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Le SPD pressé d'accepter une nouvelle "grande coalition" en Allemagne
Reuters23/11/2017 à 20:26

    * La crise se prolonge après l'échec d'une coalition 
"Jamaïque" 
    * Martin Schulz a été reçu par le président Steinmeier 
    * Le chef du SPD discute avec l'état-major de son parti 
 
 (Actualisé avec entretien Schulz-Steinmeier, hypothèses 
évoquées) 
    par Michael Nienaber 
    BERLIN, 23 novembre (Reuters) - Les appels se multiplient en 
Allemagne pour la reconduction de l'alliance gouvernementale 
entre conservateurs et sociaux-démocrates, après l'échec des 
discussions en vue d'établir une coalition "Jamaïque" 
rassemblant la CDU-CSU, les libéraux et les Verts. 
    Le numéro un du Parti social-démocrate (SPD), Martin Schulz, 
qui a été reçu jeudi par le président Frank-Walter Steinmeier,  
a exclu jusqu'à présent une nouvelle "grande coalition" avec les 
conservateurs après les mauvais résultats de son parti aux 
élections législatives de septembre. 
    Après quatre années de pouvoir partagé avec le bloc CDU-CSU, 
il veut que le parti reconstitue ses forces dans l'opposition 
mais ce choix semble de plus en plus discuté au sein même de sa 
formation. 
    Trente élus du SPD au Bundestag, sur 153, se sont interrogés 
lors d'une réunion sur la décision de Schulz, a rapporté 
mercredi le quotidien Bild. 
    Dans un entretien au Passauer Neue Presse, le député 
social-démocrate Johannes Kahrs a demandé à Schulz de faire 
preuve d'ouverture d'esprit lors de sa rencontre avec 
Steinmeier. "On ne peut pas se contenter de dire au président: 
'Désolé, c'est comme ça'", a-t-il dit. 
    Selon le journal Bild, le ministre sortant des Affaires 
étrangères, Sigmar Gabriel, qui a laissé la direction du SPD à 
Schulz quand il a pris la tête de la diplomatie allemande cette 
année, est également favorable à une nouvelle "grande 
coalition". 
     
    UNE "GRANDE COALITION" SANS MERKEL ? 
    Dans un entretien jeudi à la chaîne ZDF, le numéro deux du 
SPD, Karl Lauterbach, a jugé lui aussi que son parti devait 
réexaminer sa position. Mais il s'est dit sceptique sur la 
possibilité de former une nouvelle coalition si Angela Merkel 
reste à la chancellerie. 
    Côté conservateur également, des voix s'élèvent en faveur 
d'un nouvel accord avec le SPD. 
    Volker Kauder, chef du groupe CDU au Bundestag, la chambre 
basse du parlement, a appelé jeudi les sociaux-démocrates à 
revenir sur leur décision de se cantonner dans l'opposition. 
    "L'Europe attend que l'Allemagne soit en mesure d'agir pour 
répondre aux questions soulevées par le président français 
(Emmanuel) Macron. Le pays le plus fort économiquement en Europe 
ne peut pas apparaître comme un nain politique", a déclaré 
Volker Kauder au journal Südwest Presse. 
    Il faisait référence à l'appel d'Emmanuel Macron en faveur 
de réformes budgétaires en vue de renforcer la zone euro. 
    "En conséquence, je souhaite que les partenaires de la 
coalition gouvernementale sortante puissent de nouveau se 
rassembler", a-t-il ajouté. 
    Le président Steinmeier, un social-démocrate qui mène des 
consultations en vue de faciliter la formation d'un gouvernement 
et d'éviter de nouvelles élections, a longuement reçu Martin 
Schulz jeudi après-midi. 
    Martin Schulz s'est rendu ensuite au siège du SPD pour 
s'entretenir avec l'état-major du parti.  
    "Nous discuterons pour savoir si et de quelle manière on 
peut obtenir un gouvernement fédéral en Allemagne", a dit un 
cadre du SPD avant la réunion.  
    L'une des hypothèses évoquées, a ajouté ce dernier, est un 
soutien sans participation : les sociaux-démocrates 
s'abstiendraient de voter contre un gouvernement minoritaire 
dirigé par les conservateurs.  
    Stephan Weil, ministre-président du Land de Basse-Saxe, 
conforté dans sa position au sein du SPD depuis sa réélection 
cette année, a toutefois dit préférer une "große Koalition" à un 
gouvernement minoritaire, qu'il a qualifié de "construction 
fragile".  
    La chancelière Angela Merkel n'a pas caché qu'elle 
préférerait elle aussi une reconduite de l'alliance avec les 
sociaux-démocrates.  
    Si le SPD décide de rester dans l'opposition, la chancelière 
serait favorable à de nouvelles élections plutôt qu'à la 
formation d'un gouvernement minoritaire. 
    Si le SPD change d'avis, la position de Martin Schulz à la 
tête du parti deviendra difficilement tenable. Mais une alliance 
avec les conservateurs, sous une forme ou une autre, exigerait 
un changement de direction, qui n'aurait probablement pas lieu 
avant le prochain congrès du SPD, du 7 au 9 décembre.  
 
 (Guy Kerivel et Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 

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