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Le président Temer échappe à des poursuites pour corruption

Reuters03/08/2017 à 02:08
 (Ajoute précisions, contexte) 
    par Anthony Boadle 
    BRASILIA, 3 août (Reuters) - La Chambre des députés 
brésilienne a rejeté mercredi une mise en accusation du 
président Michel Temer pour corruption et son renvoi devant la 
Cour suprême.  
    L'opposition n'a pas réuni les deux tiers des voix requis, 
sur 488 députés présents.   
    Un procès aurait pu coûter son mandat à l'impopulaire chef 
de l'Etat, qui est soupçonné d'avoir accepté des pots-de-vin 
pour l'équivalent d'une dizaine de millions d'euros. 
    Cette manifestation de soutien de la chambre basse du 
Congrès peut laisser espérer aux investisseurs que le président 
va avancer sur des mesures de réduction du déficit budgétaire et 
de retour à la croissance.  
    Les marchés financiers ont progressé en anticipant l'issue 
du vote.  
    Michel Temer a multiplié les tractations ces derniers jours 
pour éviter une destitution, mois d'un an après celle de sa 
prédécesseure Dilma Rousseff, pour manipulation des comptes 
publics. 
    Il devrait cependant faire face à de nouvelles accusations 
dans les prochaines semaines et certains députés confient que 
plus l'échéance de l'élection présidentielle de 2018 approche, 
plus il leur sera difficile de soutenir à nouveau le chef de 
l'Etat.  
    Le vote a mis fin à une journée tumultueuse à la Chambre des 
députés, où les élus de l'opposition sont arrivés munis de 
mallettes remplis de faux billets, en scandant: "Temer, dehors!" 
    Le principal parti de la coalition présidentielle, le Parti 
de la social-démocratie brésilienne (centre), était divisé.  
    Son chef de file, Ricardo Tripoli, a réclamé la poursuite de 
la procédure judiciaire à l'encontre du président, "non pas 
parce que nous voulons chasser le président, mais parce que les 
Brésiliens sont fatigués de toute cette suspicion qui entoure 
leurs responsables politiques". 
    "Est-ce le bon moment pour limoger le président?" a répondu 
un élu du PSDB, Paulo Abi-Ackel, en mettant au crédit de Michel 
Temer une amélioration de la situation économique.  
    Le procureur général du Brésil, Rodrigo Janot, a accusé à la 
fin juin le chef de l'Etat d'avoir illégalement perçu jusqu'à 38 
millions de reais (10,3 millions d'euros) de la part du groupe 
d'agro-alimentaire JBS  JBSS3.SA . 
    Le procureur, dont le mandat expire à la mi-septembre, 
devrait maintenant présenter au moins deux autres charges visant 
le président pour entrave à la justice et racket, dit-on de 
source judiciaire.  
    Michel Temer et ses avocats démentent toute malversation et 
les soutiens du chef de l'Etat estiment que Rodrigo Janot n'a 
fourni aucune preuve pour étayer ses accusations. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 

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