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Les dirigeants de HSBC rejettent les appels à la démission

Reuters25/02/2015 à 23:44

ENTENDUS PAR DES PARLEMENTAIRES BRITANNIQUES, LES DIRIGEANTS DE HSBC EXCLUENT DE DÉMISSIONNER

par Steve Slater et Huw Jones

LONDRES (Reuters) - L'administration fiscale britannique a annoncé mercredi qu'une réunion se tiendrait la semaine prochaine avec notamment le parquet et les autorités de régulation financière pour examiner les informations selon lesquelles la filiale suisse de HSBC a aidé des contribuables à se soustraire à l'impôt.

Parallèlement, les dirigeants de la banque ont rejeté mercredi les appels à la démission que leur ont lancé des parlementaires durant une audition de près de deux heures, souvent tendue, devant la commission du Trésor.

Douglas Flint, le président de HSBC, et Stuart Gulliver, le directeur général, ont néanmoins admis qu'ils partageaient une responsabilité collective dans les manquements survenus au sein de la filiale suisse.

Ces révélations sur les pratiques de HSBC en Suisse ne mettent pas seulement en difficulté l'établissement lui-même mais aussi diverses administrations britanniques, dont le fisc. Des députés s'interrogent ouvertement sur les raisons pour lesquelles un seul client de la filiale suisse de HSBC a fait l'objet de poursuites pour évasion fiscale et pourquoi la banque elle-même n'a pas fait l'objet d'une surveillance plus attentive.

Dans un communiqué, le fisc britannique (HMRC) dit avoir organisé une réunion avec d'autres administrations "pour examiner la manière dont les informations volées à HSBC Suisse peuvent être partagées avec elles".

Participeront à cette réunion des représentants du Serious Fraud Office, chargé de la lutte contre la délinquance financière, de la Financial Conduct Authority (FCA), chargée de la régulation des marchés financiers, du parquet, de la police de la City londonienne, de l'agence nationale de lutte contre la criminalité et d'Eurojust, organisme coordonnant les enquêtes sur les crimes graves au sein de l'Union européenne.

La direction de HSBC, la plus importante banque d'Europe, s'est déjà confondue en excuses auprès des investisseurs et des législateurs en raison des soupçons pesant sur sa filiale suisse de banque privée, accusée d'avoir aidé des clients à dissimuler au fisc des milliards de dollars d'actifs jusqu'en 2007.

"LISTE TERRIBLE"

"C'était clairement inacceptable, nous le regrettons très profondément et cela a terni la réputation de HSBC", a répété Stuart Gulliver devant la commission parlementaire du Trésor.

"J'ai la responsabilité de remettre cela en ordre. J'ai procédé à des changements importants", a-t-il ajouté.

Cette affaire s'ajoute à une longue de liste de scandales bancaires mis au jour depuis la crise financière de 2008, dont plusieurs concernent HSBC. Cette dernière a ainsi écopé il y a deux ans d'une amende de 1,9 milliard de dollars de la part des autorités américaines pour son incapacité à empêcher des pratiques de blanchiment d'argent. Elle a aussi reçu en novembre une amende de 611 millions de dollars pour sa participation à des manipulations présumées des taux de changes.

"C'est une liste terrible", a commenté Douglas Flint quand un parlementaire a énuméré les amendes et les enquêtes ayant récemment concerné HSBC.

Il a ajouté que la banque était déjà bien engagée dans un processus de simplification de son fonctionnement et de centralisation de ses procédures de contrôle. "J'espère sincèrement qu'il n'y a pas d'autres cadavres dans le placard", a-t-il dit.

Les échanges ont été particulièrement vifs entre les parlementaires et Stuart Gulliver après les révélations du Guardian ce week-end sur le fait que le directeur général de HSBC avait lui-même mis plusieurs millions de livres sterling à l'abri dans la filiale suisse de la banque via une société panaméenne.

"Avez-vous l'autorité morale pour mettre en oeuvre ce changement à HSBC?", l'a interrogé un parlementaire.

Stuart Gulliver a démenti toute malversation. Il a jugé qu'être domicilié à Hong Kong ne constituait pas une pratique offensive d'évitement de l'impôt. Il a dit s'être acquitté de l'ensemble de ses impôts en Grande-Bretagne et avoir ouvert ce compte en Suisse via une société au Panama afin que ses collègues ne puissent connaître l'état de ses finances.

