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Le marché automobile français a poursuivi sa chute en mars

Reuters02/04/2012 à 16:04

LES IMMATRICULATIONS EN FRANCE

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Les immatriculations de voitures neuves ont à nouveau chuté en France en mars, reflet d'un comparatif plus défavorable que jamais avec l'année dernière quand l'effet "prime à la casse" dopait encore les ventes, surtout celles des constructeurs français.

Il a été immatriculé le mois dernier 197.033 véhicules particuliers neufs, soit une chute de 23,5% en données brutes par rapport à mars 2011, a annoncé lundi le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

En données corrigées des jours ouvrables, la baisse ressort à 20,0%.

En janvier et février, le marché avait déjà accusé des baisses de l'ordre de 20% en données brutes, contrecoup du haut niveau d'immatriculations enregistré pendant la période correspondante de 2011 grâce aux dernières commandes effectuées dans le cadre de la "prime à la casse", mesure qui a pris fin en décembre 2010 mais restait valable pour les véhicules livrés jusqu'au 31 mars 2011.

"Ce repli est spectaculaire mais il était attendu", a commenté Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem de l'automobile. "On pense néanmoins que l'essentiel de la baisse de l'année a été réalisée au premier trimestre et que le scénario des deux millions de véhicules sur l'année reste d'actualité au vu des prises de commandes et des nouveaux modèles qui arrivent."

Le CCFA a maintenu lui aussi son estimation d'une baisse de 8% à 10% du marché automobile français en 2012.

"Aujourd'hui cette fourchette est toujours valide", a déclaré Patrick Blain, président du Comité, lors d'une conférence de presse.

"Si on fait -7% sur les trois derniers trimestres, ce qui n'est pas absurde, on peut y parvenir. On sait que quand les constructeurs français sortent un nouveau modèle, ça donne au marché un coup dans le bon sens", a-t-il ajouté, en référence notamment à l'arrivée de la Peugeot 208.

En Bourse, en milieu de journée, le titre PSA Peugeot Citroën accusait la plus forte baisse de l'indice CAC 40 avec un recul de 3,9% et l'action Renault abandonnait 1,8%, tandis que l'indice sectoriel Stoxx de l'automobile européenne cédait 0,38%.

LES GROUPES FRANÇAIS À LA PEINE

Dans sa dernière édition, La Lettre VN Auto K7 évoquait une baisse de 7% des commandes de voitures neuves en France en février, un indicateur avancé des immatriculations des deux à trois mois qui suivent.

Bernard Cambier, directeur commercial du groupe Renault pour la France, a précisé lundi à Reuters que les "journées portes ouvertes" de mars s'étaient plutôt bien passées et que les commandes de Renault avaient rebondi de 6% sur le mois écoulé, après des reculs de 8% à 9% en janvier-février.

"Dans son ensemble, le marché auto baisse un peu plus que ce qu'on avait prévu", résume-t-il. "Mais globalement, on reste calé sur un recul de l'ordre de 10% du marché en 2012. On devrait notamment avoir un deuxième trimestre étal d'une année sur l'autre, on revient sur un marché plus normal."

En termes d'immatriculations, les deux constructeurs français, dont les petites voitures avaient le plus profité de la prime à la casse, ont particulièrement souffert en mars.

Pour le groupe PSA Peugeot Citroën, qui s'est allié en février à l'américain General Motors pour renforcer sa présence hors d'Europe, les immatriculations en France ont dégringolé de 33,2%, tandis que pour le groupe Renault les immatriculations ressortent en chute de 29,8%.

Dacia, la marque low cost de Renault, a vu ses immatriculations chuter de 57,2%, restant doublement pénalisée par la fin des primes à la casse et du bonus GPL, une motorisation très prisée pour sa citadine Sandero.

Au total, la part de marché des constructeurs français en France a continué de s'éroder en mars dans les voitures, tombant à 52% environ contre 59% en 2010 et 56% en 2011.

Du côté des groupes étrangers, si Fiat perd lui aussi du terrain avec la fin des primes à la casse, Volkswagen, Nissan ou le coréen Hyundai ont tous augmenté leur part de marché en France.

Sur le segment des utilitaires légers, où les immatriculations ont baissé de 12,2% en mars, les groupes français ont au contraire maintenu leur part de marché autour de 65% grâce à la marque Renault dont les immatriculations ont augmenté sur le mois de 5,1%.

Sur l'ensemble du premier trimestre, le marché français se sera contracté de 21,7% en données brutes et de 22,9% en données corrigées des jours ouvrables.

Les immatriculations de PSA sur la période ont baissé de 30,3% et celles du groupe Renault de 30,2%, en données brutes. Celles du groupe Volkswagen n'ont reculé que de 2,3%.

Edité par Dominique Rodriguez

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