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Londres veut modérer le pouvoir de la BCE dans l'union bancaire

Reuters15/10/2012 à 19:17

LONDRES VEUT MODÉRER LE POUVOIR DE LA BCE DANS L'UNION BANCAIRE

par John O'Donnell

BRUXELLES (Reuters) - La Grande-Bretagne souhaite faire modifier le projet d'union bancaire dans la zone euro, notamment pour modérer l'influence de la Banque centrale européenne (BCE), ont déclaré des responsables de l'Union européenne (UE), au risque de mettre en péril la mise en place rapide de cet organe de régulation censé contribuer à résoudre la crise de la dette.

La Commission européenne a proposé que la BCE soit responsable de la supervision bancaire, ce qui serait une étape supplémentaire vers une union bancaire et contribuerait à renforcer l'intégration économique au sein de la zone euro.

Soucieuse de protéger les intérêts de la City, la Grande-Bretagne envisage de proposer un système qui donneraient la possibilité aux Etats extérieurs à l'union bancaire d'empêcher toute alliance de pays de l'union bancaire pour élaborer une réglementation à l'échelle européenne, ont déclaré des responsables de l'UE, qui n'ont pas souhaité être nommés.

"L'inquiétude, c'est que la Banque d'Angleterre (BoE) puisse se trouver mise en minorité par la BCE sur certains aspects de l'élaboration d'une réglementation", a dit l'une de ces sources. La Grande-Bretagne ne rejoindra pas une union bancaire et la BoE deviendra en 2013 le régulateur britannique.

"Ils redoutent que la zone euro devienne capable de faire passer de nombreuses décisions de son propre chef. Ils veulent un système de freins et de contrepoids."

Si une union bancaire est destinée à bâtir les fondations d'un contrôle renforcé des banques, ce nouvel organe de régulation devrait également permettre au nouveau fonds de sauvetage de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES) d'injecter directement des liquidités dans les banques en difficulté, comme en Espagne, brisant la corrélation entre des banques fragiles et des Etats endettés, qui nourrit la crise dans la région.

LONDRES VEUT DES GARANTIES

Les discussions sont techniques mais l'enjeu est lourd politiquement. En privé, un autre responsable de l'UE a déclaré que cela pourrait empoisonner davantage les rapports déjà tendus entre le bloc monétaire unique et la Grande-Bretagne, où l'euroscepticisme connait un regain.

L'un des obstacles majeurs à ce projet sera de trouver le moyen de satisfaire les dix pays de l'UE qui ne sont pas dans la zone euro et dissiper leurs craintes d'être mis sur la touche une fois la nouvelle structure mise en place.

Londres soutient le projet d'union bancaire dans la mesure où une telle structure aura le mérite de placer les dix-sept pays utilisant l'euro devant leurs responsabilités pour s'occuper de leurs banques et de mieux coordonner l'aide aux pays en difficulté.

Mais le ministre britannique des Finances George Osborne craint que la BCE profite de son autorité pour imposer une régulation à l'échelle européenne favorisant les pays de la zone euro au détriment de Londres.

"Il semble improbable que la BCE piétine les avis de la BoE mais c'est ce qui inquiète le Trésor britannique", a déclaré l'un des responsables européens. "Ils veulent des garanties pour être sûrs que cela n'arrive pas".

La Grande-Bretagne et les autres pays membres de l'Union européenne doivent donner leur feu vert à une union bancaire pour que le projet puisse avancer.

Londres souhaite notamment une modification du système de vote qui intervient lorsque les régulateurs de toute l'Europe doivent s'accorder sur une législation. La Grande-Bretagne aimerait un double vote - les pays de l'union bancaire d'un côté, et les pays hors zone euro de l'autre - avant toute décision finale sur une régulation européenne.

Certains estiment cependant que cela reviendrait à donner un droit de veto à la Grande-Bretagne.

Le Premier ministre britannique David Cameron, qui prépare les prochaines élections a refusé en début d'année de s'engager sur le pacte budgétaire européen. Il avait formulé des demandes similaires pour protéger Londres.

Mathilde Gardin pour le service français, édité par Nicolas Delame

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