Le directeur général de HSBC a assuré que les manquements relevés en Suisse appartenaient au passé et que cette entité avait été transformée en profondeur.

(avec Tom Bergin; Bertrand Boucey pour le service français)

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par Steve Slater et Huw Jones

LONDRES (Reuters) - L'administration fiscale britannique a annoncé mercredi qu'une réunion se tiendrait la semaine prochaine avec notamment le parquet et les autorités de régulation financière pour examiner les informations selon lesquelles la filiale suisse de HSBC a aidé des contribuables à se soustraire à l'impôt.

Parallèlement, les dirigeants de la banque ont rejeté mercredi les appels à la démission que leur ont lancé des parlementaires durant une audition de près de deux heures, souvent tendue, devant la commission du Trésor.

Douglas Flint, le président de HSBC, et Stuart Gulliver, le directeur général, ont néanmoins admis qu'ils partageaient une responsabilité collective dans les manquements survenus au sein de la filiale suisse.

Ces révélations sur les pratiques de HSBC en Suisse ne mettent pas seulement en difficulté l'établissement lui-même mais aussi diverses administrations britanniques, dont le fisc. Des députés s'interrogent ouvertement sur les raisons pour lesquelles un seul client de la filiale suisse de HSBC a fait l'objet de poursuites pour évasion fiscale et pourquoi la banque elle-même n'a pas fait l'objet d'une surveillance plus attentive.

Dans un communiqué, le fisc britannique (HMRC) dit avoir organisé une réunion avec d'autres administrations "pour examiner la manière dont les informations volées à HSBC Suisse peuvent être partagées avec elles".

Participeront à cette réunion des représentants du Serious Fraud Office, chargé de la lutte contre la délinquance financière, de la Financial Conduct Authority (FCA), chargée de la régulation des marchés financiers, du parquet, de la police de la City londonienne, de l'agence nationale de lutte contre la criminalité et d'Eurojust, organisme coordonnant les enquêtes sur les crimes graves au sein de l'Union européenne.

La direction de HSBC, la plus importante banque d'Europe, s'est déjà confondue en excuses auprès des investisseurs et des législateurs en raison des soupçons pesant sur sa filiale suisse de banque privée, accusée d'avoir aidé des clients à dissimuler au fisc des milliards de dollars d'actifs jusqu'en 2007.

"LISTE TERRIBLE"

"C'était clairement inacceptable, nous le regrettons très profondément et cela a terni la réputation de HSBC", a répété Stuart Gulliver devant la commission parlementaire du Trésor.

"J'ai la responsabilité de remettre cela en ordre. J'ai procédé à des changements importants", a-t-il ajouté.

Cette affaire s'ajoute à une longue de liste de scandales bancaires mis au jour depuis la crise financière de 2008, dont plusieurs concernent HSBC. Cette dernière a ainsi écopé il y a deux ans d'une amende de 1,9 milliard de dollars de la part des autorités américaines pour son incapacité à empêcher des pratiques de blanchiment d'argent. Elle a aussi reçu en novembre une amende de 611 millions de dollars pour sa participation à des manipulations présumées des taux de changes.

"C'est une liste terrible", a commenté Douglas Flint quand un parlementaire a énuméré les amendes et les enquêtes ayant récemment concerné HSBC.

Il a ajouté que la banque était déjà bien engagée dans un processus de simplification de son fonctionnement et de centralisation de ses procédures de contrôle. "J'espère sincèrement qu'il n'y a pas d'autres cadavres dans le placard", a-t-il dit.

Les échanges ont été particulièrement vifs entre les parlementaires et Stuart Gulliver après les révélations du Guardian ce week-end sur le fait que le directeur général de HSBC avait lui-même mis plusieurs millions de livres sterling à l'abri dans la filiale suisse de la banque via une société panaméenne.

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Stuart Gulliver a démenti toute malversation. Il a jugé qu'être domicilié à Hong Kong ne constituait pas une pratique offensive d'évitement de l'impôt. Il a dit s'être acquitté de l'ensemble de ses impôts en Grande-Bretagne et avoir ouvert ce compte en Suisse via une société au Panama afin que ses collègues ne puissent connaître l'état de ses finances.

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(avec Tom Bergin; Bertrand Boucey pour le service français)


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