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Les banques appelées à de gros efforts dans le "retail"

Reuters04/12/2012 à 15:22

SELON UNE ÉTUDE, LES BANQUES FRANÇAISES VONT DEVOIR FAIRE DE GROS EFFORTS DANS LEURS ACTIVITÉS DE "RETAIL"

PARIS (Reuters) - Les banques françaises vont enregistrer une baisse de leurs revenus dans leurs activités de "détail" dans les années à venir et vont devoir repenser leurs réseaux et leurs pratiques commerciales face aux évolutions de la conjoncture et des attentes de leur clientèle, selon une étude publiée mardi.

Dans son scénario de référence, le cabinet de conseil Roland Berger estime que le produit net bancaire (PNB) des réseaux des neuf plus grandes banques françaises* devrait s'établir à 52 milliards d'euros en 2015, en recul de trois milliards d'euros par rapport à 2011.

Le coût du risque, calculé par Roland Berger à 4,9 milliards d'euros l'an passé, pourrait grimper jusqu'à sept milliards en 2015, une dynamique qui devrait peser sur la rentabilité, même avec le déploiement de programmes de réductions de coûts.

En cause selon le cabinet, une croissance économique molle attendue en France, la remontée progressive des taux d'intérêt et le durcissement des règles prudentielles qui contraignent les établissements financiers à renforcer leurs fonds propres en vue de la mise en application des règles de "Bâle III".

"Les banques françaises sont confrontées à une décroissance durable dans le 'retail'", souligne Fabrice Asvazadourian, coauteur de l'étude.

"Avec la pression des pouvoirs publics et des associations de consommateurs, la concurrence des acteurs alternatifs comme les banques en ligne, les banques (traditionnelles) n'arrivent plus depuis longtemps à faire progresser leurs tarifs au même rythme que l'inflation, cette tendance devrait se poursuivre", ajoute-t-il.

Roland Berger a également calculé que les banques françaises devraient réduire leurs frais de gestion de 5% par an d'ici à 2015 pour maintenir la contribution actuelle de la banque de détail à leurs résultats avant impôts.

"DES ANIMAUX QUI BOUGENT DOUCEMENT"

"Les banques de détail sont des animaux qui bougent doucement, elles sont moins réactives que les banques de financement et d'investissement" (BFI), explique Fabrice Asvazadourian.

Selon lui, la seule stabilité des frais de gestion, pourtant en augmentation depuis cinq ans, entraînerait une diminution de la rentabilité de la banque de détail de près de 30% d'ici à deux ans.

Roland Berger recommande aux banques de redimensionner leurs réseaux d'agences en modifiant par exemple leurs offres et leurs horaires, de développer davantage leur expertise sur les offres destinées à la clientèle senior et de personnaliser davantage leurs relations avec la clientèle en vue d'éviter de se banaliser compte tenu de la concurrence croissante d'internet.

Plusieurs sources bancaires ont déclaré à Reuters ces dernières semaines que les banques françaises envisageaient de tailler davantage dans leurs coûts en 2013 pour s'adapter au contexte économique.

Lors d'une interview à Reuters Insider début novembre, Jean-Laurent Bonnafé, administrateur et directeur général de BNP Paribas, a déclaré que son groupe se préparait à faire évoluer son modèle de banque de détail en France.

Le départ à la retraite de plusieurs milliers de collaborateurs du secteur bancaire chaque année conduit naturellement les banques à annoncer régulièrement de grands programmes de recrutement. Mais ceux-ci pourraient désormais être d'une ampleur beaucoup moins importante et se traduire, en net, par des réductions d'effectifs dans les réseaux.

Dans une note de recherche, les analystes de Credit Suisse ont récemment estimé qu'une diminution de 10% de la taille du réseau de BNP Paribas, de Société générale et de Crédit agricole, soit la fermeture de 1.700 agences, serait susceptible de doper le résultat avant impôt de ces divisions de 9%.

* BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, LCL, Banques populaires, Caisse d'Epargne, Banque postale, Crédit mutuel, CIC

Matthias Blamont, édité par Dominique Rodriguez

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