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Les banquiers français courtisés par les boutiques américaines-sces
Reuters18/10/2019 à 16:33

    * Evercore, Centerview parmi les banques qui lorgnent
Paris-sces
    * Evercore travaille avec le chasseur de tête Charta
Partners-sces
    * Nicolas Constant, Pierre Pasqual ont quitté Lazard
    * Ils pourraient rejoindre une boutique US-sources
    * Pigasse a eu des discussions avec des boutiques,
Mediobanca-sces

    par Pamela Barbaglia, Gwénaëlle Barzic et Rob Cox
    LONDRES/PARIS/NEW YORK, 18 octobre (Reuters) - Plusieurs
banques d'affaires américaines indépendantes cherchent à
recruter des pointures du M&A à Paris face à l'imminence du
Brexit et ont déjà débauché plusieurs banquiers dans de grandes
maisons de la place parisienne dont Lazard  LAZ.N , ont dit
plusieurs sources à Reuters.
    Evercore  EVR.N , dont le siège est à New York, a fait appel
au cabinet de chasseur de têtes Charta Partners, pour embaucher
des banquiers français ayant des liens étroits avec des groupes
du CAC 40, ont expliqué les sources, alors que la "boutique"
américaine se prépare à ouvrir un bureau en France.
    Evercore est en concurrence directe avec les autres sociétés
indépendante américaines Centerview, Greenhill  GHL.N , Perella
Weinberg et Moelis, qui cherchent aussi à recruter en France.
    Cette percée coïncide avec l'imminence de la sortie de la
Grande-Bretagne de l'Union européenne, qui pousse les banques
d'affaires à étoffer leur présence en Europe pour y conserver
l'accès à leurs clients.
    Paris dispose d'atouts pour servir de tête de pont en Europe
aux établissements internationaux cherchant une alternative à
Londres et Francfort.
    Mais la France a reculé dans les classements des opérations
de fusions-acquisitions depuis un record en 2017 où elle avait
atteint la 4e place avec un total de 105 milliards de dollars de
transactions, selon des données Refinitiv.
    En 2018, elle est passée derrière l'Italie, reculant à la 7e
place pour un total de seulement 54 milliards de dollars (48,5
milliards d'euros) de transactions.
    Sur les trois premiers trimestres de cette année, les
opérations de fusion-acquisition en France ont représenté moins
de 40 milliards de dollars, le "méga" projet de rapprochement
entre Renault  RENA.PA  et Fiat Chrysler Automobiles  FCHA.MI 
ayant été abandonné.
    
    PARIS, NOUVELLE TÊTE DE PONT POUR LE M&A EN EUROPE
    Les banques internationales font toutefois le pari que le
marché va reprendre, notamment parce que de grands groupes
français ont l'ambition d'étendre leur présence à travers le
monde via des acquisitions.
    "C'est le bon moment pour être un banquier français. En
réalité, les banquiers français aguerris sont très demandés en
ce moment", explique un recruteur basé à Londres, selon lequel
les boutiques ont des projets ambitieux de recrutements.
    "Paris est une sorte de guichet unique", explique un
responsable gouvernemental français, ancien banquier. "Les
banques, les assurances, les grands groupes, l'industrie, tout y
est".
    Greenhill a recruté en septembre Amélie Negrier-Oyarzabal,
associée chez Lazard pendant 16 ans, pour superviser la mise en
place d'une équipe française.  
    Deux autres banquiers de Lazard, Nicolas Constant et Pierre
Pasqual, ont quitté la célèbre institution récemment pour
rejoindre des boutiques américaines dont le nom n'a pas été
identifié, ont dit des sources à Reuters.
    Nicolas Constant était "managing director" à Lazard où il
était entré il y a 14 ans pour se concentrer notamment sur le
capital-investissement tandis que Pierre Pasqual était gérant
dans la banque qu'il a rejoint en 2012 après avoir travaillé
pour Barclays.
    Leur départ a alimenté les spéculations sur un possible
départ du PDG de Lazard en France Matthieu Pigasse, ont dit des
sources à Reuters, alors que ce dernier a eu récemment des
discussions avec plusieurs boutiques dont Evercore. 
    Lazard a démenti le départ de son banquier star mais a
confirmé ceux de Nicolas Constant et Pierre Pasqual.
    Evercore et les autres banques n'ont pas souhaité faire de
commentaire.
    
    DÉBAUCHER MATTHIEU PIGASSE
    Le responsable mondial de la banque d'investissement de
Lazard a joué un rôle clef dans l'obtention par Lazard d'un
mandat pour l'introduction en Bourse d'Aramco, aux dépens
d'Evercore qui avait été retenue en 2017 par le géant pétrolier.
    Matthieu Pigasse s'est rendu à Ryad au moment où les banques
faisaient leur présentation à Aramco, a rapporté une source au
fait de la question, et il a également travaillé sur la première
émission obligataire internationale du groupe cette année. 
    Le gain d'Aramco a contribué à la réputation de Matthieu
Pigasse en dehors de la France, faisant de lui un candidat idéal
pour les banques américaines.
    Un peu plus tôt cette année, le banquier de 51 ans,
également connu en France pour ses investissements dans les
médias, a eu des discussions avec Mediobanca  MDBI.MI  en vue de
possiblement rejoindre la banque italienne, ont dit à Reuters
deux sources directement au fait des discussions.
    Mediobanca, qui est dirigée par Alberto Nagel, n'était pas
joignable dans l'immédiat pour un commentaire.
    La banque italienne cherche également à gagner des parts de
marché en France et le banquier français a pris contact en mars
alors qu'elle était en discussions pour acquérir 66% dans la
banque d'affaires française Messier Maris & Associés, une
transaction annoncée en avril, ont précisé les sources.
    Matthieu Pigasse n'a pas répondu aux demandes de commentaire
de Reuters.
    Perella Weinberg a également fait le choix de Paris. La
banque d'affaires y a ouvert un bureau en 2018 et recruté des
banquiers français de Bank of America et Goldman Sachs.
    Centerview lorgne également la capitale française, selon une
source au fait de sa stratégie, mais n'y ouvrira une antenne
qu'à la condition de pouvoir recruter une pointure du M&A.
    Moelis a ouvert un bureau sur les Champs Elysées et
conseille des clients internationaux cherchant à acquérir des
actifs français.

 (Avec Greg Roumeliotis, édité par Jean-Michel Bélot)
 

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