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Nouveau rebondissement au sein du Parti conservateur britannique sur le Brexit
Reuters14/06/2018 à 20:57

 (Actualisé réactions § 6-14-15-16)
    LONDRES, 14 juin (Reuters) - Theresa May pensait avoir
répondu aux attentes des députés conservateurs pro-européens en
leur proposant un compromis sur la tenue d'un vote au Parlement
sur les termes du Brexit en cours de négociation avec Bruxelles,
mais ces derniers ont rejeté jeudi la formulation de cet
arrangement.
    "De ce que je comprends, le gouvernement a mis sur la table
un amendement qui n'a pas été convenu avec Dominic Grieve (ndlr,
le chef de file des élus Tories pro-UE)", a écrit Anna Soubry,  
  une de ces élues-"rebelles", sur Twitter.
    "Reconnaissante pour les conversations, mais sans
consultation, ce qui avait été convenu plus tôt dans la journée
a été changé", a-t-elle ajouté.
    Selon la BCC, Dominic Grieve aurait qualifié
d'"inacceptable" le compromis proposé par le gouvernement.
    Grieve va désormais tenter de trouver un moyen de sortir de
cette nouvelle crise avec Theresa May au sujet du rôle qu'elle
réservera au Parlement britannique dans sa stratégie en vue du
Brexit.
    "Le plan à présent, c'est essayer de remettre de l'ordre",
a-t-il déclaré à Reuters. 
    Au sein du gouvernement, le ministère chargé du Brexit a
présenté ce compromis, qui intègre trois scénarios distincts
dans lesquels un vote au Parlement serait organisé.
    "Nous avons inclus trois situations qui déclencheraient un
vote dans les deux chambres: a) si le Parlement rejette l'accord
du gouvernement avec l'UE; b) si aucun accord ne peut être
conclu ou, c) si aucun accord n'est conclu d'ici au 21 janvier
2019", a détaillé un porte-parole.
    Si May ne règle pas ce nouvel accès de tension, elle risque
d'être mise en minorité la semaine prochaine à Westminster, où
la Chambre des communes débattra de la formulation définitive de
la loi britannique mettant fin à l'appartenance du Royaume-Uni à
l'Union européenne.
    Ce "European Union (Withdrawal) Bill" est destiné à annuler
la loi de 1972 par laquelle la Grande-Bretagne est devenue
membre de ce qui s'appelait alors la Communauté économique
européenne et à organiser la transposition de la législation
européenne dans le droit britannique. 
    
    UN "VOTE SIGNIFICATIF", CELA VEUT DIRE QUOI ?
    Une quinzaine d'amendements au projet de loi votés par la
Chambre des Lords, majoritairement pro-européenne, ont été
rejetés cette semaine par la Chambre des communes, mais cela n'a
été possible qu'en raison de la décision des élus pro-UE du
Parti conservateur de voter conformément à l'avis du
gouvernement.
    Le conflit se focalise sur la marge de manoeuvre qui sera
offerte au Parlement britannique au sujet de l'accord que
Londres aura négocié avec Bruxelles en vue du Brexit. Le
gouvernement May assure depuis le début qu'il demandera au
Parlement un "vote significatif", mais le débat fait rage depuis
des mois sur ce que cela veut dire précisément.
    Au sein même du gouvernement, la ligne n'est pas tranchée.
Pour certains ministres, cela signifie que le Parlement aura le
choix entre accepter l'accord négocié avec Bruxelles ou opter
pour un Brexit sans accord. D'autres affirment en revanche que
l'option "pas d'accord" n'est pas acceptable et que le Parlement
devrait avoir d'autres options.
    D'après le porte-parole du ministère du Brexit, l'amendement
avec ses trois scénarios de vote "garantit que dans toutes les
circonstances, le Parlement pourra demander des comptes au
gouvernement tout en permettant au gouvernement de traduire la
volonté du peuple britannique exprimée lors du référendum (ndlr,
du 23 juin 2016".
    Pour les pro-UE, il ne s'agira donc pas d'un vote
d'approbation, mais d'un vote symbolique, dont ils ne veulent
précisément pas.
    "Ceux qui ont soutenu la Première ministre mardi soir
pourraient se sentir à présent très mal et choisir de ne pas
rester dans le cadre de l'amendement vraiment ridicule proposé
par le gouvernement", a prévenu Anna Soubry à la BBC.
    May doit aussi tenir compte des "Brexiters", les plus
ardents partisans parmi son Parti conservateur d'une sortie de
l'UE, quitte à partir sans accord.

 (William James et Elizabeth Piper
Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service
français)
 

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