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Les fonds CVC et Bain lorgnent une part des droits du foot français – sources
information fournie par Reuters09/12/2021 à 12:29

(Actualisé tout du long avec nouveaux éléments)

par Gwénaëlle Barzic et Pamela Barbaglia

PARIS, 9 décembre (Reuters) - Les fonds de capital-investissement CVC Capital Partners et Bain Capital font partie des candidats au rachat d'une éventuelle participation minoritaire, qui serait valorisée 1,5 milliard d'euros, dans une société commerciale qui gérerait les droits de diffusion du football français, ont déclaré quatre sources à Reuters.

Confrontée à une grave crise financière en raison de la pandémie de COVID-19 et de la défection l'an dernier de son principal diffuseur, l'espagnol Mediapro, la Ligue de football professionnel (LFP) a demandé aux investisseurs intéressés de lui soumettre des offres non-contraignantes d'ici au 13 décembre, ont précisé deux des sources.

Les fonds d'investissement KKR KKR.N , Advent, Silver Lake, EQT EQTAB.ST , Bridgepoint et Apollo font partie des probables candidats au rachat d'une part pouvant aller jusqu'à 20% de la société commerciale que la LFP souhaite créer pour gérer les droits de diffusion du football français.

Le président de la LFP, Vincent Labrune, a présenté mercredi devant le Sénat ce projet - qui nécessite une adaptation de la législation française - comme l'un des seuls leviers à disposition du football professionnel français pour tenter de combler des pertes financières abyssales.

"On ne brade pas nos actifs. Si on n'a pas une valorisation qui prend en compte notre projet à long terme, on ne le fera pas", a-t-il assuré aux sénateurs.

La LFP a commencé le mois dernier à démarcher de potentiels investisseurs. Ses conseils - Centerview, Lazard LAZ.N et le cabinet Darrois - ont contacté une trentaine de fonds susceptibles d'être intéressés, ont indiqué les sources. Vincent Labrune a précisé devant le Sénat que 80% des offres reçues à ce jour émanent de fonds anglo-saxons.

RENDRE LE FOOT FRANÇAIS PLUS ATTRACTIF

Sollicités par Reuters, la LFP, CVC, Bain, KKR, Advent, EQT et Silver Lake n'ont pas souhaité faire de commentaire. Apollo n'était pas immédiatement joignable.

Au-delà du besoin urgent de liquidités, alors que les pertes des clubs professionnels français sont estimées entre 600 et 800 millions d'euros en raison des mesures restrictives imposées par la pandémie et de la perte d'environ 50% des revenus télévisés promis par Mediapro, la LFP espère que le recours à des fonds d'investissement rendra le football français plus attractif, avec pour objectif de doubler voire tripler ses revenus d'ici cinq à dix ans.

La création d'une société commerciale pourrait entraîner une modification du mode de répartition des revenus tirés des droits de diffusion entre les 40 clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, au profit des clubs les plus exposés, comme le Paris Saint-Germain et l'Olympique de Marseille - qui perçoivent à l'heure actuelle chacun moins de 10% des droits et réclament de longue date une part plus importante -, ont indiqué les sources.

Des cinq grands championnats européens - avec l'Angleterre, l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie -, le championnat de France est celui qui génère les revenus les moins élevés.

Le projet de la LFP, qui évalue la participation minoritaire ouverte aux fonds d'investissements à environ 1,5 milliard d'euros, est soutenu par le gouvernement français et par les clubs professionnels, qui ont donné leur accord de principe à la recherche de solutions stratégiques à leurs difficultés, ont assuré les sources.

"PAS LE CHOIX", DIT LABRUNE

Le consensus pourrait cependant ne pas durer: des projets similaires d'ouverture à des capitaux privés portés par la Serie A italienne et la Bundesliga allemande ont été abandonnés cette année, tandis qu'en Espagne, le Real Madrid et le FC Barcelone ont contesté en justice l'accord sur les droits télévisés conclu entre LaLiga et le fonds d'investissement CVC.

L'appel d'offres de la LFP devrait être complété d'ici au début du deuxième trimestre 2022, et un accord pourrait être signé à la fin de la saison en cours, au mois de mai, ont dit les sources.

Le contexte est favorable à une telle initiative après la faillite de Mediapro, qui devait verser 1,2 milliard d'euros par an pour diffuser la majorité des matches de Ligue 1, et son remplacement en début de saison par Amazon AMZN.O pour un montant deux fois moins élevé, en complément des matches diffusés par Canal+, propriété de Vivendi. VIV.PA

Pour compenser les pertes engendrées par cette chute des revenus télévisés, mais aussi par les matches disputés à huis clos la saison dernière, les actionnaires des principaux clubs ont dû mettre la main à la poche cet été, à hauteur d'environ 500 millions d'euros.

Mais selon la LFP, ils sont de plus en plus réticents à combler les déficits, faisant planer la menace de faillite de plusieurs clubs d'ici à la fin de saison.

"On n'a pas le choix", a affirmé Vincent Labrune au Sénat. Selon lui, le football français doit impérativement trouver un modèle solide d'ici au prochain appel d'offres pour les droits télévisés domestiques en 2023.

"On joue notre avenir de long terme dans les 18 mois qui viennent", a-t-il insisté, sans quoi "le championnat de France deviendra le championnat de Slovénie".

(Avec la contribution de Emma-Victoria Farr, rédigé par Silvia Aloisi, Tangi Salaün pour la version française, édité par Blandine Hénault)

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