qui investissent, ce sont les actionnaires. C'est donc eux qui ont la légitimité d'être représentés au conseil aux côtés des salariés classiques ou des salariés actionnaires", rappelle pour sa part Claire Waysand.

"Dans le milieu académique, il y a l'idée du bicamérisme, avec une instance qui représente les actionnaires et une autre, les autres parties prenantes. Il faut poursuivre les recherches, creuser à des niveaux très fins grâce aux données extra-financières pour, in fine, formuler les solutions les plus satisfaisantes pour les entreprises comme pour leurs actionnaires", conclut Patrick Artus.

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