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Le scandale Kobe Steel étendu à l'acier; l'action perd encore 9%
Reuters13/10/2017 à 11:19

    * Le scandale étendu à l'acier 
    * Quelque 500 entreprises touchées 
    * Réactions dans l'automobile, l'aviation, le nucléaire 
    * L'action a perdu plus de 40% 
 
    par Yuka Obayashi 
    TOKYO, 13 octobre (Reuters) - Kobe Steel  5406.T  a révélé 
vendredi que sa division acier avait également falsifié des 
produits, dernière en date des révélations du sidérurgiste sur 
un scandale qui prend chaque jour de l'ampleur au risque de 
ternir la réputation de qualité industrielle du Japon. 
    La capitalisation boursière du troisième sidérurgiste nippon 
a fondu de quelque 1,89 milliard de dollars cette semaine et son 
action a encore perdu 8,7% vendredi sur une Bourse de Tokyo qui 
a elle fini en hausse de 0,96%. L'action a perdu plus de 40% 
depuis que le scandale a éclaté. 
    Kobe Steel avait annoncé dimanche avoir falsifié des données 
de contrôle qualité afin que ses produits à base d'aluminium et 
de cuivre répondent aux cahiers des charges de ses clients de 
l'automobile, de l'aéronautique et de l'espace et de la défense. 
    Il avait également admis mercredi la possibilité d'une 
falsification des données sur ses produits à base de poudre de 
fer et a précisé qu'il avait ouvert une enquête en interne à la 
suite des révélations de la presse. 
    Le scandale prend une telle ampleur que plusieurs grands 
groupes internationaux, notamment de l'automobile et de 
l'aéronautique, ont cru bon de réagir, d'autant que le quotidien 
financier Nikkei écrit qu'une trentaine de clients non japonais, 
dont Airbus et Daimler, sont affectés par cette affaire de 
fraude aux données.  
    Selon un responsable de Kobe Steel, le sidérurgiste a fourni 
des matériaux industriels douteux à quelque 500 entreprises de 
par le monde. 
    General Motors  GM.N  a dit jeudi qu'il vérifiait si ses 
automobiles comportaient des pièces ou des composants fournis 
par le sidérurgiste japonais.  
    PSA  PEUP.PA  et Daimler  DAIGn.DE  ont fait savoir que Kobe 
Steel ne figurait pas au nombre de leurs fournisseurs. 
    Airbus  AIR.PA  a déclaré qu'il n'achetait pas directement 
de pièces à Kobe Steel mais a ajouté qu'il menait une enquête 
pour savoir si des fournisseurs étaient touchés. 
    En revanche, selon une source proche du dossier, Boeing 
 BA.N  a employé des produits du sidérurgiste dont la 
certification a été falsifiée.  
    Le constructeur aéronautique ne considère pas toutefois 
qu'il y ait pour autant un problème de sécurité dans l'immédiat 
mais il procède à une enquête sur ses produits et informera les 
compagnies aériennes clientes de ses conclusions, a ajouté la 
source.  
    Le secteur du nucléaire est également concerné. Tokyo 
Electric Power (Tepco)  9501.T , le gestionnaire du site de 
Fukushima, a dit vendredi qu'il avait pris livraison de tuyaux 
produits par Kobe Steel qui n'avait pas été correctement 
vérifiés. 
    Les tuyaux ont été livrés à la centrale de Fukushima Daini, 
non loin de la centrale détruite Fukushima Daiichi, mais n'ont 
pas été utilisés, a précisé Tepco, ajoutant qu'il procédait à 
une inspection de tous ses sites.  
    Des pièces incorrectement certifiées ont également été 
détectées dans les TGV japonais et dans une fusée lancée par le 
Japon cette semaine. L'un des opérateurs des Shinkansen a déjà 
fait savoir qu'il réclamerait un dédommagement à Kobe Steel. 
     
    CRÉDIBILITÉ "RÉDUITE À NÉANT" 
    Le ministère japonais de l'Economie, du Commerce et de 
l'Industrie a donné deux semaines à Kobe Steel pour faire 
connaître les résultats des contrôles de sécurité et les raisons 
de ces falsifications, et un mois pour prendre des mesures afin 
que cela ne se renouvelle pas. 
    Le directeur général Hiroya Kawasaki a dit vendredi, lors 
d'une conférence de presse, que son entreprise comptait 
dédommager les clients des coûts engendrés par le scandale, tout 
en ajoutant qu'il n'avait reçu aucune demande en ce sens pour le 
moment. 
    Il a précisé que les matériaux affectés par un certification 
truquée ou par l'absence de vérification requise représentaient 
4% environ du chiffre d'affaires total de la division aluminium 
et cuivre. 
    Kobe Steel s'expose à des poursuites aussi bien des 
autorités, que de ses clients ou encore des actionnaires qui 
pourraient lui reprocher la chute de l'action qui a fait suite 
aux révélations.  
    "Difficile d'anticiper l'étendue des coûts juridiques", a 
dit Motokazu Endo, avocat du cabinet Tokyo Kasumigaseki. "On ne 
peut exclure la possibilité que Kobe en soit ébranlé au plus 
profond". 
    Kobe Steel, fondé en 1905, est l'un des piliers du secteur 
industriel du Japon. Le Premier ministre Shinzo Abe avait 
travaillé dans cette entreprise avant de bifurquer vers la 
politique. 
    Mais son blason s'est considérablement terni comme l'a dit 
le directeur général Kawasaki pour qui la crédibilité de 
l'entreprise "est réduite à néant". 
    Plusieurs gros scandales avaient déjà brouillé par le passé 
l'image d'un secteur industriel japonais jadis admiré et soulevé 
de graves questions de gouvernance. 
 
 (Avec Ayai Tomisawa, Chang-Ran Kim, Kaori Kaneko, Tim Kelly, 
Guilles Guillaume et Benoît Van Overstraeten, Bureau de 
Francfort, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par 
Marc Joanny) 
 

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