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Moscou se porte garant du retrait kurde de la frontière syro-turque
Reuters23/10/2019 à 05:18

 (Ajoute ministère turc de la Défense §4-5)
    par Tuvan Gumrukcu et Tom Balmforth
    ANKARA/MOSCOU, 23 octobre (Reuters) - La Turquie et la
Russie se sont entendues mardi sur un départ des combattants de
la milice kurde syrienne YPG d'une zone de 30 km de profondeur
le long la frontière syro-turque, ce qui va permettre d'éviter
une reprise de l'offensive des forces d'Ankara, a annoncé le
chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.
    Aux termes de l'accord, la police militaire russe et des
garde-frontières syriens vont se déployer le long d'une partie
de la frontière à partir de midi mercredi pour faciliter le
retrait des derniers combattants kurdes et de leurs armes.
    Ce retrait devrait être parachevé dans six jours, a précisé
Sergueï Lavrov, selon lequel l'accord russo-turc mettra fin au
bain de sang dans la région.
    A Ankara, le ministère turc de la Défense a annoncé que les
Etats-Unis ont informé la Turquie que le retrait des combattants
kurdes de la "zone de sécurité" le long de la frontière
syro-turque était terminé.
    Il n'est pas nécessaire à l'heure actuelle de lancer une
opération supplémentaire dans le Nord-Est syrien, précise la
diplomatie turque dans un communiqué publié dans la nuit de
mardi à mercredi.
    Les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip
Erdogan se sont entendus lors d'un entretien dans la station
balnéaire de Sotchi sur le retrait des combattants kurdes des
villes de Manbij et Tel Rifaat.
    "Le principal objectif de l'opération est d'obtenir le
départ des organisations terroristes PKK/YPG de la région et de
faciliter le retour des réfugiés syriens", a déclaré Erdogan au
côté de son homologue russe.
    "Cette opération garantit aussi l'intégrité territoriale et
l'unité politique de la Syrie", a-t-il ajouté.
    La Turquie considère les Unités de protection du peuple
(YPG) comme une organisation terroriste liée aux séparatistes
kurdes du sud-est de son territoire. Elle souhaite établir une
"zone de sécurité" en Syrie, le long de sa frontière, dont les
YPG seraient exclues.
    Une fois les combattants kurdes partis, les armées russe et
turque effectueront des patrouilles conjointes dans le nord de
la Syrie, jusqu'à 10 km de la frontière, prévoit l'accord conclu
à Sotchi.
    Les deux pays vont aussi travailler ensemble au retour des
réfugiés syriens qui vivent en Turquie, a déclaré Erdogan.
    
    LES KURDES DISENT S'ÊTRE RETIRÉS
    En annonçant une pause des opérations militaires jeudi
dernier sous la pression des Etats-Unis, le président turc avait
donné aux miliciens kurdes jusqu'à 22h00 ce mardi (19h00 GMT)
pour effectuer leur retrait de la région frontalière, sous peine
de reprendre son offensive.
    Le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont
les YPG sont la principale composante, a assuré que ses hommes
avaient respecté toutes les conditions de la trêve, selon un
membre de l'administration américaine. 
    Donald Trump, critiqué pour avoir ouvert la voie aux Turcs
en annonçant le retrait des Etats-Unis du nord de la Syrie,
avait évoqué lundi une éventuelle prolongation de la pause
observée depuis jeudi mais Recep Tayyip Erdogan avait prévenu
que l'offensive turque pourrait reprendre.
    "Si les promesses que nous a faites l'Amérique ne sont pas
tenues, nous continuerons notre opération là où nous l'avons
laissée, cette fois avec une bien plus grande détermination",
avait dit le président turc.
    La Turquie dit vouloir sécuriser les 440 km de frontière
avec la Syrie mais son offensive s'est pour l'instant concentrée
sur deux localités dans le centre de cette bande de territoire,
Ras al Aïn et Tal Abyad, distantes de 120 km.
    À l'occasion d'une rare visite dans la province d'Idlib,
près du dernier grand bastion rebelle dans le nord-ouest de la
Syrie, le président syrien Bachar al Assad a qualifié Erdogan de
"voleur". "Maintenant il vole notre terre", a-t-il dit, cité par
les médias syriens.

 (Darya Korsunskaya et Tuvan Gumrukcu, avec Ece Toksabay; 
Bertrand Boucey et Tangi Salaün pour le service français, édité
par Jean Terzian)
 

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