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Londres a "dix jours" et pas un de plus pour clarifier ses propositions sur le Brexit

Reuters24/11/2017 à 20:19
    * Le 4 décembre est "l'échéance absolue", prévient Bruxelles 
    * La crise politique à Dublin complique le volet "frontière 
irlandaise" de la négociation 
 
 (Actualisé avec responsable européen et crise politique en 
Irlande) 
    par Jan Strupczewski et Elizabeth Piper 
    BRUXELLES, 24 novembre (Reuters) - Le président du Conseil 
européen, Donald Tusk, qui recevait Theresa May vendredi à 
Bruxelles, l'a prévenue qu'elle n'avait plus que dix jours pour 
apporter des propositions claires sur les trois sujets de 
contentieux liés au divorce entre le Royaume-Uni et l'Union 
européenne. 
    "Il nous faut observer des progrès de la part du Royaume-Uni 
sous dix jours sur toutes les questions, y compris l'Irlande", 
a-t-il commenté sur Twitter. C'est possible, a-t-il ajouté, mais 
c'est un "immense défi". 
    Au terme de cette période, le 4 décembre, Theresa May sera 
de retour à Bruxelles pour y rencontrer cette fois le président 
de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le 
négociateur en chef des Européens, Michel Barnier. 
    Selon un responsable de l'UE, la dirigeante britannique a 
convenu au cours son entretien d'une heure avec Tusk que cette 
date du 4 décembre était l'"échéance absolue" pour permettre à 
Barnier de recommander aux dirigeants des Vingt-Sept de passer à 
la phase 2 des négociations. 
    Sans "progrès suffisant" sur les trois questions clefs des 
modalités du Brexit (le chèque que Londres devra signer pour 
solder le divorce; les droits des expatriés; l'avenir de la 
frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord), 
les Vingt-Sept ont fait savoir qu'ils n'engageraient pas cette 
seconde phase qui portera sur leurs relations futures, et 
notamment commerciales, avec la Grande-Bretagne. 
    Londres réclame depuis des mois l'ouverture de cette seconde 
phase afin d'atténuer les incertitudes et de redonner de la 
visibilité, notamment aux entreprises britanniques, sur ce que 
seront les rapports avec les Européens après le Brexit, fixé au 
29 mars 2019 à 23h00 GMT. 
    "Tusk a présenté le calendrier d'ici au conseil européen de 
décembre, avec le 4 décembre comme échéance absolue pour que le 
Royaume-Uni fasse des efforts supplémentaires", a souligné ce 
responsable européen. "May a accepté ce calendrier", a-t-il 
ajouté. 
    Pour les Européens, une initiative britannique est 
indispensable afin que les chefs d'Etat et de gouvernement des 
Vingt-Sept puissent éventuellement décider l'ouverture de la 
seconde phase des discussions lors du Conseil européen des 14 et 
15 décembre.     
     
    FRONTIÈRE IRLANDAISE 
    A l'issue de sa rencontre avec Donald Tusk, Theresa May a 
déclaré pour sa part qu'"il rest(ait) encore des points dans les 
différents sujets que nous sommes en train de négocier pour les 
résoudre". 
    Elle a également redit que Londres honorerait ses 
engagements financiers envers l'UE mais n'a pas fourni de 
détails, même si elle a affirmé que ce dossier progressait. 
    D'après les dernières fuites dans les médias britanniques, 
Londres proposerait à présent une somme de 45 milliards d'euros. 
C'est le double des estimations précédentes mais encore bien 
loin des 60 milliards d'euros mentionnés par la Commission 
européenne - même si des responsables européens soulignent que 
ce montant s'apparente à une demande maximale, et donc 
négociable.   
    Sur la question de la frontière irlandaise, autre sujet 
chaud de la négociation, ce responsable européen a souligné que 
"le Royaume-Uni devra donner avant le 4 décembre des assurances 
crédibles sur les moyens d'éviter une 'frontière dure', car ce 
qui peut être fait en la matière est encore nébuleux". 
    La crise politique qui a éclaté en Irlande, où le 
gouvernement est sur le point d'être renversé, n'est pas de 
nature à faciliter un accord.   
    L'objectif en ce domaine est d'éviter le rétablissement 
d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, 
qui sera la seule frontière terrestre du Royaume-Uni avec l'UE 
après le Brexit. 
    Dublin, appuyé par ses partenaires européens, exige que le 
gouvernement britannique détaille la manière dont il entend 
procéder pour empêcher la réinstallation de cette "frontière 
dure" susceptible de mettre en péril l'accord de paix de 1998. 
    Les responsables européens soulignent que seul le maintien 
de normes commerciales et sanitaires identiques entre l'Irlande 
et l'Irlande du Nord permettra d'éviter la mise en place d'une 
frontière physique.  
    Deux solutions sont envisagées: que l'Irlande du Nord 
demeure au sein d'une union douanière avec l'UE, ou que tout le 
Royaume-Uni reste. 
    Mais Londres et le DUP, parti unioniste nord-irlandais avec 
lequel May a été contrainte de conclure un accord de coalition 
après perdu la majorité absolue lors des élections législatives 
de juin dernier, s'opposent à la première option, insistant pour 
qu'il n'existe plus aucune barrière entre l'Irlande du Nord et 
la Grande-Bretagne. 
    Quant à la seconde, que l'ensemble du Royaume-Uni conserve 
les dispositions réglementaires de l'UE, elle est rejetée par 
les partisans du Brexit. 
 
    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 
CHRONOLOGIE des négociations sur le Brexit      
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^> 
 (avec Alastair Macdonald et Francesco Guarascio; Jean-Stéphane 
Brosse et Henri-Pierre André pour le service français, édité par 
Tangi Salaün) 
 

1 commentaire

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  • frk987
    25 novembre11:07

    Une bonne frontière style rideau de fer entre l'Irlande et l'Ulster ramènera vite à la raison ces ... d'anglais.

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