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Les institutionnels cèdent aux charmes des marchés émergents
Newsmanagers27/06/2012 à 16:45

(NEWSManagers.com) - La dette émergente est en train de devenir une classe d'actifs de plus en plus appréciée par les investisseurs institutionnels. " La dette émergente est une classe d'actifs de moins en moins exotique, avec une prime actuellement sur la dette coporate en dollar" , selon Erick Muller, spécialiste produits senior sur les produits obligataires chez JP Morgan Asset Management.

Au sein de l'offre obligataire de JP Morgan, la dette émergente occupe d'ailleurs une place croissante. Les encours s'élevaient à fin avril autour de 21 milliards de dollars, avec tendance ascendante marquée, relève Erick Muller, en raison de la forte demande émanant des investisseurs institutionnels. Le processus en est à ses débuts mais de son point de vue, il s'agit d'une tendance structurelle qui pousse les institutionnels à opter de plus en plus pour une allocation stratégique sur les émergents alors qu'ils étaient plutôt enclins jusqu'ici à se limiter à une allocation tactique.

A l'origine de cette évolution, la nécessité d'une diversification dans un environnement où la recherche de rendement est de plus en plus difficile dans la sphère du risque souverain. Les fondamentaux des marchés émergents sont en revanche très séduisants : croissance plus forte que dans les pays développés, maîtrise budgétaire, politiques monétaires offrant encore de réelles marges de manoeuvre, taux de défaut relativement bas, taux et vitesse de recouvrement des créances assez similiaires à ceux observés dans le monde développé et une volatilité moindre.

L'offre de dette émergente corporate est par ailleurs de plus en plus consistante, avec un volume d'émissions de l'ordre de 200 milliards de dollars par et un encours de l'ordre de 800 milliards de dollars qui n'est pas du tout ridicule au regard de l'encours du high yield américain (environ 1.200 milliards de dollars). Cela dit, le réservoir de sociétés est encore limité par les problèmes de transparence qui tendent toutefois à s'estomper avec la croissance à l'international qui implique un rapprochement obligé des normes et des pratiques internationales.

La montée en charge de la dette corporate émergente dans les portefeuilles des institutionnels devrait malgré tout se poursuivre. Peut-on dans ce contexte envisager une gestion passive comme certains l'envisagent ? Pour Erick Muller, la réponse est sans ambages : une gestion passive présente trop de dispersion, elle prend toutes les queues de distribution alors qu'une gestion active peut les écraser. Le marché de la dette émergente est en pleine croissance mais il est malgré tout encore un peu jeune...

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