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Nouvelle grève générale au Venezuela

Reuters26/07/2017 à 15:50
 (Actualisé avec début de la grève, citations) 
    CARACAS, 26 juillet (Reuters) - L'opposition au Venezuela a 
lancé mercredi une nouvelle grève générale de 48 heures, pour 
amener le président Nicolas Maduro à renoncer à son projet 
d'assemblée constituante. 
    Le pays a été paralysé une première fois jeudi dernier lors 
d'une grève nationale organisée pour obtenir la tenue d'une 
élection présidentielle anticipée et, dans l'immédiat, l'abandon 
de cette Constituante qui doit être élue dimanche prochain. 
    Le vote, a assuré le président Maduro, qui se présente comme 
le porte-drapeau "d'un socialisme du XXIe siècle", se tiendra 
dimanche comme prévu, en dépit des manifestations quasi 
quotidiennes de l'opposition et de la pression internationale. 
    "On va paralyser le pays à partir de 06h00 (10h00 GMT)", 
promet pour sa part le député d'opposition Juan Requesens. "On a 
déjà montré à Nicolas Maduro et sa clique qu'on ne les aime pas, 
ici au Venezuela ou ailleurs dans le monde." 
    La grève semblait moins suivie que celle de jeudi dernier, 
en particulier dans les quartiers ouvriers et les zones rurales, 
où le gouvernement bénéficie traditionnellement d'un plus fort 
soutien.  
    Beaucoup de Vénézuéliens, quelles que soient leurs opinions 
politiques, s'inquiètent des conséquences de cette nouvelle 
grève pour leur vie quotidienne, dans un pays déjà plongé dans 
une profonde crise économique.  
    "J'ai fermé la semaine dernière mais là, il faut que j'ouvre 
si je veux manger", a déclaré Isabel Fernandez, 36 ans, vendeuse 
de légumes sur le marché du quartier de Catia, à Caracas. 
     
    CHOISIR ENTRE LA GUERRE ET LA PAIX 
    Les entreprises publiques, dont le géant pétrolier PDVSA qui 
récolte 95% des recettes à l'exportation du pays, sont restées 
ouvertes. Les employés du public, 2,8 millions de personnes au 
total, ont interdiction de se mettre en grève.  
    "Qui peut risquer son emploi dans des moments pareils?" 
déclarait Elio Jimenez, âgé de 40 ans, qui travaille dans une 
raffinerie sur la péninsule de Paraguana.  
    Depuis le début des troubles en avril, une centaine de 
personnes sont mortes lors de manifestations de rue, dont cinq 
durant la grève nationale de jeudi dernier. 
    Les détracteurs du chef de l'Etat l'accusent d'incompétence 
sur le plan économique et de dérive autocratique et s'opposent à 
son projet de réforme de la Constitution, y voyant un moyen 
déguisé de se maintenir à tout prix au pouvoir. 
    L'assemblée constituante, qui sera forte de 545 membres, 
pourrait en effet dissoudre le parlement, où l'opposition est 
majoritaire depuis décembre 2015. 
    L'Union européenne et plusieurs pays d'Amérique latine 
plaident pour la tenue d'élections législatives en bonne et due 
forme, au lieu de l'élection de cette Constituante. Les 
Etats-Unis ont menacé de prendre des "mesures économiques fortes 
et rapides", si Caracas s'en tient à ses projets. 
    Loin de céder à la pression internationale, le gouvernement 
a annoncé que 232.000 militaires seraient déployés pour assurer 
la sécurité du scrutin, que l'opposition appelle à boycotter. 
    Nicolas Maduro accuse ses détracteurs de fomenter un coup 
d'Etat similaire à celui de 2002, qui avait failli coûter le 
pouvoir à son prédécesseur et mentor Hugo Chavez, décédé en mars 
2013. Il s'est dit prêt "à toutes les éventualités". 
    "Nous allons choisir entre la guerre et la paix, l'avenir et 
le passé, le pouvoir souverain du peuple et le coup d'Etat 
impérialiste de l'oligarchie ", a-t-il déclaré à des partisans 
mardi soir. 
 
 (Andrew Cawthorne et Andreina Aponte, Gilles Trequesser et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 

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