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Les USA avertissent le Japon sur le yen, avant la réunion du G7

Reuters10/05/2013 à 20:27

AVANT LE G7, LES ÉTATS-UNIS RAPPELLENT LE JAPON À L'ORDRE SUR LE YEN

par David Milliken et Leika Kihara

LONDRES (Reuters) - Les Etats-Unis ont rappelé à l'ordre le Japon vendredi, concernant la situation actuelle du yen, un coup de semonce susceptible d'alourdir quelque peu l'atmosphère de la réunion des ministres des finances et des banquiers centraux du G7.

La Banque du Japon (BoJ) a annoncé le mois dernier une refonte importante de sa politique monétaire destinée à sortir le pays de la déflation, ce qui a affaibli d'autant la monnaie nippone, passée jeudi au-dessus de la barre des 100 yens pour un dollar, son plus bas niveau depuis plus de quatre ans.

Le yen est également à un plus bas de trois ans face à l'euro. La monnaie unique a par ailleurs inscrit un plus bas de deux semaines contre le dollar ce vendredi.

Ces mouvements de change s'expliquent aussi par des informations selon lesquelles les investisseurs japonais se sont portés acheteurs d'obligations étrangères, et notamment des Treasuries, conséquence prévisible toutefois du programme d'achats obligataires massifs de la BoJ.

Jack Lew, le secrétaire américain au Trésor, a reconnu que le Japon devait régler ses "problèmes de croissance" mais en s'en tenant aux accords internationaux en vigueur qui proscrivent les dévaluations compétitives.

"Je me contenterai de renvoyer aux règles élémentaires et au fait que nous avons clairement dit que nous garderions un oeil sur la situation", a déclaré Jack Lew à la chaîne CNBC, avant la réunion des grands argentiers du G7 vendredi et samedi dans les environs de Londres.

Haruhiko Kuroda, le gouverneur de la BoJ, a réaffirmé de son côté que la banque centrale japonaise n'avait pas d'objectifs en matière de taux de change et que sa politique monétaire n'avait pour unique finalité que de parvenir à une inflation de 2% d'ici deux ans.

Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a fait savoir de son côté qu'il était important de rappeler que les pays du G20 s'étaient engagés à ne pas améliorer leur compétitivité en manipulant les taux de change.

Il a dit qu'à cet égard le Japon s'était engagé à adopter une approche prudente sur ces questions de change, lesquelles, a-t-il ajouté, seront bien abordées par la réunion du G7.

CADRE INFORMEL

Cela étant, les autres grandes puissances économiques sont dans une position délicate pour critiquer la nouvelle politique monétaire du Japon, après avoir insisté pendant des années pour que Tokyo prenne des mesures de relance de son économie.

C'est ainsi que la Réserve fédérale américaine et la Banque d'Angleterre ont largement précédé la BoJ pour ce qui est de faire fonctionner la planche à billets afin d'alimenter leurs propres programmes de rachat d'actifs.

"Il est important que, conformément aux décisions prises précédemment par le G20 et le FMI, on ne parle pas de guerre des monnaies", a souligné de son côté Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, ajoutant que la réunion se concentrerait sur l'harmonisation des politiques économiques.

La réunion des ministres du G7 a été convoquée à Aylesbury, à une soixantaine de kilomètres de Londres, par le Royaume-Uni, qui occupe la présidence tournante du groupe et dont le ministre des Finances George Osborne est soucieux de mobiliser les banques centrales en faveur de la croissance, alors que les gouvernements sont occupés eux par des politiques de forte rigueur budgétaire.

"(C'est) l'occasion d'examiner comment une politique monétaire plus volontariste peut soutenir la reprise, tout en s'assurant que les anticipations d'inflation restent ancrées à moyen terme", a-t-il déclaré, ajoutant que les débats du week-end aborderaient également les thèmes de l'évasion fiscale et de la régulation du secteur bancaire.

A l'instar de la réunion du FMI d'avril, il est possible par ailleurs que les partenaires de l'Allemagne la pressent d'apporter un soutien plus net au projet d'union bancaire en zone euro.

La première étape -une supervision unique sous l'égide de la BCE- devrait être accomplie à la mi-2014. La deuxième -un mécanisme de liquidation des banques faillies- est déjà plus floue. Quant à la troisième -un mécanisme unique de garantie des dépôts- son avenir est encore moins assuré.

Les réunions du G7, qui comprend les Etats-Unis, l'Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni, l'Italie, la France et le Canada, sont depuis 2009 supplantées par celles du G20, devenu le rendez-vous obligé des débats internationaux sur la situation économique mondiale.

Aucun communiqué ne sera en principe publié à l'issue du week-end, et aucune décision officielle n'est attendue de ce rendez-vous censé préparer informellement le sommet du G20 qui aura lieu en Russie en septembre. Certains participants jugent que cette formule peut favoriser des échanges plus francs.

"Il n'y a aucun sujet tabou, puisque nous sommes dans un cadre informel", a expliqué Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI.)

Julien Dury pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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