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Les créances irrécouvrables diminuent mais il faut encore agir-UE

Reuters18/01/2018 à 14:36
 (Actualisé avec des précisions) 
    par Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 18 janvier (Reuters) - Le poids des créances 
douteuses dans le bilan des banques européennes diminue mais 
reste élevé, a estimé jeudi la Commission européenne, qui 
prépare des mesures de sécurité mal perçues par les grands 
établissements. 
    La crise financière mondiale de 2007-2009 a entraîné une 
accumulation de créances douteuses et irrécouvrables (ou prêts 
non performants, PNP) dans les bilans des banques européennes, 
qu'elles peinent à recouvrer auprès d'entreprises et de ménages 
en difficulté. 
    Mais à mesure que l'économie se redresse au sein de l'Union 
européenne, le montant de ces créances diminue lentement, 
indique la Commission européenne dans un rapport.  
    Sur la base des données de la Banque centrale européenne, 
l'exécutif européen a calculé qu'elles représentaient 4,6% de 
l'encours de crédits des banques de l'UE entre avril et juin, 
soit une baisse d'un point de pourcentage sur un an.  
    Toutefois, les créances douteuses représentent encore 950 
milliards d'euros dans les 28 pays de l'UE et 5,4% de l'encours 
de crédits dans les 19 pays de la zone euro.  
    Elles sont par ailleurs inégalement réparties : la Grèce à 
elle seule détient près de la moitié des crédits classés PNP, 
tandis que l'Allemagne et les Pays-Bas en représentent moins de 
3%. 
    Pour régler le problème, la Commission envisage de proposer 
de nouvelles mesures en mars afin d'aplanir cette montagne 
d'actifs douteux et éviter que les banques n'en accumulent de 
nouveaux. 
    Une refonte des règles d'insolvabilité et un renforcement du 
marché secondaire des créances douteuses figurent parmi les 
mesures envisagées. 
    Pour limiter une accumulation future de PNP, la Commission 
doit étudier "la mise en place de dispositifs de soutien de type 
prudentiel visant à parer à un éventuel sous-provisionnement 
applicables aux prêts nouvellement émis", étant entendu que le 
mécanisme ne s'appliquerait qu'aux prêts nouvellement émis qui 
deviendraient pas la suite non performants. 
     
    MATELAS 
    Cette décision clarifie les intentions de la Commission, qui 
avait auparavant déclaré que des mesures touchant à des 
provisionnements de fonds propres étaient possibles mais pas 
certaines. 
    La perspective de devoir à nouveau constituer des matelas de 
fonds propres déplaît fortement aux banques, qui y voient une 
entrave à leur capacité de prêter et une source d'aggravation de 
leurs coûts. 
    Des mesures adaptées aux banques les plus exposées seraient 
suffisantes pour traiter le problème plutôt qu'adopter la même 
approche pour tout le monde, dit ainsi Simon Lewis, directeur 
général du groupe de pression AFME. 
    Des responsables européens précisent qu'il reste à la 
Commission à définir ce que sont des prêts nouveaux et à quel 
moment les nouvelles dispositions prudentielles 
s'appliqueraient. 
    Ainsi, la question de savoir s'il faut incorporer dans les 
nouveaux prêts la dette restructurée ou les nouveaux 
remboursements des échéances d'anciens prêts n'est toujours pas 
tranchée. 
    La date butoir pour séparer les nouveaux prêts des anciens 
n'est pas encore fixée non plus, a dit Valdis Dombrovkis, le 
vice-président de l'exécutif européen, en conférence de presse. 
    La Commission étudie quatre possibilités : novembre 2017, la 
date de publication des nouvelles propositions - sans doute en 
mars -, la date d'entrée en vigueur des nouvelles mesures - ce 
qui pourrait impliquer un délai de deux ans -, et une date 
encore plus éloignée. 
    Valdis Dombrovskis a souligné que le nouveau dispositif ne 
concernerait strictement que les nouveaux prêts, ce qui est 
censé apaiser ceux qui craignent qu'il ne serve de référence 
susceptible d'être appliquée ultérieurement à l'encours de PNP 
existants. 
    L'Italie, l'un des pays les plus chargés en PNP, réclame 
leur élimination progressive et ne veut pas entendre parler de 
ventes forcées qui créeraient des trous béants dans les bilans. 
    D'autre pays, tels que l'Allemagne, veulent au contraire 
accélérer pour réduire les risques du secteur bancaire, ce qui 
pourrait déboucher en dernier ressort sur une intégration 
financière renforcée de la zone euro. 
 
 (Claude Chendjou et Wilfrid Exbrayat pour le service français, 
édité par Dominique Rodriguez) 
 

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