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Les ETF doivent encore gagner en clarté

Newsmanagers13/12/2011 à 17:00
(NEWSManagers.com) -
Au cours d'une manifestation organisée par le Club Tocqueville, en partenariat avec Ossiam, traitant des ETF (1), Pierre Bollon, délégué général de l'Association Française de la gestion financière ( AFG) a voulu voir dans le sujet du " différend" entre ETF à réplication synthétique et physique, un débat emblématique appelant une réflexion plus globale.

Dans ce cadre, le responsable a identifié quatre risques. " Le premier risque serait celui de l'immobilisme" , a-t-il indiqué, " le deuxième risque celui du passéisme que le responsable voit poindre de façon assez nette, reposant sur l'idée selon laquelle il y a trop d'innovation et qu'il serait bon de revenir en arrière. " L'industrie de la gestion française est très innovante et une telle attitude serait menaçante" a-t-il martelé.

Le troisième risque, serait celui du " confusionnisme" issu du mélange souvent réalisé entre ETP, ETF ou ETN. " Il faut de la transparence a-t-il martelé mais également de la clarté. Or, aditionner les infos n'apporte pas toujours la clarté nécessaire." . En matière de transparence, le responsable a aussi noté que plus la tracking error d'un ETF était faible, mieux cela était. A ce jeu, les ETF synthétiques sont encore les mieux placés, a-t-il rappelé. Enfin, pour le responsable de l' AFG, le quatrième risque serait celui de l'angélisme. Et de fustiger le rôle des différents régulateurs dans le monde soucieux de défendre avant tout le système financier de leur pays...

Cette dernière idée a été confortée par Patrick Artus, membre du Conseil d'Analyse Economique auprès du Premier ministre, qui a rappelé que Bâle III, par exemple, était une règle qui n'allait pas concerner les établissements bancaires américains et asiatiques par exemple.

Sur l'intérêt des ETF, Patrick Artus a également insisté sur le fait que 50 % de l'épargne en Europe était investi dans des actifs liquides alors que 80 % des besoins de financement européen étaient dits de long terme, donc illiquides. " Dans ce contexte, qui peut faire de la transformation d'épargne" s'est interrogé l'économiste. Après avoir relevé que les OPCVM étaient en décollecte, que les hedge funds étaient de moins en moins des pourvoyeurs de liquidité, et que compte tenu de la désintermédiation, des petites et moyennes entreprises étaient désormais tentées de recourir aux émissions d'obligations " high yield" ..." il reste les ETF" a conclu Patrick Artus qui s'est dit inquiet si une réglementation entendait brider ces produits.

Egalement présent à la conférence, Bruno Poulin, le président d'Ossiam est revenu, pour sa part, sur le " conflit" entre pourvoyeurs d'ETF, adepte de la réplication synthétique ou de la réplication physique. " Certes le débat est positif; mais le mal est fait" , a-t-il relevé en s'amusant de ce que l'on semble découvrir la présence de swaps dans d'autres produits que les ETF à réplication synthétique.
Après avoir rappelé que sa maison avait épousé cette technique mais qu'elle utilisera également celle de la réplication ? lire par ailleurs - le dirigeant de la société de gestion a aussi noté qu'il y avait déjà eu des problèmes de " recall" de titres prêtés aux USA et que ceux-ci n'avaient pas été mentionnés.

Interrogé à son tour, Thierry Francq, le secrétaire général de l' AMF a enfoncé le clou en indiquant que sur le prêt/emprunt de titres, les règles en vigueur étaient très différentes d'un pays à l'autre, mais que ce problème n'était pas propre à ce procédé. " D'autres exemples existent, a-t-il indiqué. En France, le dépositaire est soumis à des règles dures, ce qui n'est pas le cas dans d'autres. Dans le monde anglo-saxon, la réglementation est plus favorable à l'intermédiaire qu'en France, qui elle se soucie plus fortement de l'investisseur. "

(1) " Les OPCVM coordonnés présentent-ils un risque pour le système financier et pour les épargnants ?"


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