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Le ministre turc des Finances tente de rassurer les investisseurs
Reuters16/08/2018 à 17:20

    * La livre turque en baisse de 34% depuis le début de
l'année
    * La devise turque insensible aux propos du ministre des
Finances
    * Les banques turques sont saines et solides, dit Berat
Albayrak
    * La Turquie promet de ressortir plus forte de la crise

 (Actualisé avec détails et contexte)
    par Daren Butler
    LONDRES, 16 août (Reuters) - Le ministre turc des Finances,
Berat Albayrak, a déclaré jeudi que son pays avait pleinement
compris et pris acte de tous les défis internes auquel il était
confronté, ajoutant qu'il ressortirait plus fort des turbulences
actuelles du marché.
    S'exprimant lors d'une conférence téléphonique avec des
milliers d'investisseurs, Berat Albayrak - qui est le gendre du
président turc Tayyip Erdogan - a déclaré que la Turquie était
confrontée à ce qu'il a qualifié d'"anomalie de marché", tout en
affirmant que le secteur bancaire turc était sain et solide. 
    Confronté à la plus grave crise monétaire du pays depuis
2001 dès son premier mois à la tête du ministère des Finances, 
il a la lourde tâche de rassurer les marchés sur le fait que
l'économie ne sera pas l'otage d'une ingérence politique.
    Berat Albayrak, 40 ans, a précisé aux investisseurs que son
pays n'hésiterait pas à apporter un soutien au secteur bancaire,
capable de résister à la volatilité actuelle, et que les banques
n'avaient pas subi d'importants retraits aux guichets.
    Le ministre a également fait savoir que la Turquie ne ferait
aucun compromis en matière de discipline budgétaire et que la
baisse de l'inflation était une priorité absolue.
    Il a aussi souligné que la Turquie n'était pas un pays très
endetté, précisant que la dette s'élevait à 137% du produit
intérieur brut (PIB) au premier trimestre. Tous les ministères
ont pour mandat de réaliser d'importantes économies, a-t-il dit.
    La Turquie n'a jamais pris de mesures allant à l'encontre
des lois du marché et des contrôles des capitaux ne seront
jamais à l'ordre du jour, a-t-il également déclaré.
    Il a précisé qu'il s'attendait à un excédent primaire de six
milliards de livres turques (0,9 milliard d'euros) fin 2018.
    Alors qu'une source gouvernementale allemande faisait savoir
jeudi qu'une assistance du Fonds monétaire international (FMI) à
la Turquie serait la bienvenue, le ministre truc a déclaré que
son pays n'avait pas l'intention de solliciter une telle aide
pour faire face à la crise monétaire qu'il traverse. 
    La livre turque  TRYTOM=D3  a peu réagi aux propos du
ministre turc et se traitait autour de 5,73 pour un dollar, en
hausse de 3,7%, vers 14h40 GMT. 
    La devise turque a perdu 34% depuis le début de l'année,
déstabilisée par les inquiétudes des investisseurs face à
l'influence exercée par Erdogan sur la politique monétaire du
pays et par l'escalade des tensions avec les Etats-Unis.
    Washington a instauré au début du mois des sanctions
financières contre les ministres turcs de la Justice et de
l'Intérieur en raison de leur implication dans l'arrestation et
l'emprisonnement du pasteur américain Andrew Brunson.        
    Le président américain a également annoncé un doublement des
droits de douane sur l'acier et l'aluminium turcs importés aux
Etats-Unis, affirmant que les relations avec Ankara n'étaient
"pas bonnes en ce moment".          
    Ce contentieux entre Ankara et Washington a accentué la
chute de la livre turque, conduisant la banque centrale à
annoncer un plan de soutien de la devise nationale.

 (Avec le bureau de Londres, Claude Chendjou pour le service
français, édité par Juliette Rouillon)
 

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