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LVMH est prêt à briller dans un marché du luxe plus incertain
information fournie par Agefi Dow Jones13/10/2021 à 15:43

(Crédits photo : Unsplash - Mal Querrer )

(Crédits photo : Unsplash - Mal Querrer )

François Schott,

Agefi-Dow Jones

PARIS (Agefi-Dow Jones)--Symbole d'une industrie plus résiliente que prévu pendant la crise sanitaire, LVMH dispose d'atouts que ses concurrents n'ont pas face aux nouvelles inquiétudes qui pèsent sur le secteur.

Le numéro un mondial du luxe a une nouvelle fois dépassé les attentes des analystes au troisième trimestre. Son chiffre d'affaires s'est apprécié de 20% par rapport à la même période de 2020, grâce notamment à une hausse de 24% des ventes de sa division de mode et maroquinerie, en données comparables. La progression de cette division sur deux ans est encore plus impressionnante, avec un chiffre d'affaires en hausse de 38%.

LVMH "fait ce qu'il sait faire de mieux", résument les analystes de Jefferies, jugeant la performance en mode et maroquinerie "remarquable".

Cette division "continue à distinguer le groupe du reste du secteur", car elle est "portée désormais par un ensemble de marques dynamiques - Louis Vuitton reste un leader puissant du 'soft luxury' mais Dior est en passe d'accéder au rang de méga marque tandis que Fendi/Céline/Loewe se développent très favorablement", abondent les analystes d'Oddo BHF.

Les Etats-Unis, moteur de croissance

Ce n'est pas le seul attribut de LVMH. Alors que ses concurrents Hermès et Kering restent très centrés sur le "soft luxury", le groupe aux 75 marques de luxe dispose d'un profil plus diversifié, notamment depuis le rachat du joaillier américain Tiffany en début d'année. Bien que LVMH n'ait pas fourni de chiffre de ventes pour Tiffany, ce dernier a contribué à la progression de 18% du chiffre d'affaires organique de la division Montres & Joaillerie au troisième trimestre.

"Tiffany semble avoir pris un bon départ chez LVMH, avec une forte demande sur ses marchés clés alimentée par des campagnes publicitaires à forte audience", commente Luca Solca, analyste chez Bernstein.

Tiffany a également permis de rééquilibrer la répartition géographique du chiffre d'affaires de LVMH en renforçant le poids du marché américain. Depuis le début de l'année, ce dernier s'avère le plus dynamique avec une croissance de 48% sur neuf premiers mois contre 47% pour l'Asie (hors Japon). "La pénétration du luxe sur le marché américain augmente", a commenté Jean-Jacques Guiony, le directeur financier de LVMH, mardi lors d'une conférence téléphonique. En matière de luxe, les achats du consommateur américain ne sont plus stimulés par la quête de démarques, "ce qui n'était pas le cas il y a 25 ans", a souligné le responsable.

Réserves de rentabilité

Les investisseurs ne doivent cependant pas s'attendre à voir de tels taux de croissance perdurer. La fin des aides exceptionnelles aux ménages américains pourrait conduire à une modération de la consommation, y compris pour les articles de luxe. En Chine, la nouvelle politique de "prospérité commune" et une éventuelle hausse de la fiscalité des plus riches pourrait également mettre un frein aux dépenses de luxe.

LVMH pâtirait bien sûr d'un ralentissement marqué de ses deux principaux marchés, même si pour l'heure le groupe affirme n'avoir constaté aucun changement de tendance. LVMH dispose cependant d'avantages concurrentiels lui permettant de mieux résister à une éventuelle contraction de la demande, notamment un portefeuille de produits plus étoffé, une moindre exposition à la Chine et un pouvoir de fixation des prix plus important pour ses marques phares, indiquent les analystes de Credit Suisse.

"Avec un gain de 50% de part de marché dans la mode et maroquinerie en moins de deux ans et des capacités financières et opérationnelles sans équivalent dans le secteur, le groupe devrait ressortir comme le grand gagnant des perturbations actuelles", estime Jefferies. Le retour prévisible des touristes dans les aéroports et dans les boutiques en Europe devrait également permettre à LVMH de retrouver des "réserves de rentabilité" qui lui ont fait défaut depuis deux ans, ajoute la banque.

En Bourse, le titre s'échange à environ 28 fois les bénéfices attendus pour 2021, contre une moyenne de 24 fois pour le secteur. Cette prime pourrait être plus importante, compte tenu des atouts indéniables du groupe dans le contexte actuel. S'il a bénéficié comme ses concurrents du fort rebond des achats de luxe post-confinement, LVMH pourrait révéler sa vraie valeur dans un marché moins porteur.

-François Schott, Agefi-Dow Jones; +33 (0)1 41 27 47 92; fschott@agefi.fr ed: ECH

Agefi-Dow Jones The financial newswire

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October 13, 2021 09:43 ET (13:43 GMT)

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