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Les agriculteurs appellent Macron à la fermeté avec la grande distribution
Reuters11/02/2019 à 20:54

    * Macron reçoit les syndicats agricoles
    * Négociations commerciales en cours 
    * Macron évoque une interdiction à 85% du glyphosate en 2021

 (Actualisé avec source Elysée sur glyphosate)
    PARIS, 11 février (Reuters) - Les dirigeants des principaux
syndicats agricoles ont demandé lundi à Emmanuel Macron de la
"fermeté" à l'égard des acteurs de la filière agro-alimentaire
ne "jouant pas le jeu", lors d'un entretien avec le chef de
l'Etat dans le cadre du "grand débat" organisé en réponse à la
crise des "Gilets jaunes".
    Première à être reçue, la présidente de la Fédération
nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) a
annoncé qu'elle apporterait sa pierre à cette concertation
nationale qui prendra fin le 15 mars et qui doit déboucher sur
des "solutions concrètes". 
    "Nous allons proposer une contribution pour le grand secteur
agricole - 14% des emplois français, troisième secteur
exportateur, une activité qui tient les territoires et une
alimentation saine, sécurisée et diversifiée", a déclaré
Christiane Lambert à la presse à l'Elysée, ajoutant que le
principal syndicat agricole français serait "sans concession".
    "La fracture rurale et sociétale est très forte, on le voit
aujourd'hui avec le mouvement (des "Gilets jaunes"-NDLR),
l'agriculteur c'est un pivot dans la ruralité et nous souhaitons
qu'il en soit davantage conscient", a-t-elle ajouté.
    La FNSEA exige que les Etats généraux de l'alimentation et
la loi alimentation produisent "tous leurs effets, le retour
prix au producteur doit s'opérer", a-t-elle insisté en évoquant
"des réticences dans certaines négociations commerciales".
    
    MACRON PROMET DE LA FERMETÉ
    Même son de cloche chez les Jeunes agriculteurs (JA).     
    "La loi étant en ce moment en train de se mettre en
application, nous avons redemandé au président d'être très ferme
avec l'ensemble des acteurs qui ne souhaiteraient pas jouer le
jeu", a dit son président, Jérémy Decerle. 
    "On sent qu'il veut que cette loi porte ses fruits, apporte
des résultats. Nous, nous y serons vigilants, lui il a l'air
d'avoir envie de l'être", a-t-il poursuivi. 
    Pour Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération
paysanne, "aujourd'hui nous on ne s'y retrouve pas".
    "On voit que ceux qui sont servis c'est surtout la grande
distribution", a-t-il dit. "Au-delà des discours, on a envie
d'actes. Dans les fermes, il y a des gens qui sont dans des
détresses morales terribles et le prix du lait ne bouge pas".
    Selon l'entourage du chef de l'Etat, Emmanuel Macron a
assuré lors de ces entretiens que les engagements pris dans la
loi agriculture et alimentation - dite "loi Egalim" - seraient
tenus et qu'il attendait des avancées sur les plans de filière. 
    Le chef de l'Etat a également évoqué les sujets européens
dans la perspective de la politique agricole commune (PAC) et du
Salon de l'agriculture qui se tiendra du 23 février au 3 mars
porte de Versailles à Paris, a-t-on précisé de même source.     
    Séduits en octobre 2017 par les promesses d'Emmanuel Macron
d'un "revenu décent", les agriculteurs dénoncent depuis
plusieurs mois les "blocages" de la grande distribution qui
empêchent selon eux l'application de la loi Egalim visant à
mieux rétribuer les agriculteurs avec le relèvement de 10% du
seuil de revente à perte (SRP) et encadre les promotions.   
    Adoptée en octobre dernier, cette loi doit faire l'objet
jeudi matin à Matignon d'une réunion de suivi autour du Premier
ministre Edouard Philippe en présence des ministres concernés.
    Une autre réunion est prévue mercredi concernant les
négociations commerciales de l'alimentation qui durent jusqu'à
fin février entre producteurs et distributeurs, en présence des
ministres de l'Agriculture et de l'Economie et des Finances,
Guillaume Didier et Bruno Le Maire. 
    
    GLYPHOSATE ET AIDES BIO
    Au-delà de l'application d'Egalim, la question du versement
des aides pour les producteurs bio est également source de
crispations entre les agriculteurs et le gouvernement.
    Interrogé à ce sujet jeudi dernier lors d'un débat avec un
millier de jeunes en Saône-et-Loire, Emmanuel Macron a assuré
que les retards pris dans le versement de ces aides seraient
"soldés" "au printemps", évoquant de "gros dysfonctionnements
administratifs" et des "problèmes informatiques et techniques".
    Autre pierre d'achoppement, la question du glyphosate, un
herbicide jugé dangereux par les défenseurs de l'environnement
mais que certains agriculteurs souhaitent continuer à utiliser. 
    Emmanuel Macron a "réaffirmé son engagement sur la sortie du
glyphosate pour 85% des usages (...)  et travaille dès à présent
sur les 15%" (agriculture de conservation, les fruits légumes de
plein champ et vignoble en pente)", a fait savoir l'Elysée. 
    Le chef de l'Etat s'est engagé en 2017 à bannir le
glyphosate en France d'ici à 2021 tout en laissant ouverte la
porte à de possibles dérogations, jugeant initialement que des
solutions alternatives et immédiates existaient pour "90% des
situations". Didier Guillaume avait précisé fin janvier que la
sortie du glyphosate serait réalisée à 80% au 1er janvier 2021.
    Sur la question du glyphosate, Christiane Lambert a salué 
"le pragmatisme du président de la République qui a dit à
plusieurs reprises que sans solutions il y aurait des
dérogations pour un pourcentage de situations. Ce retour au
pragmatisme était indispensable".

 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse et Julie Carriat)
 

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