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Nissan veut évincer Ghosn, l'action Renault chute
information fournie par Reuters19/11/2018 à 17:46

    * Ghosn a sous-évalué sa rémunération auprès du marché
financier-Nissan
    * Carlos Ghosn a été arrêté au Japon-Nissan
    * Nissan compte démettre Ghosn de ses fonctions de président
    * L'action Renault chute

 (Actualisé avec la conférence de presse de Nissan, réactions de
Renault et de Macron, précisions, contexte)
    par Ritsuko Ando et Maki Shiraki
    TOKYO, 19 novembre (Reuters) - Nissan  7201.T  a annoncé
lundi son intention d'évincer Carlos Ghosn de son poste de
président du conseil d'administration en l'accusant de fraude
financière, une initiative spectaculaire qui alimente les
interrogations sur l'avenir de son alliance avec Renault
 RENA.PA , dont le titre a chuté en Bourse de Paris.
    Hiroto Saikawa, directeur général de Nissan, a affirmé
devant la presse qu'il s'efforcerait de minimiser les
répercussions de cette probable mise à l'écart sur l'alliance
nouée avec le constructeur français et dont Carlos Ghosn était
l'architecte.
    Les administrateurs de Renault, qui, selon Hiroto Saikawa,
n'ont été informés que récemment des soupçons de Nissan sur
Carlos Ghosn, ont exprimé leur attachement à la défense des
intérêts du groupe français au sein de ce partenariat.
    Le conseil d'administration de Renault, dont Carlos Ghosn
est le PDG, se réunira "au plus vite".
    L'Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15% du
capital, "sera extrêmement vigilant à la stabilité de l'alliance
et au groupe", a pour sa part promis le président Emmanuel
Macron.
    L'action Renault a terminé en repli de 8,62%, sa plus forte
baisse en une séance depuis le 24 juin 2016, au lendemain du
référendum sur le Brexit. Le titre a accusé lundi la plus forte
baisse de l'indice CAC 40  .FCHI .  
    "Il est difficile de ne pas conclure qu'un gouffre est
peut-être en train de se creuser entre Renault et Nissan",
observe Max Warburton, analyste de Bernstein, qui évoque la
perspective d'une "re-japonisation" de Nissan et de la fin de
l'alliance.
    Au-delà des diverses accusations de fraude portées contre
Carlos Ghosn, notamment la minoration de ses revenus déclarés
aux autorités boursières nippones, Hiroto Saikawa a jugé que la
longueur de son règne à la tête de Nissan, dont il était devenu
directeur général en 1999, avait nui aux activités du
constructeur japonais.
    Il a aussi dénoncé une concentration excessive des pouvoirs
entre les mains du patron français de 64 ans, une personnalité
majeure du secteur automobile mondial et qui n'a pas encore
finalisé de plan de succession à la tête de Renault et de
l'alliance.
    
    "PROBLÈME DE GOUVERNANCE IMPORTANT"
    "Le problème de gouvernance était important", a-t-il dit à
la presse tout en confirmant l'arrestation de Carlos Ghosn, l'un
des rares dirigeants étrangers à la tête d'une entreprise
japonaise. "Quand on regarde en arrière, en 2005, quand il est
devenu directeur général à la fois de Renault et de Nissan, nous
n'avons pas vraiment discuté des conséquences."
    Qualifiant de graves et inacceptables les fraudes reprochées
à Carlos Ghosn, auquel il a succédé au poste de directeur
général de Nissan l'an dernier, Hiroto Saikawa a annoncé qu'il
proposerait jeudi au conseil d'administration de Nissan la mise
à l'écart de son président, considéré au Japon comme celui qui a
sauvé le constructeur de la faillite.
    "Avoir tant abusé de la confiance de beaucoup de gens, je me
sens empli de déception et de regrets", a-t-il déclaré. "C'est
très difficile à exprimer (...) Ce n'est pas seulement de la
déception mais un sentiment plus fort d'indignation et, pour
moi, d'abattement."
    Déclenchée à la suite d'une dénonciation, une enquête
interne de plusieurs mois a permis d'établir que Carlos Ghosn
avait sous-évalué pendant des années ses revenus déclarés aux
autorités boursières et avait aussi utilisé de l'argent de
Nissan à des fins personnelles, a dit le groupe japonais, sans
donner de chiffres.
    Nissan accuse un autre administrateur, Greg Kelly, de
complicité et compte aussi l'évincer.
    D'après les médias japonais, Carlos Ghosn aurait sous-évalué
sa rémunération de près de moitié, déclarant près de 5 milliards
de yens (38,82 millions d'euros) alors qu'il aurait dû en
déclarer 10 milliards.
    Né au Brésil, d'origine libanaise et de nationalité
française, Carlos Ghosn a rejoint Nissan en 1999 après
l'acquisition par le constructeur automobile français d'une
participation dans le groupe japonais.  
    Il a personnellement façonné leur alliance, dont il est le
PDG, et s'est engagé à la consolider par un rapprochement plus
étroit avant la fin de son actuel mandat qui s'achève en 2022.
    Sa rémunération a régulièrement suscité des débats en
France.
    En juin, les actionnaires de Renault ont approuvé à une
courte majorité la rémunération de 7,4 millions d'euros pour
2017 attribuée à Carlos Ghosn, qui a aussi reçu 9,2 millions
d'euros pour sa dernière année comme directeur général de
Nissan.
    
    Le communiqué de Nissan :  
    BREAKINGVIEWS-Renault-Nissan pays price for Ghosn key-man
risk  

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Le communiqué de Nissan :     
BREAKINGVIEWS-Renault-Nissan pays price for Ghosn key-man risk  
  
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 (Dominique Rodriguez et Bertrand Boucey pour le service
français, édité par Gilles Guillaume et Benoît Van Overstraeten)
 

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4 commentaires

  • 19 novembre14:05

    Je suis sur que du côté Français il a tout bien déclaré...il ne sera pas inquiété.... Ça se réglera entre amis


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