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Les Etats-Unis défendent leurs intérêts à la réunion du G20 de Buenos Aires

Reuters20/03/2018 à 06:45
    * Le commerce mondial a dominé les premiers échanges entre
ministres et banquiers centraux des pays du G20
    * Les Européens veulent être exemptés des droits de douane
sur
l'acier et l'aluminium
    * Les Etats-Unis ne veulent pas être "sacrifiés" au nom du
libre-échange

    par Francesco Canepa et Jan Strupczewski
    BUENOS AIRES, 20 mars (Reuters) - Les mesures
protectionnistes annoncées par Donald Trump ont dominé lundi la
première journée de la réunion des ministres des Finances et
banquiers centraux des pays du G20 à Buenos Aires, où les
représentants de l'administration américaine ont prévenu qu'ils
ne sacrifieraient pas les intérêts nationaux des Etats-Unis.
    Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a dit avoir
bon espoir que les pays du G20 parviennent à une position
commune sur le commerce mondial dans leur communiqué final,
attendu mardi. Il est important que le protectionnisme ne fasse
pas de l'ombre au commerce mondial, a-t-il expliqué à la presse.
    Même son de cloche dans les propos tenus devant la presse
par le vice-ministre japonais des Finances, Minoru Kihara. "De
nombreux pays ont exprimé leur inquiétude face aux politiques de
repli sur soi. Il est impensable que ces voix ne soient pas
reflétées demain dans le communiqué du G20", a-t-il dit.
    Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, a déclaré que
les risques de guerre commerciale et ses conséquences pour
l'économie mondiale avaient été évoqués pendant les échanges,
après la décision de Donald Trump, formalisée le 8 mars dernier,
d'imposer des taxes sur les importations d'acier et d'aluminium.
    Ces droits de douanes de 25% sur l'acier et de 10% sur
l'aluminium, avec de possibles exemptions, doivent entrer en
vigueur ce vendredi. 
    Le président américain s'apprête en outre à dévoiler, le
même jour, ses sanctions commerciales contre la Chine. Jusqu'à
60 milliards de dollars de droits de douanes supplémentaires
s'appliqueraient chaque année à des importations en provenance
de Chine, visant principalement les secteurs des technologies de
l'information, de l'électronique grand public et des télécoms.
 
    La réunion de Buenos Aires devait initialement permettre aux
représentants des 20 principales économies de la planète
d'échanger sur les prévisions économiques, l'avenir du travail,
les cryptomonnaies et l'évasion fiscale. Mais l'agenda a été
bouleversé par les annonces américaines.
    "J'espère que demain le communiqué du G20 dira que le
protectionnisme n'est pas la solution et doit être absolument
évité", a dit le commissaire européen Pierre Moscovici. 
    "Une guerre commerciale serait stupide et dommageable des
deux côtés de l'Atlantique", a-t-il ajouté, réitérant que la
Commission européenne préparait des contre-mesures dans
l'éventualité où elle ne serait pas exemptée de la hausse des
droits de douane.
    S'exprimant devant des journalistes au terme de cette
première journée, le ministre français des Finances Bruno Le
Maire a dit s'attendre à ce que l'Union européenne obtienne une
exemption totale. "La France reconnaît qu'il y a un problème de
surcapacité d'acier au niveau mondial mais plaide pour une
réponse multilatérale", a-t-il dit par ailleurs sur
Twitter. 
    
    INCERTITUDES SUR LA FORMULATION DU COMMUNIQUÉ FINAL
    Face à ce tir de barrage, le secrétaire américain au Trésor,
Steven Mnuchin, a tenu bon, affirmant que les Etats-Unis ne
pouvaient pas sacrifier leurs intérêts pour que le système
mondial fonctionne.
    "Il ne fait aucun doute que le secrétaire Mnuchin partage la
conviction très forte du président en faveur du libre-échange
mais l'environnement dans lequel nous sommes actuellement, où on
s'attend à ce que l'Amérique subordonne totalement ses intérêts
nationaux afin que le système de libre-échange fonctionne, eh
bien nous ne l'acceptons pas", a dit un haut responsable
américain.
    "Nous avons été très clairs, nous croyons au libre-échange
avec une réciprocité des termes qui conduise à des relations
commerciales plus équilibrées", a-t-il ajouté.
    Dans une version de travail du communiqué du G20 que Reuters
a pu consulter, il est écrit que les ministres des Finances s'en
tiennent à l'accord conclu par les chefs d'Etat et de
gouvernement en juillet dernier à Hambourg.
    Cet accord était ainsi rédigé: "Nous notons l'importance
d'accords bilatéraux, régionaux et plurilatéraux qui soient
ouverts, transparents, inclusifs et en cohérence avec (les
règles) de l'Organisation mondiale du commerce, et nous nous
engageons à oeuvrer pour faire en sorte qu'ils complètent les
accords commerciaux multilatéraux."
    L'accord de Hambourg, signé par tous les dirigeants du G20,
y compris Trump, ajoute que les pays de cette instance
combattront le protectionnisme et les pratiques commerciales
inéquitables mais reconnaît dans le même temps le rôle des
"instruments de défense commerciale légitimes".
    "Le problème, souligne un haut responsable européen, c'est
que chacun comprend différemment la formulation de Hambourg."

 (avec Gernot Heller
Véronique Tison, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour
le service français)
 

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