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Le report du Brexit évite une "issue terrible"-Lagarde (FMI)
Reuters11/04/2019 à 20:49

    par David Lawder et Leika Kihara
    WASHINGTON, 11 avril (Reuters) - Le report de six mois de la
sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne évite "l'issue
terrible" d'un divorce sans accord qui aurait encore aggravé les
difficultés d'une économie mondiale en voie de ralentissement, a
affirmé jeudi la directrice générale du Fonds monétaire
international (FMI).
    Pour autant, cet arrangement va prolonger les incertitudes
et ne résoudra pas les problèmes entre Londres et l'UE, a
souligné Christine Lagarde lors d'une conférence de presse à
Washington à l'occasion des réunions de printemps du FMI et de
la Banque mondiale.
    Les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont convenu
dans la nuit de mercredi à jeudi de reporter au 31 octobre la
date du Brexit, mais sans livrer de certitudes sur ses modalités
ni même sur une date précise.  
    "Au moins le Royaume-Uni ne part pas le 12 avril sans
accord. Cela laisse du temps pour la poursuite des discussions
entre les différentes parties impliquées au Royaume-Uni. Cela
permet probablement aux agents économiques de mieux se préparer
à toutes les éventualités (...) pour tenter d'assurer leur
avenir", a déclaré la patronne du FMI.
    "Un Brexit sans accord aurait été une issue terrible."
    Le Brexit est l'un des nombreux risques économiques qui a
amené le FMI à abaisser cette semaine sa prévision de croissance
mondiale à 3,3% pour cette année, le niveau le plus bas depuis
2016, avant une légère accélération attendue à 3,6% en 2020.
 
    "Nous soutenons que nous sommes à un moment délicat", a fait
valoir Christine Lagarde. "Ce rebond attendu (...) est précaire
et sujet à des risques baissiers allant des tensions
commerciales non réglées, de l'endettement élevé de certains
secteurs et pays - dans le public comme dans le privé - au
risque d'une croissance plus faible que prévu dans certaines
économies sous stress, sans parler bien sûr des conséquences du
Brexit quelle que soit la forme qu'il prendra."
    Christine Lagarde a par ailleurs indiqué que les
actionnaires du FMI n'avaient pas encore décidé de reconnaître
ou non l'opposant Juan Guaido comme président légitime du
Venezuela, condition indispensable pour qu'il obtienne un
soutien du FMI et de la Banque mondiale.
    Le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro n'a
demandé aucune aide et le Venezuela, enfoncé dans une grave
crise économique marquée par des pénuries de nourriture et de
médicament, boude le FMI depuis 2004.
    Mais le FMI est disposé à agir vite dès qu'une décision sera
prise sur la reconnaissance ou non du président auto-proclamé, a
dit Christine Lagarde.
    "Il revient à nos membres d'indiquer quelle autorité ils
reconnaissent diplomatiquement et ensuite on pourra donner
suite", a-t-elle dit.
    Plus de 50 pays, dont les Etats-Unis et les principaux
voisins du Venezuela, ont reconnu Juan Guaido comme président.
La Russie reste en revanche un soutien du régime chaviste.

 (avec les contributions de Rodrigo Campos et David Milliken à
Washington et de William Schomberg à Londres, Véronique Tison
pour le service français)
 

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