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On peut gagner beaucoup d'argent en étant toujours investi si l'on a un processus de gestion rigoureux

Newsmanagers10/02/2010 à 18:00
(NEWSManagers.com) - Newsmanagers : Comment se porte Métropole Gestion ?

Eric Boutchnei : Métropole Gestion va bien. Très bien même. Aujourd'hui, les marchés sont encore très en deçà de leur pic - de l'ordre de 30 % - alors qu'en termes d'encours, nous sommes à 18 % du plus haut atteint. Nous avons significativement collecté sur nos fonds action en 2009. Nous l'avons fait en gagnant des appels d' offres sur des fonds dédiés comme sur nos fonds ouverts. J'ajoute que pas un mois, Métropole Gestion n'a perdu d'argent. Quant à nos fonds propres, ils sont trois plus importants que ce que le régulateur nous impose?

NM : Et qu'en est-il de votre gamme de fonds ?
E.B. : Nous avons sept d'années d'existence et surtout, nous avons vécu un cycle complet de marché. Nous nous sommes créés fin 2002 et avons connu un bas de cycle, puis un haut et à nouveau un bas de cycle? Au terme de cette période l' ensemble de nos fonds, et non pas un seul, ont généré de très fortes surperformances avec une volatilité très inférieure à celle du marché. Nous en tirons une certaine fierté et ce d'autant que nous gérons des fonds actions " purs" . Sur nos fonds actions nous ne faisons pas d' allocation d' actifs contrairement à notre fonds de fonds Métropole Multimanagement Conviction Patrimoine. Cela démontre que l' on peut gagner beaucoup d' argent en étant toujours investi à condition d' avoir un processus de gestion rigoureux et de ne jamais y déroger. Je vous rappelle que nous sommes des gérants " value" . Certes, nous pouvons nous retrouver par moment en décalage par rapport au marché. Cependant tout en vérifiant toujours si nous ne nous sommes pas trompés, nous cherchons en permanence à ne pas nous laisser emporter par la foule boursière et à ne pas entrer dans une bulle comme il y en a régulièrement. Il est important d' apprécier l' investissement action sur un horizon de moyen long terme. La stratégie d' une entreprise ne se définie pas sur trois ou six mois.

NM : Une société de gestion en forme a forcément des idées en matière de développement. Quelles sont-elles ?

E.B. : Nous allons évidemment poursuivre notre développement sur la France et à l'international. Dans ce dernier domaine, nous avons décidé d' ouvrir un bureau de représentation à Francfort en Allemagne le deuxième marché après la France dans la zone euro. Cela fait deux ans que nous regardons l'Allemagne et c'est pour nous un investissement de long terme. Dans la pratique, nous sommes partis d'un constat simple : pour se développer en Allemagne et plus largement, les pays germanophones, il faut y être présent. Ce bureau sera composé de 4 à 5 personnes chargées de commercialiser nos OPCVM en Allemagne, en Suisse germanique et en Autriche.

NM : Quels fonds comptez-vous commercialiser outre-Rhin et quels sont vos objectifs ?

E.B. : Nous disposons naturellement de notre sicav luxembourgeoise composée de six compartiments. Cela étant, si un investisseur veut souscrire un de nos fonds de droit Français, il le pourra également. Nous voulons nous faire connaître, et des fonds comme Métropole Sélection, Métropole France, Métropole Euro, Métropole Frontière Europe et Métropole Convertibles avec leur " track record" nous seront utiles ! Nous ne nous sommes pas fixés d'objectifs en matière d'encours pour 2010. Quant à la clientèle-cible, elle sera celle des investisseurs professionnels: les banques, les gestions privées et les investisseurs institutionnels etc?.

NM : Vous avez lancé un fonds ISR en 2008 et avez même organisé il y a quelques jours une conférence afin de faire connaître ses performances, au dessus du lot (*). En dépit de votre nature de " contrarian" , avez-vous cédé à la mode ISR ?

E.B. : J'aurais tendance à dire que tous les gérants devraient s'intéresser à la gouvernance, la responsabilité sociale ou l'environnement. Pour une raison simple. En cas de défaillances, le risque se porte sur la valorisation du titre ! En fait, l'ISR ne s'est pas imposé à nous. Nous avons formalisé un processus que nous appliquons nous même au sein de la société. Du tri sélectif au sponsoring d'association en faveur de la jeunesse ou de l' éducation et de la culture, nous sommes déjà impliqués dans l'ISR depuis 2003 ! Vous verrez peut-être que dans dix ou quinze ans, ce critère aura gagné tout le marché. Nous avons cependant, dans notre approche de gestion, choisi une politique de " best in class" et de " best in effort" qui correspond mieux au concept pour nous qu'une politique d'exclusions.

NM : Revenons à vos fonds. Pas moins de deux d'entre eux sont investis sur le marché japonais. N'est-ce pas trop pour un marché dont les investisseurs ne sont guère friands ?

E.B. : C'est un fait, le Japon est délaissé par les investisseurs, qui se portent massivement vers les marchés émergents. Il n'empêche malgré tout que beaucoup en reparlent. Pour être franc, je n'ai pas le " timing" sur ce marché, mais je retiens que ce pays est doté d'atouts qu'il me semble important de ne pas négliger. Le japon est le deuxième pays exportateur dans le monde, dont 45 % des exportations sont destinées à l'Asie. La Chine et l'Inde se comportent comme un moteur pour ce pays qui profite également des reprises économiques américaines. En outre, politiquement, le pays bouge dans le bon sens. Nous n'allons pas quitter ce marché. Nous y sommes présents sur le long terme via nos deux fonds?

NM : Quel bilan faîtes-vous de votre récente activité de multigestion et notamment de votre offre à destination des conseillers en gestion de patrimoine indépendants ?
E.B. : Nous avons recruté un spécialiste de la multigestion l'an dernier, mais ce type de gestion a débuté chez Métropole Gestion en 2004. Il s'agissait d'un fonds dédié suffisamment performant pour que nous ayons des demandes de la part de nos clients. Nous avons " clonés" ce fonds pour proposer aux clients qui le souhaitent: Multi Management Actions Europe. A ce dernier nous avons ajouté un fonds de fonds flexibles à vocation patrimoniale. Cette offre est plus naturellement destinée aux Conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) et cela ne se passe pas trop mal? Il pèse 17 millions d'euros, c'est un début, et affiche en 2009 une performance de 13 % pour une volatilité de 6 %.

(*) 0,11 % depuis sa création et 32,35 % en 2009

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