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Les expulsions ont repris dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Reuters10/04/2018 à 11:13
    NOTRE-DAME-DES-LANDES, Loire-Atlantique, 10 avril (Reuters)
- L es expulsions ont repris mardi dans  la "zone à défendre"
(ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), accompagnées
comme lundi par des affrontements parfois violents entre
zadistes et forces de l'ordre.
    Quatre gendarmes ont été blessés aux jambes par des
projectiles et des coups, a déclaré un porte-parole de la
gendarmerie, qui a fait usage de gaz lacrymogène. Un véhicule
blindé a essuyé un jet de cocktail molotov sans prendre feu.
    "Nous avons progressé ce matin et repris des points
importants, nous continuons à gagner du terrain", a dit le
porte-parole.
    Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a précisé que 13
squats avaient été démantelés depuis le début de l'opération et
qu'il en restait une vingtaine.
    "L'évacuation pourrait durer jusqu'à la fin de la semaine",
a-t-il déclaré sur LCI. "Nous avons embarqué 200 caméras pour
montrer que les gendarmes emploient la force de manière
mesurée."
    Plusieurs "lieux de vie" ont été détruits dès la matinée,
comme la Chèvrerie, une "maison magnifique avec des mosaïques et
des murs en chaux" rappellent les zadistes, qui avait été
reconstruite après l'opération César, la première tentative
d'évacuation de la ZAD à l'automne 2012.
    Les "Vraies Rouges", quant à elles, sont "le plus vieux
groupement d'habitats auto-construits en terre-paille et en
bois" de la zone à défendre. 
    Ce bâtiment a aussi la particularité d'héberger l'une des
trois personnes qui représentent la ZAD dans les échanges avec
la préfecture après l'abandon du projet d'aéroport.
    "On voit là tout l'art du dialogue de la préfecture, qui
continue à montrer son vrai visage à chaque destruction", ont
fustigé les zadistes dans un communiqué.
    L'Acipa, la principale association d'opposants à l'ex-projet
d'aéroport, s'est elle-même dite "scandalisée" par la
destruction lundi des "100 Noms", autre lieu emblématique.
    "La ferme en devenir des 100 Noms portait un vrai projet
agricole, un projet solide et pérenne", fustige l'association,
qui avait pourtant pris ces dernières semaines une certaine
distance avec le reste du mouvement anti-aéroport. "Son
expulsion et sa destruction constituent une ligne rouge que le
gouvernement a franchie."
    "Si cette intervention, qui s'apparente à un César 2, n'est
pas stoppée immédiatement, l'Acipa appelle ses adhérents à venir
en nombre sur la zone (...) et à montrer leur solidarité partout
où ils se trouvent", prévient l'association.
    La préfète de la Loire-Atlantique a rappelé qu'elle avait
conditionné le maintien des zadistes sur place au dépôt de
"dossiers de projets agricoles individuels" et maintient que les
100 Noms ne l'avaient pas fait.

 (Stéphane Mahé, avec Guillaume Frouin, Elizabeth Pineau et
Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)
 

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